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Massage important aux Haitiens d'Haiti
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Massage important aux Haitiens d'Haiti
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Haiti, Faites-les savoir le plus tot possible, pour
l'amour du ciel, de ne pas acheter et de ne pas
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GLYCERINE, mais qui n'est pas de la glycérine et qui a
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pas morts ont perdu leurs reins.
Pi bonè se gran maten, fè nouvèl la kouri tanpri
souple; Bondje a remèt nou sa an gwo.
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Femmes Haïtiennes Remarquables ! Femmes sur scène
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Femmes sur scène
En ce qui a trait tout particulièrement à la vie mondaine et artistique, relativement creuses vont se révéler ces années, pourtant, à certains égards, politiquement bouillonnantes, précédant 1934. En effet, à côté de rares et tièdes succès de prestations quelquefois le fait d'étrangers, en vain, la plupart du temps, certains artistes s'efforcent-ils d'entreprendre un public lui-même en mal d'exaltation et d'identification. Pesanteur d'un contexte? Absence d'entrepreneurs et d'animateurs convaincus? Pourtant, rien que du côté des femmes un regard, même sommaire, ne les découvre pas moins étonnament nombreuses à se vouer à l'Art et occupées comme à préparer en sous-œuvre le contexte d'où émergeront (d'où émergent déjà) les premières artistes professionnelles haïtiennes. Certains noms, en effet, brillent et passent la rampe parmi lesquels il faut retenir les actrices Lucie Défly, Odette Jean-Joseph, Odette Chevallier, Lily Taldy, et bien entendu, Jacqueline Wiener-Silvera qui, autant que la distinguée Wanda Wiener (à la fois auteur, metteur en scène, actrice et danseuse), se font fort, dans ce désert, certaines quelquefois en mettant sur pied leur propre troupe, de gratifier le public de spectacles d'une valeur artistique remarquable.
Bien que d'une modestie peu encourageante pour des initiatives d'une délicate texture, la scène résonne aussi du bel canto et de la plénitude de voix dont semblent se détacher, d'une netteté plus convaincante Andrée Gautier-Canez, Andrée Lescot, Carmen Malebranche toutes trois s'étant produites un peu partout (au Canada, aux Etats-Unis, en Europe) dans des concerts chaudement appréciés. A l'occasion, écho se fait-t-elle également de ces notes profondes et accomplies de musiciennes telles Clémence Chéraquit, Marie Moïse, Georgette Molière, Thérèse Souffrant..., à côté desquelles, il faut le dire, se taillent une place des plus enviable, deux grandes et inappréciables méconnues: Lina Mathon-Blanchet et Carmen Brouard.
Avec le mois d'août 1934 cependant, «mois qui a marqué une étape décisive dans le développement du théâtre et du cinéma» et qui voit notamment s'ériger au cœur de Port-au-Prince le grand cinéma-théâtre Rex (1), débute l'âge d'or de l'Art haïtien. Les deux décennies qui suivront verront s'échelonner à un rythme sans précédent et sans égal dans l'histoire de notre spectacle, des représentations comptant parmi les plus enthousiastes et réussies. Elles assistent également, pour ce qui est de la peinture, par exemple, à l'irradiation d'un vaste mouvement dont semble autant l'aboutissement que le catalyseur, la création sous la direction de Dewitt Peters en 1944, du Centre d'Art, véritable fer de lance dont l'étonnante vitalité, en plus d'un rapprochement qu'elle favorise entre peintres, d'un professionalisme pour la première fois révélé, a l'avantage d'offrir à Haïti une porte sur l'extérieur autre que celle routinière des démêlés politiques. Ces années compteront enfin le plus grand nombre de visiteurs étrangers de marque et vivront en 1949 l'apothéose de l'Exposition du Bicentenaire de Port-au-Prince.
De retour en Haïti en 1929, après un séjour de dix ans en France où elle a étudié au Conservatoire de Paris, Carmen Brouard-Magloire, pianiste, compositeur, à cheval sur ces deux époques, en impose par ses concerts classiques consacrés à Bach, Chopin, Listz, Beethoven, Willy Bartsh... «Son premier concert à Parisiana, le 9 octobre 1929, soulève les bravos unanimes de l'assistance pour sa brillante interprétation au piano des meilleurs maîtres. Avec le même brio, elle exécute Rêverie, exquis et langoureux morceau de sa composition»(2). Elle partage avec Ludovic Lamothe le patronage artistique de La Société du Théâtre national, constituée en 1930 à l'initiative du journal Le Matin et des acteurs de La Renaissance, «pour aider les artistes et acteurs à vivre de leur métier», et ouvre la même année une école d'Art. Jusqu'à la célébration du Bicentenaire, on comptera rarement une représentation réussie qui ne la voit sur scène. Carmen Brouard-Magloire vit actuellement au Canada.
La grande artiste Carmen Lahens, excellant aussi bien au piano, dans la comédie, l'opérette, le chant que dans les danses plastiques, forme et dirige une troupe avec les artistes français Eddie Desty, Raoul Nargys et Mme Greder. Leurs premiers spectacles au Rex (début 1934), dans des interprétations de Le Coup de Navaja de Michel Carré et La Bergamote de Jean Ysi, connaîtront un succès mémorable.
Margot Roland, danseuse, de son nom d'artiste Anacaona, «ancienne étoile des cabarets de Paris» retient l'attention déjà à ses débuts réussis au Rex en avril 1938 dans des figures assez osées pour l'époque. Mais, «revers de la médaille, Anacaona renonce à la danse ... et aux plaisirs du monde. Pitoyable, pieds nus, un sac au dos, portant une robe de pénitente et un capuchon de violine, une fillette à ses côtés, l'ancienne danseuse, impassible et recueillie, fait pénitence devant la cathédrale et marmonne des prières... Le 22 juin 1945, elle convolera en justes noces à Home Sweet Home à Martissant avec le poète des milieux interlopes, Magloire Saint-Aude»(3).
Jeanne G. Sylvain, également assistante sociale, ethnologue, membre active de la Ligue feminine d'action sociale et rédactrice de La Voix des femmes, joue un rôle fondamental dans le développement «dans notre milieu de la connaissance et de la pratique des Arts du théâtre». Membre fondateur et membre du premier Conseil de gestion du Centre d'Art dramatique, le CAD (25 novembre 1948) qui deviendra la Société nationale d'Art dramatique, SNAD, (13 décembre 48), où elle sera également professeur d'art.
Jacqueline Wiener-Silvera fonde et dirige, déjà dans le désert des années 30 une compagnie théâtrale qu'elle amène au succès dans les années 40. Artiste, également membre fondateur de la SNAD. On l'appréciera sur scène dans Le Cyclône, première représentation de la compagnie.
Et pour parler d'un personnage qui nous est plus familier, l'une des rares qui fait encore le lien entre ces trois générations, la «dauphine» de ces temps heureux, Micheline Laudun-Denis, pianiste de talent, compositeur, détentrice de plusieurs prix décrochés à des concours internationaux, qui, aujourd'hui encore, n'arrête pas de former des jeunes musiciens haïtiens. A quatre ans, elle accompagnait déjà son père au piano dans l'animation des fêtes d'enfants. Elève de Lina Mathon, puis de Bazile Coldoban, pianiste roumain du Conservatoire de Moscou réfugié en Haïti en 1941, d'Anton Werber Jaegerhuber, elle remporte à 15 ans (décembre 1945) le deuxième prix sur 217 participants du concours de méringues avec sa composition Méringue(4). En décembre 1948, elle étonnera dans son premier récital en solo au Paramount, «au cours duquel les mélomanes purent apprécier sa bonne technique, son intelligence artistique, sa mémoire prodigieuse et son sens musical très développé»(5).
Boursière des gouvernements américain, haïtien, de l'Alliance Francaise, elle aura très jeune le privilège d'étudier à New-York, au Conservatoire de Musique de Paris puis à l'Ecole de haut perfectionnement musical Marguerite-Longac-Thibault. Ses prestations en Haïti et dans nombre de pays étrangers la classe parmi les plus grandes musiciennes haïtiennes.
Mme Laudun Denis a également été, à son retour en Haïti, à côté de Robert Durand, Fritz Benjamin, l'un des membres fondateurs et pilier de l'Académie Pro Musica qui pendant près de dix ans, de 1967 à 1986, a participé à la «promotion de la musique auprès des jeunes talentueux ne disposant pas forcément des moyens de se payer des cours de musique».
Autre fidélité exemplaire à la musique que celle de Micheline Dalencour, benjamine du milieu qui, depuis bientôt une trentaine d'années, de par ses initiatives personnelles, dans différents collèges, à la Section musicale de Sainte-Trinité qu'elle dirigera pendant quatre ans, nourrit avec une rare vigilance et un enseignement exemplaire, l'intérêt des jeunes Haïtiens à la musique savante. On admirera la passion et la riche documentation de Micheline Dalencour dans les différentes manifestations commémoratives des grands maîtres dont elle se verra confiée la coordination et, depuis plus d'un an, dans son Florilège du Classique qu'elle anime à la radio.
* Sources combinées
(1) La mise en chantier du Rex, «salle de 1200 places» revient à la «Société haïtienne de Spectacles» société anonyme formée en mai 1934 avec pour actionnaires principaux: Edouard Mews, Paul Auxila, Daniel Brun, Léon Déjean, Pierre Nazon, Mme Lily Taldy... Concepteurs exécuteurs: les ingénieurs Pierre Nazon, Daniel et Phillipe Brun; Révision des plans: Léonce Maignan, architecte; Décoration intérieure: Franck Jeanton et Max Ewald, également architectes. La direction en sera confiée à Mme Lily Taldy, ancienne administratrice du Parisiana. G. Corvington, Port-au-Prince au cours des ans, Tome 7, p288 et suiv.
(2) (3) (5) Corvington, op.cit.
(4) 1er prix: Antoine Duverger pour Foufoune, 3ème prix: Walter Scott Elie pour Choubouloute Chérie.
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Femmes Haïtiennes Remarquables ! Yvonne Sylvain
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Yvonne Sylvain
1907 - 1989
Nourrie dans le terreau d'une famille riche d'engagement social(1) et à l'ombre des audacieuses percées de ses ainées Madeleine et Suzanne(2), nul étonnement qu'Yvonne, au tournant décisif de sa vie, se retrouve, avec un brio et une fermeté reconnus, dans ce pas initiateur de nouvelles débouchées pour les femmes et qui la consacrera première Haïtienne médecin. Toute à des préoccupations de jeune fille du monde, échos de ces jeux dramatiques très goûtés auxquels, pour le plaisir de parents et amis, elle ne laissait, très jeune de se livrer en compagnie de sa soeur Jeanne(3), c'est pourtant à l'Art, qu'au sortir du brevet, elle s'accroche et s'adonne. Elève du sculpteur Normil Charles, elle touche à la peinture, à la critique d'art, au théatre et même à l'animation radiophonique : "Une action tout aussi louable était menée par la station radiophonique HH2S où presque chaque soir, des artistes tels, Yvonne Sylvain, Odette Martineau, Jacqueline Wiener Silvera, Lina Mathon, Marcel Sylvain, Marcel Camille "emportaient sur l'aile des ondes la pensée haïtienne, l'art haïtien" (4). Préoccupations appelées cependant à ne représenter qu'un appoint dans sa vie puisqu'un retour sur elle-même la verra, à 28 ans, échapper de peu au voile pour considérer comme un appel vers la science médicale cette impuissance durement ressentie face à la mort de sa mère. En 1940, au terme de cinq ans de brillantes études où elle semble n'avoir consenti que rarement à céder son titre de lauréate, elle obtient du Bureau sanitaire interaméricain une bourse de perfectionnement dans des universités américaines, l'habilitant à professer, faut-il s'en étonner, en qualité de gynécologue-obstétricienne(5). De retour en Haïti (1945), sa nomination comme médecin des hôpitaux et, plus tard, professeur à la Faculté de Médecine, la publication de nombreux articles et communications scientifiques dans des revues médicales ne seront d'aucune entrave à une pratique marquée de clinicienne spécialisée dans le traitement de l'infertilité, loin d'être inapercue. Dans l'insertion du docteur Sylvain en Haïti, l'inquiétante vague duvaliérienne fera pourtant un long crochet de 13 ans (1960 - 1973) pendant lesquels en tant que déléguée en Santé Publique, plus spécialement en santé génésique, de l'OMS, elle professera dans divers pays d'Afrique, puis, pour son propre compte, en tant que clinicienne à Costa Rica et à Dakar. A son actif on retient également une intense participation à la fondation de la Ligue haïtienne contre le cancer, l'introduction en Haïti du test "Papa Nicolaou" de dépistage du cancer de l'utérus, et les bases de fondation de l'Hôpital de la communauté haïtienne de Frères dont elle restera, jusqu'à sa mort une vice-présidente active et éminente.
* Tiré de notre entrevue avec Myriam Sylvain Torchon.
(1) Yvonne Sylvain est fille de Eugénie Mallebranche et de Georges Sylvain. (2) Voir portraits Madeleine Sylvain-Bouchereau et Suzanne Comhaire-Sylvain (3) Corvington, op.cit,tome 7, p294 (5) Elle aura l'intéressante opportunité de suivre un stage à l'Hôpital Martha Haig, hôpital spécialisé en obstétrique et en gynécologie.
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Femmes Haïtiennes Remarquables ! Douces guérisseuses
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Douces guérisseuses
«La période de 1804 à 1915 est l'âge d'or dans les villes pour les sages-femmes diplômées. Dans les campagnes, leurs consoeurs, les matrones traditionelles, continuent, sans bagage scientifique, d'accoucher dans leurs chaumières l'immense majorité des femmes haïtiennes»(1)
Dans ces pages où ont défilé, dans leur spécificité et leur admirable combativité, des noms parmi les plus éminents d'Haïtiennes, une place privilégiée revient évidemment à celles, le plus souvent anonymes, qui face à la maladie, se sont données la lourde tâche d'assister, de soulager quand elles ne guérissaient pas. Les faits sont là, plus que parlants : là où il n'y avait pas de docteur, là où se faisait sentir la cuisante nécessité d'une constance, d'une permanente présence (la négresse Catherine Jasmin aux côtés de son mari dans leur hospice pour gens de couleur(1) en est un exemple édifiant), se retrouvaient les femmes.
Leur insertion, appréciable à plus d'un titre, dans tous les domaines et à tous les échelons du monde médical étant aujourd'hui fait acquis, nous nous contenterons d'un bref rappel de ce qu'elle a été jusqu'en 1934, année où leur seront ouvertes les portes de la science médicale, insistant davantage sur ce qui, jusque-là n'avait laissé de constituer leur chasse gardée: la pratique de sage-femme. En effet, bien avant que la maternité ne relève en Haïti de l'obstétrique, avec le plus souvent pour seul bagage des acquis hérités d'une tradition imposante certes mais pas toujours fiable(2), des matrones, comme il est souvent encore le cas dans les campagnes, se retrouveront la plupart du temps les seules à offrir aide et soutien, aussi bien au moment des couches que dans les premiers jours si sollicités de maternité, occupant ainsi une place privilégiée et de premier ordre sur l'avant-scène de l'assistance maternelle.
Dans ce domaine dont traits et couleurs tendent aujourd'hui à s'estomper, à l'échelle du pays tout entier, se sont signalées aussi bien Haïtiennes qu'étrangères. Malheureusement ne sont parvenus à nous, d'une Histoire somme toute par trop partielle, que de rares noms, tels Mme Imbert-Carlet, Mme Escokry par exemple à Port-au-Prince, Miss Sarah Page à Jacmel, Miss Easy au Cap, diplômées d'école française ou jamaïcaine. Et émergeant de la cohorte anonyme, trop vite ouliée, Henriette Jean-Francois (Grann Day), femme du pharmacien Emmanuel Day, qui ayant hérité de Mme Thélusma Jean-Francois, sa mère, l'inappréciable don de soigner et particulièrement d'aider aux couches, est signalée comme une des sages-femmes les plus réputées de Port-au-Prince, celle qui est appelée dans les familles pour assister les patientes et recevoir les nouveau-nés , sans oublier évidemment sa fille Mme Jean-Jacques, à qui elle transmettra son savoir et sa notoriété et dont le nom, plus tard, figurera en bonne place dans la première promotion de sages-femmes de la Polyclinique Péan(5).
A partir de 1888, à la faveur notamment du mouvement d'organisation de la pratique médicale haïtienne enclenchée par le Dr Louis Audain, entre autres, l'État entreprendra le contrôle et la réglementation de la pratique des sages-femmes et la nécessité de leur offrir la formation adéquate s'imposera de plus en plus. En 1892, deux boursières de gouvernement, Mme Hébée Gabriel et Mme C. Dehoux, partent se perfectionner à Paris. Quelques années plus tard, en 1898 et 1899, l'École de Médecine puis la Polyclinique Péan du Dr Audain ouvriront grandes leurs portes aux matrones du pays et ces deux années verront plus d'une douzaine admises haut la main après un examen d'entrée. Et quand en 1900, la Maternité de Port-au-Prince sera fondée au local de l'Exposition, siège de l'École de Médecine, en partagera la direction avec le Dr Riboul Mme Nelvil Dubois, également de la première promotion ayant bénéficié de cette formation.
S'il est reconnu ainsi à ces femmes une affinité certaine à la science médicale, leur pratique par contre y demeure limitée et leur avancée, faute d'accès à des études médicales plus poussées, plus qu'incertaine. Un rôle, fondamental on le concède, mais de second rang, leur est offert avec l'ouverture de l'École des infirmières. Dans ce rôle, une femme comme Mercy Pidoux, une des premières jeunes filles de la bourgeoisie haïtienne à s'inscrire à l'École des garde-malades récemment créée, spécialisée ensuite comme infirmière visiteuse à Columbia University Teachers College de New-York, n'arrêtera pas d'étonner et de mériter l'admiration par son professionnalisme, son dévouement et surtout sa présence quotidienne dans les quartiers populeux de Port-au-Prince «apportant aux nécessiteux, aux pauvres,... les notions d'hygiène, les soins et les conseils.» (4)
1934 verra enfin les femmes reçues à la Faculté de Médecine sur un pied d'égalité. La première Haïtienne alors à avoir bravé ces études et décroché son diplôme est Yvonne Sylvain(5). A peu près à la même époque, est diplômée Marcelle Hakim(6), première femme dentiste. Elles ouvriront la marche à Yolande Thomas-Leroy, 1941, spécialisée en gynécologie, Lucie Paultre-Sajous, 1945, chirurgien, Irmgart Goldenberg-Zaguery, 1948, pédiatre, Edith Dreyfuss-Hudicourt, Ghislaine André-Rigaud, Rolande Scott-Jolibois, 1951...
(1) Docteur Ary Bordes, Evolution des Sciences de la Santé et de l'Hygiène Publique en Haïti., p236. (2) Aloou Kinson baptisé Jean Jasmin, nègre affranchi en 1741 (27 ans) épouse Catherine, 28 ans, négresse affranchie du sieur Nanat, tous deux de la Côte d'Or. En trois mois ils construisent à leur propre frais dans la ville du Cap, un hospice où il soignent également sans frais les gens de couleur. Capacité: 12 malades mais en recoit des fois jusqu'à 18. Hospice d'une grande notoriété, que Moreau de St-Méry dans ses démarches d'aide nommera Providence des gens de couleur; a recu de temps en temps des aides et subventions de l'administration coloniale. « Jasmin et sa femme étaint nommés premier hospitalier et première hospitalière, et sur le tableau des bienfaiteurs qui devait être mis dans un lieu apparent de l'Hospice, on aurait nommé d'abord la Providence des blancs et ensuite Jasmin et Catherine sa femme» (Moreau de St Méry, op. cit, p413). (3) Il est noté qu'à Port-au-Prince, par contre, les parturientes bénéficieront assez tôt du savoir-faire de sages-femmes déja au fait de méthodes plus évoluées. (4) Docteur Ary Bordes, op.cit, p222. (5) Marie Thérèse Colimon dans Femmes Haïtiennes, p218. (6) Madeleine Sylvain Bouchereau, op.cit, p176. (7) Soeur de Yvonne Hakime-Rimpel (voir portrait)
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Femmes Haïtiennes Remarquables ! Argentine Bellegarde-Foureau
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Argentine Bellegarde-Foureau
1842 - 1901
La nomination, dans le cadre de la politique de réorganisation des lycées et écoles publics initiée par le gouvernement Salomon, d'Argentine Bellegarde-Foureau, à la direction du Pensionnat national des demoiselles en 1880, voit s'inaugurer en Haïti une ère nouvelle d'intérêt et de «bonne formation» visant les jeunes filles de milieux modestes et populaires.
Née à l'Arcahaie le 2 août 1842, Argentine Bellegarde se retrouve très tôt, à Port-au-Prince, élève brillante à l'Institution de Mme Isidore Boisrond où, se laissant déjà aller à «ses précoces dispositions pour l'enseignement, elle servait de monitrice à ses camarades des divisions inférieures». Verra-t-elle dans la prise en charge du Pensionnat national des demoiselles le terrain tant attendu pour se mettre au service des intérêts du peuple? Cette jeune femme dont l'intégrité et l'honnêteté, lors de la lutte déchaînée qui opposera le Parti libéral et le Parti national par exemple, ne manqueront pas de se révolter contre l'abus fait à un peuple à qui «pour détourner sa colère de ses ennemis véritables», on n'hésite pas à servir en manteau rouge le plat du préjugé de couleur, n'aura alors de cesse de travailler au relèvement du niveau moral de ses élèves, s'assurant de ce que chaque future mère de famille formée soit «un progrès accompli dans le sens de l'émancipation populaire».
Pour la pleine réussite de cette action, Argentine Bellegarde se mettra à la tâche honorable de réunir dans l'association, Union et Charité, les anciennes élèves du Pensionnat et d'autres institutions similaires qui se verront l'obligation d'«établir des habitudes de bonne camaraderie et la plus fraternelle amitié entre ses membres, constituer une caisse de réserve destinée à secourir les plus infortunées ou à faire leurs frais de trousseaux de mariage» mais à qui incombera également l'ingrate tâche policière de «ramener dans les voies de l'honneur celles qui s'en étaient écartées». (cf: Texte des statuts de l'association).
Si cette militante convaincue et passionnée de l'Éducation populaire, imprégnée par surcroît de l'idée d'équivalence des sexes réunissait les éléments de base et les qualités indispensables d'un échange fructueux et salutaire avec ses élèves, par contre, vouée aux valeurs morales et culturelles de son époque, elle mettra toute la volonté qui également semble avoir été l'un de ses traits, à s'acharner à les remodeler et malheureusement à leur inculquer sinon un rejet, du moins, un certain dédain de leur milieu.
Sur son habitation de Duvivier où, avec ses seules ressources, elle fondera une école dans le but d'étendre son action «à la transformation morale et sociale des masses rurales (que) les croyances et pratiques religieuses (maintenaient) encore dans un état honteux de misère matérielle et d'infirmité morale», elle ne laissera de rester sourde à ces accents propres et pathétiques d'un terroir et, quoique avec des procédés bien plus doux, se posera sans le savoir, en précurseur de la persécution culturelle qui, dans les années 40, verra son apogée dans la célèbre campagne «Rejete». «Chaque nuit, la brise lui apportait l'écho des tambours et les voix animées des chanteuses, et elle se représentait par l'imagination les danses orgiaques où ces laboureurs perdaient la vigueur de leur corps et leur ardeur au travail. Sans rien dire, elle fit bâtir une tonnelle, appela un «violonier», un accordéoniste, un joueur de basse et la meilleure reine chanterelle du voisinage. Et les bals commencèrent. Peu à peu, les hommes désertèrent les danses plus ou moins vaudouesques, le violon avait détroné le tambour conique, et la chanson paysanne , enrichie dans son rythme et dans ses thèmes, put se déployer avec plus d'aisance.»
Une «travailleuse de la terre» assidue, aura été également, toute sa vie, nous rapporte Dantès Bellegarde, cette grande éducatrice, passionnée des arbres et des champs dont elle prenait personnellement soin. Défendant, la première, l'idée que le cocotier pourrait devenir l'une des grandes cultures d'exportation du pays, elle fit établir la cocoteraie de Truitier dont elle s'occupera assidûment jusqu'à sa mort à l'âge de 59 ans. Elle aura aussi l'audace peu féminine à l'époque (et aujourd'hui encore) de transformer son domaine de Duvivier en une importante habitation sucrière en y installant une usine dont la direction fut confiée à l'ingénieur Jardine.
* Tiré de la relation de Dantès Bellegarde dans Femmes Haïtiennes, op.cit. p111 et suiv.
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Femmes Haïtiennes Remarquables ! Educatrices en croisade, Répères chronologiques
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Educatrices en croisade
Répères chronologiques
«Jusqu'en 1848, les lois et les arrêtés relatifs à l'enseignement n'avaient jamais fait mention d'une facon spécifique de l'instruction des jeunes filles... A partir de 1848, on commença à prendre en considération l'éducation des filles et l'arrivée des religieuses françaises en 1864 aida beaucoup au développement de l'enseignement féminin» (1)
Maurice Dartigue
Répondant comme pour les services sociaux à un besoin impérieux et fondamental auquel, tout compte fait, l'Etat semble résolument faire la sourde oreille, très tôt, se dessinera en Haïti, par le biais de l'initiative privée, un engouement tout féminin pour l'éducation, lequel en s'accroissant, tendra au fil du temps à faire de ce domaine également riche de retombées sociales, un nécessaire apanage. La liste est longue, en effet, de ces femmes qui s'y sont engagées et dont il serait injuste de ne pas retenir quelques noms:
Marie Jeanne Mazère, dame Pélagie Varin, qu'à sa mort en octobre 1817 l'Abeille haïtienne présente comme «l'une des plus anciennes institutrices de Port-au-Prince»;
Charlotte Létang-Labossière (Mme Altidor Varret), 1819-1901 qui fonda chez elle, dans la ville des Cayes, une école maternelle et primaire qu'elle dirigera toute sa vie;
Cléo Rameau, encore aux Cayes, qui prendra vers 1860 la succession de l'école de Mme Saint-Clair de Brenneville puis la direction du Pensionnat national de demoiselles des Cayes;
Marie-Rose Léodille Delaunay (Mme Belmour-Lepine), 1827 -1906, qui fonde en 1850 une école mixte et l'Institution Mont-Carmel, le meilleur établissement secondaire laïque d'Haïti qu'elle dirige de main de maître jusqu'en 1903;
Antoinette Dessalines (Antoinette Pierrot), fille adoptive de Claire-Heureuse, dont une école de filles à Saint-Marc porte encore le nom en témoignage du don total qu'elle a fait d'elle à l'enseignement;
Mme Etienne Bourand (Annie Desroy) (1891 -1957), qui nous dotera en 1934 du premier collège féminin du pays, le Centre d'Etudes Universitaires d'Haïti. Ce collège qui offre alors des cours d'anglais, d'espagnol, de sténo-dactylo, de coupe, d'art ménager, de solfège et de chant... survit très peu à sa fondation;
On peut encore citer Caroline Chauveau, Erima Guignard, Mme Lucie Paret, Célie Lilavois, Eugénie Pierre, autant de noms aujourd'hui enfouis, et qui, à une époque où l'absence d'encadrement conférait à l'enseignement une allure de défi —l'École normale n'ouvrira ses portes qu'en 1914!—, se sont distinguées, par leur engagement à faire de l'éducation un véritable sacerdoce, maintenant haut un flambeau que plus près de nous entretiendront avec une ardeur renouvelée Fortuna Guéry, Rose Lhérisson-Michel, Marie-Thérèse Colimon-Hall parmi tant d'autres.
(1) Maurice Dartigue, L'Enseignement en Haïti (1804 - 1938)
Repères chronologiques
1816: Pétion crée un Pensionnat national de demoiselles dont il confie la direction à Mme Drury, une anglaise parlant parfaitement le français qu'il fait venir de la Jamaique. Cette école aura une existence brève, Mme Drury ayant quitté le pays peu après.
1817: Ouverture du premier pensionnat mixte par M. et Mme Courtois.
1850: Réorganisation du Pensionnat national de demoiselles pour les jeunes filles de toutes les communes et création du Collège Olive pour les jeunes filles de l'aristocratie impériale.
1860: Création de nouveaux pensionnats de jeunes filles (avec extension dans les principales villes de province) ainsi que d'une cinquantaine d'écoles publiques de filles.
1864-1865: Arrivée en Haïti des congrégations des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny et des Filles de la Sagesse qui établiront «des pensionnats pour la formation de l'élite et des écoles primaires pour les petites filles du peuple».
1880: Mme Argentine Bellegarde-Foureau est nommée directrice du Pensionnat national de demoiselles à qui elle donne une impulsion nouvelle.
1898, août: L'École de Médecine ouvre ses portes aux aspirantes au diplôme de sage-femme. Niveau académique requis: le certificat d'Études primaires.
1899 (nov): Fondation par les médecins de la Polyclinique Péan de l'École libre d'obstétrique. 15 étudiantes y sont admises la même année après avoir subi un examen d'entrée.
1914: Ouverture de l'Ecole normale d'institutrices.
1920, 5 fév: Un règlement de l'Ecole de médecine permet l'accès de la section de pharmacie aux filles.
1929: La Faculté de Droit inscrit ses premières étudiantes.
1930: Les jeunes filles sont admises à l'Ecole d'art dentaire.
1932: Parmi les 190 bacheliers d'écoles déjà prestigieuses à l'époque (Lycée Pétion, Collège Saint-Martial, Saint-Louis de Gonzague,...), on note la présence d'une jeune fille, Yolande Bénédict, élève de l'Institut Alfred-Viau. «Evénement marquant, car c'est la première fois qu'une jeune fille briguait le bac», épreuve redoutée, qu'elle subit avec succès.
1934: La Faculté de Médecine reçoit ses premières étudiantes.
1938: La réforme de l'Enseignement donne satisfaction aux féministes sur bien des points: des femmes furent placées à des postes de direction, le nombre des écoles rurales de filles fut augmenté, introduction des cours d'économie ménagère, pratique du sport rendue obligatoire dans les écoles.
1943: Ouverture à Port-au-Prince de la première Ecole secondaire des filles sous la direction de Mme René Lerebours puis d'une américaine, Miss Dorothy Kerby. Cette école deviendra le Lycée des jeunes filles (actuellement à la rue Capois).
1944, oct: Les filles sont admises à suivre les cours dans les lycées de garcons des autres villes.
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Femmes Haïtiennes Remarquables ! L'assistance sociale
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L'assistance sociale
Etonnant et particulier, ce demi-siècle écoulé de 1804 à 1860. Marqué, très tôt, en effet, au sceau d'une préoccupation quasi exclusive et étroite du politique, il se distinguera, vis-à-vis du social et de l'humanitaire, tout au moins, par un désintérêt singulier. Dans ses élans caractéristiques, en vain chercherait-on cet esprit bienveillant d'aide et de relèvement appelé pourtant si impérieusement par le moment et encore moins, croit-on, cet engouement si manifeste pour les initiatives de cet ordre, pâture des siècles ultérieurs de notre histoire. De toutes les femmes qui s'y sont distinguées, n'est-il pas significatif et pour le moins frappant que la seule à retenir l'attention pour des motifs n'ayant que maigrement trait à la politique soit Claire-Heureuse; et ses œuvres dans le domaine ingrat du secours, on le voit, en feront une figure insolite, isolée, sans influence notable sur l'époque.
Il faudra attendre les années 1860 pour que soit donné, et de manière décisive, le coup d'envoi à l'Assistance Sociale. En effet, sous l'impulsion du Concordat dont le but premier est la régularisation et l'organisation du culte en Haïti, prend corps, à partir de 1865, avec l'arrivée dans le pays de congrégations religieuses diverses(1), une véritable floraison d'œuvres sociales d'une présence relativement continue, tant à la Capitale que dans les principales villes de province, et ce, aussi bien dans le domaine de la santé, de l'éducation, que dans celui plus large de l'aide morale et matérielle. Particularité notable, ces entreprises, pour la plupart religieuses d'initiative sinon d'inspiration, généralement reconnues d'utilité publique après quelques années de fonctionnement, verront, jusqu'à la tentative de leur organisation par les pouvoirs publics en 1939(2), leur création, leur direction et leur développement, le fait et le soin quasi exclusifs des femmes.
A croire que, mettant rageusement à profit et de manière résolue cette voie nouvellement offerte, la femme haïtienne, pour se venger d'une inactivité multiséculaire autant sans doute que pour laisser libre cours à quelque souci latent d'affirmation trop longtemps contenu, se décide enfin à sortir de chez elle et, sur ce terrain familier où prendront comme tout naturellement racine des préoccupations en prolongement, tant soit peu, du foyer, à marquer d'une empreinte durable et profonde le quotidien déplorable et houleux de son pays.
Dans cette véritable «armée du salut» qui en résultera, il reste difficile, embarrassant même, d'isoler des figures de proue, l'accent, la plupart du temps, portant moins sur les acteurs, moins sur des personnalités évidentes que sur des entreprises, éparses certes, mais dont la générosité, pour souffrir des limitations inhérentes à cette forme d'intervention, ne s'en trouve pas moins à rivaliser d'assiduité et de conviction(3). Cela dit, bien que partageant avec d'autres plus anonymes les traits d'enthousiasme typiques de cette démarche, certains noms cependant, méritent d'être mis en exergue pour le rayonnement et l'envergure de leur action à une époque où la notion de service public de base, quasiinexistante des programmes de gouvernement, ne semble aucunement constituer une priorité de l'État.
(1) Le premier contingent des Frères de l'Instruction chrétienne de Plœrmel arrivera à Port-au-Prince en mai 1864, les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny et de Sacré-cœur de Marie en juin 1864, les Filles de la Sagesse en 1875.
(2) Le président Sténio Vincent, qui dans ce même esprit d'assistance, contribuera à la fondation de nouvelles entreprises tant publiques que privées, promulguera une loi prévoyant «l'organisation d'un Commissariat d'assistance fonctionnant sous la direction du Service national d'hygiène et chargé de la distribution des fonds provenant de dons et de nouveaux impôts institués pour la Caisse d'assistance» lesquels fonds seraient répartis entre «les asiles d'enfants et de vieillards déjà existants et à installer en différentes parties du pays».
(3) Au Congrès national des femmes haïtiennes (avril 1950), Madeleine Sylvain-Bouchereau fera ressortir l'urgente nécessité d'une coordination qui renforce, optimise ce gigantesque effort féminin. Sur sa proposition avisée, il sera donc décidé la création du Conseil National des Femmes haïtiennes, qui servirait d'intermédiaire entre l'Assistance publique nouvellement instituée par le gouvernement et les œuvres privées. Un comité ad hoc, composé de Elda Pierre (Jérémie), Germaine Dennery (Cayes), Mme Thomas Pierre-Phillipe (Port-de-Paix), Mme Raymond Laroche (Cap-Haïtien) et Madeleine Sylvain-Bouchereau elle-même (Port-au-Prince) sera immédiatement mis sur pied avec pour mission de travailler à «une enquête générale sur les besoins sociaux de chaque localité et à faire des recommandations pour une meilleure utilisation de l'effort féminin.»(Le Féminisme, 1951)
Noguessine Pressoir (1830 - 1915,17 septembre).
Pieuse, quitte très jeune la maison familiale où est contestée l'orientation monacale qu'elle entend donner à sa vie. Voulant prodiguer des soins de santé autour d'elle, elle s'enquiert des procédés de la médecine locale, étudie la botanique, fréquente le Dr Elysée Duplessy qui l'initie à la nosologie et la pharmacologie, le Dr Dehoux qui l'introduit à l'anatomie et à la physiologie. L'habitude se prit vite de venir consulter «Sœur Noguesse» qui réussissait des cures quasi miraculeuses et préparait elle-même des potions à partir de plantes en provenance de sa cour, véritable herbier médicinal qu'elle entretenait elle-même. Jusqu'à sa mort, Noguessine Pressoir s'occupera d'éducation, d'assistance aux indigents et d'évangélisation de jeunes délinquants.
Pénélope Faine
... et 9 autres dames décident (29 janvier 1869) de fonder une association dont l'objectif est de venir en aide à toutes les détresses par tous les moyens (aumônes en argent, dons en nature, vêtements, médicaments, fournitures scolaires...) Ainsi naît l'Association des dames de Saint-Francois de Sales, doyenne des œuvres de bienfaisance haïtiennes.
Astrée Lechaud (1836 - 1934)
A la succession en 1875 de Pénélope Faine à la présidence de l'Association des Dames de Saint-Francois de Sales, elle décide de la fondation de l'Hospice Saint-Francois de Sales qui offre secours à domicile, soins hospitaliers, dons de vêtements, de médicaments... Construit au portail Saint-Joseph en 1881, pillé et démoli au cours des insurrections de 1989, l'Hospice est reconstruit peu après à l'angle de la rue Réunion et de la rue Bretagne (actuelle rue Charéron). La présidence de Mme Pierre Hudicourt (1923) verra, sous la direction médicale du Dr Paul Salomon, l'Hospice prendre un essor déterminant avec la création des services de gynécologie, d'oto-rhino-laryngologie, d'ophtalmologie et de radiologie, et l'acquisition de l'ancien laboratoire du Dr Audain. En 1932, un an après sa reconnaissance d'utilité publique, l'Association fonde un ouvroir et 4 cantines qui, faute de fonds, fermeront leurs portes peu après.
Justinine Etienne
A la tête d'un groupe d'amis, elle fonde au Cap l'Hospice Justinien (1873) dont la direction est confiée à des religieuses.
Les zélatrices de Saint-Vincent-de-Paul
...sous la présidence de Mme Julien Dussek, une co-fondatrice, se voient confier en 1897, la gestion de l'Hospice Saint-Vincent-de-Paul, seul hospice civil du gouvernement et le redynamisent, jusqu'en 1916, année où l'administrateur civil de la commune de Port-au-Prince en fera notre actuel Hôpital général en l'unissant à l'ancien Hôpital militaire.
1892, l'Hospice des Cayes est créé.
En 1893 est créée l'Orphelinat de la Madeleine qui receuille les petites orphelines pauvres qui bénéficient jusqu'à 21 ans de cours classiques, de travaux de couture et de broderie.
L'Association mixte de l'Œuvre chrétienne (fondée en 1905)
...dont la section féminine s'occupe d'action sociale verra tour à tour à sa tête Mme Duverna Jean, Henriette Bistouri-Victor, Luce Archin-Lay, Corinne Audain-Jardine, Mme Pérez-Richez, Théodora Holly, Olivia Rosemond, Lucile Prophète, Henriette Biambi...
La Société Dorcas
...créée également en 1905 avec l'établissement officiel de l'Église adventiste d'Haïti, présidée par des dames adventistes, offre de l'aide aux familles nécessiteuses.
Un comité de dames de l'Eglise protestante dirige L'Action chrétienne westleyenne.
Sous la présidence de Jeanne Morel qui succède à Andrée Supplice et à Mme Régis Niol, Les Pupilles de Saint-Antoine, fondée en 1926, dans le but «d'intéresser les jeunes filles de l'élite aux enfants pauvres», entretient une école fréquentée régulièrement par 1200 enfants, une cantine qui offre un repas à 40 enfants par jour, un atelier d'initiation des garcons à la cordonnerie, la vannerie, l'ébénisterie et un dispensaire. L'école et le foyer sont dirigés par Mme Phocion-Sanon qui préside également Le Patronage de la Sainte Famille (fondée en 1933) entretenant un patronage et une école dans le quartier compris entre le morne Marinette et Saint-Martin. Ce groupement est, avec Le Noël, comité rattaché à l'Association noëliste francaise, le premier à inciter la participation des jeunes aux interventions sociales considérées jusqu'alors comme la chasse gardée de l'église, des vieilles dames et des médecins.
1926 voit également la fondation au Cap du Cercle Printania, une des associations féminines les plus importantes du pays.
Pauline Rouzier-Bermingham
Venant s'installer avec son mari en 1922 dans la ville des Cayes, elle tente de répondre à la vague de dénuement, de misère et de mendicité qui sévit alors dans la ville. Avec l'aide de Mlle Eugénie Pierre, Mr Duvivier Hall, Dr David Ledan, P.N. Ledan, Alwin Gerdes, elle commence une action qui débouche aussitôt _ on est au mois de février 1923- sur La Charité, s'il vous plaît. En peu de temps, un terrain s'acquiert, où s'élèvent des hangars de mise à l'abri des pauvres et sans-logis de la ville. Elda Benoît y adjoint les terrains adjacents de sa propriété amenant ainsi l'ensemble à une dizaine de carreaux.
Quand, plus de 20 ans plus tard, l'administration de l'Œuvre fut confiée à l'Evêque des Cayes, "elle donnait la nourriture, le logement et l'instruction à plus de 75 enfants receuillis dans les rues. Trois instituteurs étaient employés. Une centaine d'indigents adultes étaient aussi soignés et entretenus…"
Résia Vincent
Sœur du président Sténio Vincent, elle fonde en 1935 à La Saline, cité ouvrière nouvellement construite, du reste, par le président de ses fonds personnels, Les Enfants assistés. Cette œuvre vouée à la protection de l'enfance et entretenant un orphelinat de 200 petites filles est confiée à la Congrégation des Sœurs salésiennes. Consciente sans doute de la nécessité de renforcer et de pérenniser les actions entreprises, elle porte le gouvernement à organiser l'Assistance publique par la création en 1939 de la Caisse d'assistance publique, laquelle permet l'ouverture d'asiles et d'internats dans les principales villes du pays. A leur mort, Résia et Sténio Vincent légueront par disposition testamentaire la totalité de leurs biens aux œuvres salésiennes pour l'enfance nécessiteuse de La Saline.
Docteur Rodolphe Charmant et sa femme
...fondateurs des Colonies scolaires de vacances, créent la Maison Claire où les enfants pauvres sont receuillis pendant un mois de vacances.
Jacqueline Wiener Silvera et Jeanne Perez
...fondent en août 1939 La Ligue pour la Protection de l'Enfance. «Campagnes de presse, conférences dans les villes et les campagnes, lois pour la protection des enfants en service, enquêtes menées par des groupes d'inspectrices scolaires, assistance médicale, procès en faveur des mineurs...», il n'y aura alors aucune limite aux actions entreprises au bénéfice des enfants en domesticité. Mme Wiener Silvera dirige aussi La Pouponnière, garderie fondée en novembre 1942 par les docteurs Maurice Armand et Louis Roy dans dans les parages du marché Salomon et où les nourissons des marchandes sont gardés par des jeunes filles et des dames diplômées de l'Ecole de puériculture du Dr. Armand qui leur prodigue tous les soins.
Sœur Joan Margaret
...fonde en 1947 L'Ecole Saint-Vincent-de-Paul, pour la rééducation des enfants handicapés (subventionnée par l'Eglise épiscopale puis par une association mixte non confessionnelle pour la réhabilitation des infirmes). Cette école fonctionne aujourd'hui encore.
La Goutte de lait créée en 1949 sur la demande du docteur Boulos et de quelques médecins du Centre d'Hygiène, donne du lait aux enfants sous-alimentés de La Saline. Dirigée par un comité présidé par Mme Attié.
Yolette Magloire
...épouse du président, le général Paul-Eugène Magloire, bénéficiant d'une forte contribution de l'État, fonde en 1950 La Fondation Madame Paul E. Magloire qui s'est révélée à date la plus importante par son budget (environ cent mille dollars pour le simple exercice 1952-1953) et ses activités (distribution de vêtements et d'argent, création d'une garderie, d'un foyer-école, de cantines, d'un restaurant populaire, installation de quatre ouvroirs dans les villes de province pour les «femmes du peuple»).
Sources diverses:
- Jeanne Sylvain, Les Œuvres Sociales dans Femmes hsaïtiennes, op.cit. p255
- Jean Fouchard, Regards sur l'Histoire, p205
- Madeleine Sylvain-Bouchereau, , op. cit. p80 et suiv.
- Georges Corvington, op. cit. tome 7, p192 et suiv.
- Le Féminisme, 1951.
- Yvonne Mayard-Salgado, op.cit. dans Le Féminisme, p19 et suiv.
Article tiré du sit www.haitiwebs.com
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Femmes Haïtiennes Remarquables ! Ertha Pascal-Trouillot
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Ertha Pascal-Trouillot
1945
« Depuis très jeune, j'ai beaucoup travaillé;
j'avais comme une rage de travailler.
C'est comme si je voulais porter le monde sur mes épaules...»
Ertha Pascal-Trouillot
Hasard? Exigence savamment cultivée? Telles sont les interrogations qui viennent à qui ne fait que se pencher sur la particulière évolution de Me Ertha Pascal-Trouillot. D'abord de brillantes études classiques où, toujours en tête de classe, elle n'en finit pas d'en imposer à ses camarades de groupe (plutôt des hommes, avoue-t-elle), études au bout desquelles elle s'oriente vers la mécanographie (1969), complément de formation à ce qui sera sa vraie profession : le Droit. Deux ans plus tard, en effet, en août 1971, elle se retrouve de la promotion sortante de l'Ecole de Droit des Gonaïves. Celle-ci frappée des exigences fraîchement instituées d'un mémoire de sortie, Ertha Pascal sera la première étudiante, avec un brio et une assurance qui épateront le doyen lui-même, à soutenir ce mémoire autour d'un sujet pour le moins passionnant: le Statut juridique de l'Haïtienne dans la législation sociale.
S'écartant également de cette ornière qui, depuis 1929, année de leur admission à l'École de Droit, voit le Droit se confiner pour les femmes à une discipline d'appoint, Ertha Pascal prête aussitôt serment en qualité d'avocat du barreau de Port-au-Prince et «affrontant avec courage des confrères blanchis dans le métier, (...) affirmant de plus en plus sa spécialisation dans les affaires du Travail, de Droit de la Famille et des problèmes de l'Etat civil» plaide devant toutes les juridictions des tribunaux (tribunaux de paix, tribunaux civils, cour d'appel, Cour de Cassation). Cette brêche ouverte dans le monde très fermé des Hommes de loi, initie une fructueuse carrière qui la retrouvant comme première femme membre du Conseil de l'Ordre des avocats du barreau de Port-au-Prince (session: 1977-1979), consacre également Maître Ertha Pascal Trouillot, première haïtienne juge au tribunal civil de Port-au-Prince (janvier 1979) — en France, il a fallu attendre 46 ans entre les premières inscriptions de femmes au barreau et l'ouverture du concours de la magistrature à une femme —, première femme juge à La Cour d'appel (septembre 1985), puis à la Cour de Cassation (novembre 1986).
Entre-temps, dans de multiples congrès, séminaires et conférences, par la publication - seule ou quelquefois en collaboration avec son époux, Me Ernst Trouillot - de relations de voyage, détudes ou de résultats de recherches, on assistera chez Me Ertha Pascal-Trouillot à l'évolution de positions de plus en plus nettes et tranchées où la femme haïtienne fait indéniablement l'objet de préoccupations premières. Exception faite évidemment de Madeleine Sylvain-Bouchereau, analyste autant que fer de lance d'un projet de révision du Code civil tenant compte des discriminations faites aux femmes, Ertha Pascal-Trouillot demeure encore en effet la seule femme de loi à se tailler une notoriété par une militance assidue dans ce domaine.
Me Ertha Pascal-Trouillot se refuse néanmoins à toute casaque féministe: «Je suis avant tout une femme professionnelle. Je n'ai jamais voulu militer dans aucun groupe de femmes». On lira pourtant, en introduction à son livre Retrospectives... Horizons: «C'est dans le souvenir de ces gloires nationales (femmes haïtiennes ayant combattu pour la libération d'Haïti) et dans la fervente solidarité avec l'esprit et la vaillance des efforts et résultats des groupements féministes, des associations féminines et de toutes celles qui œuvrent pour l'émancipation de la femme, que nous offrons respectueusement ce nouvel ouvrage». C'est de cette même femme qu'une consœur opine ainsi : «ses études, ses interventions, ses travaux portent tous assidûment sur le même thème, la défense des droits de la femme haïtienne à travers des sujets aussi épineux que le droit de la femme à la contraception, le droit des concubines, la reconnaissance légale des enfants illégitimes, l'extension des droits et capacités de la femme mariée, la rupture de promesse de mariage...», tout ceci évidemment sous-tendu à l'engagement fondamental de «faire progresser le Droit, l'adapter aux conditions de la vie moderne, lui faire franchir en quelques années, quelques siècles»(1).
L'active carrière de Me Ertha Pascal-Trouillot la verra également figurer comme première femme (à date la seule) à la présidence d'Haïti, fonction qu'en qualité de juge à la Cour de Cassation, elle se retrouvera à assumer durant onze mois, du 13 mars 1990 jusqu'au 7 février 1991.
Autres activités et distinctions:
- Lauréate de l'Alliance francaise (1965)
- Ex-membre de la section féminine (défunte) de la Commission de refonte du Code civil haïtien.
- Membre de l'Association des écrivains de langue francaise.
- Membre de l'American bar association de Washington.
- Membre de l'Association internationale des juristes (Paris)
- Professeur de Droit usuel dans divers collèges.
- Conférencière de 1971 à nos jours à Port-au-Prince, Washington, Virginie, Montréal, Rome, Caracas, Paris, Ottawa, Abidjan, Fort-de-France, Danemark, et depuis 1994 dans différentes villes du Japon sur Le rôle des femmes dans le développement économique des sociétés, La femme dans la vie sociale, L'économie haïtienne, etc.
Publications:
1973: Statut juridique de l'Haïtienne dans la Législation sociale
1978: Code de lois usuelles, en collaboration avec Ernst Trouillot.
1980: Rétrospectives... Horizons
1981: Au grand boulevard de la Liberté
1982: Analyse de la Législation révisant le statut de la femme mariée
1990: Code de lois usuelles
A paraître:
- Cahier juridique de l'enfant et de la famille
- Dictionnaire biographique d'Haïti, en collaboration avec E. Trouillot.
* Basée sur notre entrevue avec Ertha Pascal Trouillot (Septembre 1995)
(1) Francoise Fleury-Mazeau, avocat de la Cour de Paris dans sa préface à Rétrospectives et Horizons.
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Femmes Haïtiennes Remarquables ! - Et vint le grand silence
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Et vint le grand silence
1957: année d'intronisation et des premières foulées d'un pouvoir qui «d'entrée de jeu, tendra de toutes ses forces à réduire toutes les formes de contestation, à désorganiser toutes les sources du pouvoir traditionnel et à perpétrer sa domination»(1). Marqués d'entorses de toutes sortes aux libertés laborieusement acquises, souvent au prix du sang, par une génération d'hommes et de femmes, ces premiers moments assisteront, en effet, à la mise en place éhontée de procédés de dissuasion ne souffrant aucune équivoque quant aux couleurs véritables et la volonté arrêtée d'un gouvernement de faire place, résolument nette, à la voix unique. Pour ne citer que des exemples touchant aux femmes, on se rappelle, aujourd'hui encore, de l'arrestation de Gilberte Vieux, des visites de nuit, nullement de courtoisie, des cagoulards à la journaliste Yvonne Hakim-Rimpel et aux demoiselles Wiss, «propriétaires d'une école privée, liées à la bourgeoisie mulâtre des Gonaïves»(2) visites auxquelles ne manquaient inévitablement de faire suite, émanant d'autorités non encore frappées de l'indifférence absolue des meilleurs moments du règne, ces esquives maladroites aux protestations osant encore ouvertement se formuler. On assistera aussi, dans la plus grande impuissance, à la résiliation d'une charte garantissant les droits de la personne avec notamment le rétablissement de la peine de mort en matière politique(3).
Il ne faudra en réalité pas plus de quatre ans pour voir ramenés à néant sinon l'enthousiasme du moins les remous d'une combativité ne laissant depuis plus d'une trentaine d'années déjà, d'alimenter de manière continue, on a pu l'apprécier, tous les secteurs vifs du pays. Car, il fallait s'y attendre, «les multiples formes d'action et de protestation issues des milieux de l'enseignement, des syndicats, des professsionnels, des étudiants et du clergé catholique, se heurteront à la volonté du pouvoir d'étouffer, parfois dans l'œuf ou de pervertir par la corruption tout mouvement à vocation démocratique. Les associations seront dissoutes ou disparaîtront une à une, leurs dirigeants emprisonnés, persécutés ou contraints à l'exil»(4).
Du côté des femmes auxquelles un temps infini d'engourdissement imposait, en quelque sorte, le labourage assidu de sillons propices à l'épanouissement fécond des acquis fraîchement gagnés, se fera sentir d'abord le désarroi puis le grand vide. L'époque connaîtra bien sûr ses femmes de pouvoir, tristement célèbres mais les fortes têtes de l'avant-Duvalier se verront contraintes à l'exil et, pour d'autres, meubler ce grand silence, se ramènera au cantonnement, plus qu'obligé cette fois-ci, dans des œuvres sociales, impunies tant qu'elles acceptaient de s'inféoder à la politique d'Etat ou de s'accomoder du plus patent anonymat.
Il y aura, bien sûr, la route épineuse du refus, laquelle verra des femmes, en nombre «de beaucoup plus important en poids relatif que la participation féminine dans la politique officielle et légale de l'époque»(5), s'engager clandestinement et de manière significative, dans tout ce qui se dessinait alors sous bannière d'opposition. «Dans le cadre du front antiduvaliériste et anti-impérialiste réunissant plusieurs partis et organisations dits de gauche» (1963), il est par exemple signalé la création de Fanm Patriyòt, «organisation clandestine de femmes sans visée explicitement féministe quoique ayant une telle orientation». L'anonymat étant alors protecteur, y échapper signifiait être dépistée et, le plus souvent... mise hors état de protester. On connaît les noms de Yanick Rigaud, étudiante engagée: trouvée morte à Savane Salée à Fontamara en 1969 (à 22 ans); Bleuette, compagne de Auguste Ténor (poète assassiné en 1969): devenue folle après son passage en prison; Gladys Jean-Francois, étudiante arrêtée en 1969: portée disparue; Denise Prophète, animatrice de radio kidnappée en mars 1973: portée disparue; de Mme Denise Mondestin, Rosette Bastien, Lucienne Louissaint, Marie-Thérèse Bastien... et tant d'autres. Bien plus tard, à la faveur de la «relance démocratique» de la fin des années 70, des femmes telles Marie-France Claude, Michèle Montas, Lilianne Pierre-Paul... n'oseront publiquement contester un pouvoir établi que pour avoir aussitôt à payer leur audace de la prison et de l'exil (1980).
En comparaison aux années précédentes, à signaler également pour la période, comme imposé par une dictature se réservant définitivement tous les lieux de pouvoir, un investissement plus nourri et réussi, dans ce terrain de «neutralité» du domaine professionnel. En nombre de plus en plus accru et sur un pied franchement plus égalitaire, des femmes excellent à des postes de décision dans les banques, les entreprises privées, et également, à la faveur de la coopération internationale qui fleurira dans les années 70, dans les ONG et les organisations internationales... C'est aussi, dans le sillage d'une prise en main au niveau international du combat pour l'amélioration des conditions de vie de la femme, l'époque féconde des services et unités spécialisées, et également, des publications traitant de la problématique de la femme.
On ne peut passer sous silence la création en 1978 du Centre haïtien de recherches pour la promotion féminine (CHREPROF), offrant depuis dans les principales régions du pays une formation de base sur mesure touchant à l'économie domestique, la gestion des petits commerces ainsi qu'un appui constant à la création, au développement de comités, de groupements coopératifs de femmes. L'action du CHREPROF est alimentée de façon régulière d'études et de recherches diverses sur la situation de ces femmes menées sous la constante direction de Marie-Carmelle Lafontant. Avec la création du Fonds haïtien d'aide à la femme (FHAF) leur ouvrant pour la première fois l'accès au crédit, un nombre intéressant de femmes (actuellement près de 3.000) réparti dans les principales villes du pays, bénéficie d'un programme de prêts et d'assistance en gestion inauguré en 1981, sur l'initiative de Josseline C. Fethière, accompagnée d'Eveline François et de Marie-Michèle Rey — toutes trois du milieu bancaire. Un regard tout spécial doit être jeté sur une initiative jusque-là inédite: le Centre national et international de documentation et d'information des femmes en Haïti (ENFOFANM) monté en 1987 par Clorinde Zéphir et qui, après de 8 ans de fonctionnement, vient d'inaugurer la première maison d'édition de femmes haïtiennes: Les Editions ENFOFANM. Actuellement, ENFOFANM édite et publie mensuellement une revue en créole, Ayiti Fanm. Plus près de nous enfin, on retiendra cette tentative de coordination regroupant près d'une cinquantaine de groupements et d'organisations de femmes à la création récente (1994) de l'Alliance des Femmes Haïtiennes, (AFHA) dont la première direction fut assurée par un comité présidé par le Docteur Yolène Vaval-Suréna.
La fin, en 1986, du trop long épisode Duvalier, bien que favorisant, dans le fourmillement de partis et d'organisations politiques de tous bords, la reconstitution ou l'émergence de mouvements féminins divers, ne semble pas avoir réussi — pareil vœu fut-il, au demeurant, jamais formulé — à reprendre le débat politique féminin au point de coupure de 1957. Régression ou, au contraire, émergence, dans l'ombre d'une dictature, l'une des plus rétrogrades, s'il en fût, d'une conscience plus largement citoyenne? Individuellement ou en groupe, l'Haïtienne semble aujourd'hui se retrouver d'une présence pour le moins active et marquante au plus fort de la transition, mais coupée visiblement de toute nécessité d'un discours formellement féministe. Le constat est là de plus d'une dizaine de groupements féminins profilant, pour une très grande part, une orientation, si ce n'est un penchant nettement marqué vers le communautaire. La liste est longue où l'on retrouve : La Ligue féminine d'action sociale (1934), Le Mouvement féministe haïtien (1982), Kay Fanm (1985), et, ayant vu le jour à partir de 1986, Fanm d'Ayiti, Solidarite Fanm Ayisyen (SOFA), Rasanbleman Fanm Popilè, Fanm Je Klere, Fanm Leve Kanpe, Konbit Liberasyon Fanm, le Comité féminin contre la torture, la Ligue haïtienne de défense des droits de la femme rurale...
Notre histoire, pourtant, n'aura jamais compté autant de femmes à des postes politiques éminents : de celui de premier ministre (avec Claudette Werleigh) à celui de présidente (avec Me Ertha Pascal-Trouillot), elle est au Conseil d'Etat, au Conseil électoral, au Sénat de la République et, à l'occasion, titulaire de ministère-clé... Les opportunités non plus n'auront jamais été aussi grandes. En 1989 déjà, sera installé le premier secrétariat à la Condition féminine confié par le gouvernement Manigat à Raymonde Chandler qui ne verra de successeur à sa très courte gestion qu'en novembre 1994, avec la nomination de Marie-Lise Déjean par le gouvernement Aristide. Sur les 26 candidats à la présidence, aux élections de 1990, une prétendante, Marie-Colette Jacques, annonce dans un discours la création de son parti, Le Parti pour l'avancement intégral du peuple haïtien dont, peu après sa disqualification par le CEP, on n'entendra plus parler. Me Mireille Durocher-Bertin a été assassinée peu avant l'annonce officielle de création d'un parti dont elle aurait eu la présidence.
(1), (2), (4) Claude Moïse, op.cit, p381 et suiv.
(3) Entendez: «les infractions dirigées contre la sûreté intérieure et extérieure de l'Etat, les attentats et complots contre la vie ou la personne du chef de l'Etat, et même contre la personne d'un membre du pouvoir de l'Etat, d'un haut foctionnaire ou d'un membre quelconque des Forces Armées d'Haïti» Claude Moïse, op.cit.
(5) Suzy Castor, op cit, p48
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Femmes Haïtiennes Remarquables ! Lydia Jeanty
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Lydia Jeanty
1910
Au cours de cette brève randonnée dans notre mémoire, pas plus d'une fois n'avons-nous eu , comme avec Lydia Jeanty, ce privilège d'approcher mieux encore qu'un témoin, une actrice de premier plan de ces fiévreuses années du féminisme. L'attente a été indescriptible, l'émotion tout autant, quand introduite amicalement dans l'univers de cette femme ruinée par l'âge, en même temps que tant d'objets d'un autre temps, ne laissaient de nous parvenir, ponctuant un entretien âprement disputé à un sommeil de bientôt plus d'un demi-siècle, ces mots d'une devise oubliée: Servir, toujours servir. La révélation était là, de ce que nous cherchions à la base de tant d'actes et de choses accomplis : une certaine couleur d'époque.
Fille de Lydia Robin et d'Occide Jeanty, compositeur et chef d'orchestre bien connu, Lydia, comme beaucoup de jeunes filles «de famille», n'échappera guère à ce circuit scolaire, «classique» de l'époque (Sœurs de Saint-Joseph de Cluny - Brevet à l'annexe de l'École normale - École normale) auquel ne semble nullement étranger un certain sens du social très répandu alors et qui, comme attendu, la conduit droit à l'enseignement.
Ce cycle d'études que Lydia Jeanty qualifie de brillant puisque «les enseignants d'alors au nombre desquels comptaient M. Francois Manigat, M. Lhérisson, ont confié avoir beaucoup appris d'elle au cours d'Histoire», lui vaut, par un M. Lhérisson enthousiaste, d'être appelée, l'année même de la fin de ses études à enseigner au collège Louverture; ce qui dit beaucoup sur le talent de la jeune recrue quand on sait, qu'à l'époque, il était généralement de règle qu'une postulante attende passablement longtemps avant de se voir nommée. Débutée ainsi, à 18 ans, cette carrière d'éducatrice appelée à ne voir son terme qu'en 1963, la verra, tout au long d'un parcours assidu, successivement, et dans des chaires de français le plus souvent, au collège Louverture, à J.B. Dehoux, à Eugène Bourjolly, chez les Paret, et enfin au collège Lespinasse dont elle assumera pendant longtemps la direction.
Parallèlement à cette fidélité à l'enseignement, se dessinera, également des plus remarquables, un parcours de militante dont, amenée à s'expliquer, Lydia Jeanty fait provenir le feu et les élans aussi bien de son immuable devise, «servir, toujours servir», que d'une indignation de cette incapacité dégradante où, sous de fallacieux prétextes, avait été tenue pendant longtemps les femmes de son pays. Ainsi, quand cette mémorable séance de 1946 de l'Assemblée Constituante autour de l'épineuse question de l'égalité civile et politique découvrira, se distinguant d'une bêtise étonnante, un Emile Saint-Lô ne tarissant pas d'injurieuses épithètes sur le compte de la femme, ne la verra-t-on pas, indignée à son comble, se lever folle de colère, traverser la salle et, à la grande satisfaction de nombreuses consœurs, ce jour-là, reconnaissantes, le prendre à parti de la plus belle manière? Neuf ans plus tard, après l'obtention du droit, tant réclamé, de vote et d'éligibilité, Lydia qui, très active à la Ligue, occupera entre-temps les fonctions de trésorière, secrétaire générale en 1952, vice-présidente en 1955 avant de se retrouver présidente du mouvement en 1956 se présentera, (aux côtés de Léonie Coicou-Madiou et de Maud Desvarieux), aux élections de 1955, comme assesseur du premier cartel féminin «tactiquement» candidat à la mairie de Port-au-Prince. «Nous savions que nous ne serions pas élues parce que les jeux étaient faits mais notre candidature était le seul moyen de provoquer la candidature en masse des femmes un peu partout dans le pays». En effet, pour cette entrée féminine aux courses électorales, le succès est notable: «deux femmes ont été élues magistrat communal de Cabaret et de Mont-Organisé, six autres assesseurs des communes de Pétionville, Jérémie, Gonaïves, Saint-Marc, Grand-Gosier et Anse-à-Foleur».(1)
Lydia Jeanty sera également la première femme haïtienne sous-secrétaire d'Etat. Nommée à la tête du département du Travail, en 1957, — elle y restera durant les 56 jours du gouvernement provisoire de Franck Sylvain, son beau-frère—, elle avoue n'avoir jamais rencontré aucune difficulté à mener à bien son travail, ayant joui de la chaleureuse participation de ses collègues masculins et surtout de celle, avisée et compétente, du directeur général du département d'alors, M. Fouchard.
Peu après la montée au pouvoir de Francois Duvalier, —nous sommes au début de l'année 1958— Mlle Jeanty est appelée ministre-conseiller à l'ambassade d'Haïti à Londres, poste qu'elle abandonne au bout de 7 mois «ne supportant pas le climat et n'ayant jamais pu mordre à l'anglais». Elle revient donc en Haïti reprendre la présidence d'une Ligue délogée, dossiers et archives aux quatre vents et dont les membres pivots, si elles ne sont molestées ou en exil, sont déjà paralysées par la fureur naissante mais destructrice de Duvalier. Cette Ligue, nouvelle version, ne fera que très peu parler d'elle.
* Basée sur notre entrevue avec Mlle Lydia Jeanty (septembre 1995)
(1) Madeleine Sylvain-Bouchereau, op.cit. p144.
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Femmes Haïtiennes Remarquables ! Suzanne Comhaire-Sylvain
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Suzanne Comhaire-Sylvain
Suzanne Comhaire-Sylvain*
1898 - 1975
Le 20 décembre 1975, faute de se le disputer, l'Afrique noire et Haïti se partagaient le deuil de Suzanne Comhaire-Sylvain, l'une des premières Haïtiennes «à franchir les grades universitaires jusqu'alors réservés aux hommes et qui voua sa vie de part et d'autre de l'Atlantique à la recherche des traditions et des civilisations des peuples noirs.»(1) Sans doute eut-on à regretter une parente, une collaboratrice assidue, un directeur de recherches méritoire, sans seulement s'imaginer alors qu'on ne verrait de longtemps encore, l'éclosion en Haïti d'une telle vivacité, et réaliser combien immense pouvait être le vide d'un pareil dynamisme.
Après des études classiques menées à Port-au-Prince, sa ville natale, à Kingston et à Paris, n'échappant point à l'abc requis alors de toute jeune tant soit peu prise d'engagement, Suzanne se retrouve présidente-fondatrice du Noël, un des premiers mouvements incitant la participation des jeunes aux œuvres sociales. Devançant de loin les premières révendications féminines déclarées, elle sera la première en Haïti à travailler dans un bureau (1925 à Damien).
Cette expérience de l'Administration a-t-elle confirmé Suzanne dans de telles audaces? En 1931, ce sera encore elle, la première Haïtienne à obtenir baccalauréat, licence et doctorat (Université de Paris). Débute alors cette grande tournée internationale qui la retrouvera, rayonnante d'assiduité, assistante de recherche à l'université de Londres, sous la direction du Professeur Malinowski (1935) — occasion de la rencontre de maintes personnalités marquantes de la décolonisation africaine, dont Jomo Kenyatta, futur président du Kenya —, membre à Oxford (1959) du séminaire du professeur Evans-Pritchard et elle-même, professeur d'université à Port-au-Prince, à Washington, à Bruxelles, Addis-Abeba... Tout cela, agrémenté de la publication de dizaines d'ouvrages et de plus de 200 articles dans des revues spécialisées. Couronnement d'intensives recherches de terrain sur la culture nègre tant en Haïti qu'en Afrique, les écrits de Suzanne Comhaire-Sylvain joueront plus qu'un simple rôle d'étai à un moment vital d'affirmation de cultures opprimées.
Inspectrice des Écoles sous la présidence d'Estimé qui la nommera neuf ans plus tard (1949), Chef de la délégation d'Haïti à l'Assemblée interaméricaine des femmes de Buenos-Aires, Suzanne Comhaire-Sylvain sera également Administrateur d'affaires à l'ONU, chargée du secrétariat de la tutelle du Cameroun et du Togo français.
En Haïti plus particulièrement, où elle sera d'une présence ponctuelle, Suzanne Comhaire-Sylvain marquera de sa pierre la fondation et la direction de l'École des Lettres (1937), dotée d'un corps enseignant riche des pères Foisset et Bettembourg, Jean Comhaire, Dantès Bellegarde, Raymond Doret, Price-Mars, Luc Grimard, Catts Pressoir, Christian Bayardelle, René Lerebours... Membre plus tard du corps de professeurs de l'Institut d'Ethnologie nouvellement fondé par Jean Price-Mars (1941), elle se retrouvera, avec son mari Jean Comhaire, à accompagner pour le compte de l'Unesco, Alfred Métraux dans ses travaux à Marbial tout en faisant de la zone de Kenscoff, devenue sa résidence secondaire, un pendant privilégié de recherches et de préoccupations à ses multiples travaux à Kinshasa, à Lomé, à Dakar, à Nsukka et à Cape Town.
Ouvrages publiés:
1936 Le Créole haïtien, morphologie et syntaxe. Wetteren et Port-au-Prince.
1937 Les Contes haïtiens, Origine immédiate et extension.
Wetteren et Port-au-Prince, 2 vols.
1938 Contes du pays d'Haïti. Port-au-Prince
1939 Le Roman de Bouki. Port-au-Prince.
Nouvelle édition: 1974, Léméac, Montréal
1950. Food and Leisure among Congo children in Léopoldville. Cape Town
1968 Femmes de Kinshasa, hier et aujourd'hui. Mouton, Paris.
1973 Qui mange avec une femme, contes zaïrois et haïtiens. Ceeba, Bandundu, Zaïre.
1974 Jetons nos couteaux, contes des garconnets de Kinshasa avec parallèles haïtiens, Ceeba, Bandundu, Zaïre.
1982 Femmes de Lomé, Ceeba, Bandundu, Zaïre.
Contributions :
Ouvrages publiés en collaboration.
1951 Introduction to Haïti, Pan American Union. Washington
«L'Homme et la Terre dans la vallée de Marbial. UNESCO, Paris, avec J. Comhaire
«Making a living in the Marbial valley. UNESCO, Paris.
1952 Proceedings, 29th Congress of Americanist. Chicago.
1955 Haïtian Creole. American Anthropological Association
1956 Hommage au Docteur Price Mars
1958 Les Capitales du Monde. avec J. Comhaire, Rombaldi.
1959 Naissance, Mort, Etat-civil à Kenscoff, Haïti
1963 La Femme dans le développement urbain, Séminaire de la Commission économique pour l'Afrique.
1966 Proceedings, Third International congress of Ethiopan studies, avec J. Comhaire, Addis Abeba.
1971 Le Nouveau Dossier Afrique, avec J. Comhaire, Marabout Université.
1974 La Femme de couleur en Amérique latine
1974-75 Voluntary Action Research, avec J. Comhaire, Boston Collège
Articles :
De Suzanne Comhaire-Sylvain on compte plus de 200 articles dont:
1933 Veillées d'Haïti, Revue de folklore, Paris
1936: Contes haïtiens (Revue de l'AUCAM, Belgique)
1937-1938 Creole Tales From Haïti, (Journal of american folklore)
1937 Thezin, haïtian tales (Bulletin Pan American Union)
1938 Vocabulaire des croyances paysannes (Voix des Femmes, Haïti)
1938-1939 Noms de lieux et de familles (Le Temps, Haïti)
1942 Nos fillettes en dehors des heures de classes, (Voix de femmes, Haïti)
1948: Les danses Nkundu du territoire d'Oshwe (African studies, Afr. du Sud)
1949 L'habitation chez les Nkundu (id.)
1949-1950 Silhouettes indigènes
(Grands lacs)
1949: Devinettes des enfants noirs de Léopoldville, (Africa, Londres)
1949: Le lingala des enfants noirs de Léopoldville, (Kongo-Overzee)
1949: Les jeux des enfants noirs de Léopoldville, (Zaïre, Belgique)
1949: Proverbes receuillis à Léopoldville, (id.)
1949: The status of women in Lagos, Nigeria (Pi Lamda Theta)
1950: Associations in Lagos, Nigeria, (American Catholic Sociological revue)
1951: Le travail des femmes à Lagos, Nigéria (id.)
1952: Jeux congolais, (id)
1951: La Chanson haïtienne (Présence Africaine)
1955: Enseignement féminin et mariage à Lagos
1956: Le Problème du mariage à Lagos (Revue de l'Institut de Sociologie de Bruxelles
Co-auteur / Collaboration :
1938: Loisirs et divertissements à Kenscoff, (Revue de l'Institut de Sociologie, Belgique)
1952: La Alimentacion en Kenscoff, (Americana indigena, Mexico)
1981: Avec J. et D. Lassissi Pinto Le Nigéria et ses populations de Jean Comhaire.
Distinctions :
Prix de langue française de l'Académie française de l'Ecole de Lettres.
Grande Médaille de l'Alliance française.
Médaille de la Société pour l'encouragement au progrès.
Membre à vie de la Société haïtienne d'Histoire et de Géographie.
Membre élu de la Société des africanistes, Paris; Royal, Anthropological Institute de Londres;
American anthropological Association; American sociological Association; Société Pi Lambda Theta;
Catholical anthropological Conference, Washington.
(1) Robert Cornevin, Nécrologie, Revue de la Société d'Ethnographie de Paris, no. 70, 1975, p238.
Sources diverses :
- Entrevues de Myriam Sylvain Torchon.
- Archives de la famille Sylvain
- Enfofanm.
- Madeleine Sylvain Bouchereau, Femmes Haïtiennes.
- Georges Corvington, op. cit. Tome 7.
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Femmes Haïtiennes Remarquables ! Yvonne Hakim-Rimpel
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Yvonne Hakim-Rimpel
1906 - 1986
«Notre ligne de conduite sera inspirée des nobles traditions du journalisme qui se conçoit dans l'indépendance du caractère, la conscience du devoir, l'amour de la vérité, et le sain respect des principes démocratiques qui représentent, à l'heure actuelle, les pivots de notre vieille civilisation occidentale.» **
Yvonne Hakim Rimpel
De Marie Louise Horatia Benjamin et de Eli Abdallah Hakim, elle naît à Port-au-Prince en 1906. Unie au berceau au fils d'une famille amie (Anis Sassine), quel ne sera son dépit quand, à 14 ans, elle se verra dans l'obligation de passer outre cet intérêt passionné voué très tôt aux études, pour se donner à son promis. Non résolue à la servitude d'une tradition autoritaire, elle décidera alors, par la lecture, la fréquentation des salons littéraires et, sous le judicieux conseil de Paul Savain, celle tout aussi assidue de l'École de Droit, de parfaire seule sa formation et ce, à la réprobation ouverte de parents qui renonceront une fois pour toutes à comprendre le jour où de concert avec son mari (dont elle restera une amie toute sa vie), elle décide, malgré la naissance de leur fille, de mettre fin à une union nullement appelée, somme toute, de leurs vœux réciproques.
En 1934, parmi les jeunes et très actives fondatrices de la Ligue féminine d'action sociale on ne s'étonnera nullement de compter Yvonne Hakim appelée au sein de la rédaction de La Voix des femmes, à jouer un rôle de premier plan. Très impliquée socialement, elle est alors également correspondante à Port-au-Prince de La charité s'il vous plaît, œuvre de bienfaisance qui a élu son terrain d'action dans la ville des Cayes, autant que membre de la Ligue contre l'Analphabétisme (à l'époque ses enfants, nous rapporte l'une de ses filles, verront leur argent de poche ainsi que leur sorties gagnés en fonction du nombre de cours dispensés au personnel domestique des maisons du quartier réuni sur sa galerie improvisée pour la circonstance en école du soir).
1946 retrouve évidemment Yvonne Hakim-Rimpel mobilisant toute son énergie en faveur des libertés démocratiques. Revenue très vite de l'euphorie de la bataille gagnée, et, déçue peu après de l'orientation étroite et mesquine vite prise par le mouvement tant prometteur de janvier, elle décide d'élargir son champ d'intervention en dehors de la Ligue et fonde Escale, un bi-hebdomadaire d'information dans le but d'élargir et de donner voie aux acquis récents (1er avril 1951). Elle en sera pendant 6 ans, la gérante, le moteur, l'éditorialiste et la principale rédactrice aux côtés d'éminents collaborateurs. Du temps de reste, elle trouvera également à accorder au théâtre et sera à côté de Cylotte Coicou, Jacqueline Wiener-Silvera, Charles de Catalogne, Simon Desvarieux, Lucien Lemoine et Edouard Dupont, un des acteurs de la pièce Cyclône , de Sommerset Maugham jouée au Rex Théâtre le 9 mai 1949 à la soirée inaugurale de la Société nationale d'Art dramatique, nouvellement créée.(1)
Déjoïste convaincue, elle participe activement à la campagne électorale de 1957. Peu avant ces élections, sa revue qui ne mâchait pas toujours ses mots aux agissements de l'heure publie A moi général, deux mots, article qui n'est ni plus ni moins qu'une révélation de ces basses manœuvres auquelles se prête impunément le général Kébreau afin d'assurer la montée au pouvoir de son favori en l'occurence Francois Duvalier, le même, du reste, à qui elle avait déjà bien pris soin de signifier de vive voix qu'elle n'entendait aucunement compter de ses promoteurs. La dernière édition de Noël 57, au demeurant la dernière parution de Escale, et qui voit sous la manchette: Peuple à genoux, attends ta délivrance, Hakim Rimpel, entre autres protestations, s'élever énergiquement contre la récente arrestation de Gilberte (Boubou) Vieux, constituera comme le sommet de cette virulence et de cette manière ironique dont elle s'était fait une arme de choix durant toute cette campagne contre Duvalier.
L'affaire Hakim Rimpel
Duvalier gardant encore intacte cette couleur d'homme de progrès lui servant de voile, voire de tremplin, Yvonne Hakim-Rimpel devait être loin de soupçonner quelle face infernale masquait la cible d'apparence impotente et bonhomme de ses saillies. Cela lui vaudra de faire les frais de cet épisode douloureux et sanglant du mois de janvier 1958, préfiguration d'autres non moins sanglants s'échelonnant implacablement tout au long d'un règne qui, mal assuré encore sur ses béquilles, prend un soin minutieux, en attendant l'audace des grands jours de la milice, de perpétrer ses forfaits diurnes et nocturnes sous la cagoule(2). En effet, cette nuit-la, «une demi-douzaine d'hommes armés s'introduisent par effraction chez Mme Yvonne Hakim-Rimpel, une journaliste de l'opposition. Celle-ci ainsi que ses deux filles sont en train de dormir à l'étage supérieur. Les visiteurs masqués font irruption et les malmènent sévèrement. Ayant abandonné les enfants sur le trottoir, ils s'éloignent en emmenant la mère avec eux. On retrouvera cette dernière le jour suivant sur une route peu fréquentée près de Pétionville. A demi inconsciente, dépouillée de la plus grande partie de ses vêtements, c'est dans un état critique qu'elle est dirigée immédiatement vers l'hôpital. La Ligue féminine d'action sociale aura beau protester, la police ne bougera pas...»(3)
Une de ses filles nous donnera certains détails encore plus traumatisants de cette fameuse nuit de janvier qui ouvre le dossier de la désormais célèbre Affaire Hakim-Rimpel. Ces hommes auraient immobilisé un fils de madame Rimpel (Charles) et l'aurait forcé à assister à la violente scène de ses sœurs battues (Gladys perd deux dents, a l'œil gauche amoché), et au constat de sa mère enlevée, pieds nus, en chemise de nuit. A l'aube le lendemain, dans ce fourré, désert à l'époque, du haut de Delmas où elle est laissée pour morte, c'est une femme nue et saignant de partout que découvrira tout à fait par hasard M. Harry Delaquis. Chez son beau-frère, alors ministre de Duvalier où elle est immédiatement ramenée, un accueil plutôt réservé la décide à chercher refuge chez le colonel Paul Thimothée, un autre de ses parents. Pour ramener à la vie cette femme battue à mort, violée sauvagement, il faudra à son médecin traitant, le Dr Mathieu, près d'une dizaine d'heures d'intervention et deux mois d'hospitalisation!
Les journaux de l'époque, Le Matin, Indépendance, Le Nouvelliste, feront état de l'événement, publieront une note de protestation de La Ligue signée de 36 femmes (Indépendance du 9 Janvier) ainsi qu`une copie de la lettre que dans l'espoir de voir s'amorcer une action, elles avaient cru bon adresser au ministre de l'Intérieur (publiée dans La Phalange du 11 janvier)(4). Mais il ne faudra pas moins les réactions et les protestations aussi bien de la presse étrangère que d'associations de droit humain pour décider le gouvernement à ouvrir, 4 mois après cet odieux forfait, une enquête qui, du reste, sera fermée peu de temps après, «Mme Rimpel et ses filles, ayant été incapables de fournir à la police des preuves suffisantes leur permettant d'identifier les agresseurs»(5). Quatre ans après, de plus en plus décrié par une opinion nationale et internationale indignée de ces méfaits se succédant en nombre et à un rythme inquiétant dans le pays, le régime, désireux sans doute d'une campagne d'apaisement, Yvonne Hakim-Rimpel se verra encore une fois les frais de la plus basse des manœuvres. En effet, alors que depuis longtemps déjà, terrée chez elle, elle semble définitivement avoir rompu tous liens avec le journalisme et la politique, elle reçoit la visite, d'un délégué du pouvoir qui n'est autre que le colonel Jean Tassy lui même, lequel l'invite, après force détours, à le suivre à Fort Dimanche, où, elle serait l'objet d'une pressante convocation. Là, d'une accusation dont elle ne se souvient s'être à aucun moment faite la voix, lui est présenté un démenti dégageant clairement les autorités de toute responsabilité dans l'affaire Hakim-Rimpel, et au bas duquel on lui demande instamment d'apposer son nom. Elle signe. Ce démenti fera aussitôt les frais d'une publication en grandes pompes dans les médias.
Il faudra attendre le départ de Jean-Claude Duvalier en 1986(6) et la publication des Témoignages de Pressoir Pierre, ancien colonel de l'Armée, pour qu'un coin de voile soit, pour la première fois, levé sur cette horrible affaire. Oui, Il faudra attendre ces témoignages car, après plus de 25 ans de militantisme et d'activisme, cette femme qui s'est acharnée inlassablement au triomphe de la Vérité, pour qui la parole, plus qu'une arme quotidienne, aura été l'essence même de toute lutte, n'écrira plus jamais, gardera le mutisme le plus complet sauf pour exhorter ses enfants, à chaque fois qu'elle en avait l'occasion, de ne jamais penser à la vengeance qui détruit et déshonore. Ce n'est qu'à l'approche de sa mort qu'elle fera l'aveu qu'il faisait un beau clair de lune ce soir-là, ce qui lui avait permis d'identifier plus d'un de ses agresseurs.
Yvonne Hakim-Rimpel est morte en silence à 80 ans, le 28 juin 1986, d'une crise cardiaque. Son Adieu à la presse, témoin de ses derniers jours, et sur lequel, confie sa fille, elle ne laissait de travailler, n'aurait pas été retrouvé.
* Basé sur notre entrevue avec Madame Maryse von Lignau, fille aînée de Madame Hakim-Rimpel (septembre 1995) et sur les informations receuillies dans les archives de la famille.
** Extrait de Notre Salut, éditorial du premier numéro de ESCALE.
(1) Georges Corvington, op.cit. tome 7, p310.
(2) Ces hommes de main opérant sous la cagoule étaient communément appelés «cagoulards».
(3) Bernard Dietrich et Al Burt dans Papa Doc et les tontons macoutes, p105.
(4) Haïtian Women between repression and democracy, ENFOFANM.
(5) Lettre d'André Faraud publiée dans le Nouvelliste du 25 février 1958.
(6) Dans ces Témoignages, Pressoir Pierre «avoue très honnêtement par ailleurs avoir alors conseillé au président Francois Duvalier de faire «convoquer Mme Rimpel pour lui donner un dernier avertissement», et confirme qu'en fait «Duvalier envoya quelques officiers de sa Maison Militaire dont Jacques Gracia, Franck Romain, José Borges, et les civils Clément Barbot, Eloïs Maître, Luc Désir (...) chez Mme Rimpel, qui a été enlevée en pleine nuit, en présence de ses enfants terrorisés» et que «Les officiers qui avaient participé à cet odieux kidnapping (qui, toujours selon Témoignages, se sont à l'époque enorgueillis d'avoir deshonoré la dame) se sont jugés tellement méprisables qu'ils durent, de peur d'être reconnus, se voiler le visage à l'aide d'un mouchoir: d'où leur nom de cagoulard». Pierre Pressoir, Témoignages: L'espérance déçue (1940-1976).
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Femmes Haïtiennes Remarquables ! Janine Lafontant-Nelson
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Janine Lafontant-Nelson
1926 - 1963
Une trop courte vie pour qu'on ait pu l'apprécier dans son éclat dernier, un trop brillant parcours pour qu'on le veuille passer sous silence.
Si 1943 voit Janine Lafontant Nelson se confiner à ce poste de secrétaire qu'elle occupera durant 3 ans au Département de l'Éducation nationale, dans de toutes autres dispositions par contre, vis-à-vis d'elle-même et de son insertion sociale, la trouvera cette bouillonnante année 1946. En effet, âgée alors seulement de 20 ans, cette jeune femme, entre-temps déjà lancée dans l'action avec la création au quartier de Saint-Antoine d'une école pour les déshérités, voit ses vœux comblés par une bourse d'études en Service social au Canada, laquelle pour ne rien lui apporter, évidemment, d'une démarche où elle semble déjà si fermement ancrée, n'en contribue pas moins pour autant à lui permettre, de plain-pied, l'accès à d'autres possibilités d'action.
Se voyant confier, dès son retour en effet, le service des organisations sociales du département du Travail, elle ne laissera alors, l'occasion tant rêvée enfin se faisant jour, de s'atteler à l'élaboration de lois sur la sécurité sociale, le bien-être de la famille et de la femme ouvrière. S'étoffant à mesure d'un parcours qui la trouvera en 1960 chef du service social professionnel à l'Institut du Bien-Etre social, elle ne manquera pas, à de nombreux congrès, conférences et réunions techniques, de représenter utilement son pays à l'étranger.
1962, année fructueuse entre toutes pour cette épigone douée et énergique d'une génération engagée de femmes dont les éclats ont dû, très jeune, trouver son adhésion, verra Janine Lafontant Nelson, à qui il ne reste alors que moins d'un an à vivre, contribuer efficacement à la mise en place de l'Ecole nationale du service social et organiser, fait sans postérité, les premières colonies de vacances pour ouvriers.
Tout comme sa mère, Mariella Innocent Pierre-Charles morte 37 ans plus tôt en lui donnant naissance, Janine Lafontant Nelson, dont étaient déjà nées deux filles, meurt prématurément en mettant au monde son unique fils. En reconnaissance à une action, en tous points, digne et louable, le gouvernement lui ordonne alors des funérailles officielles où il lui sera décernée la médaille «Honneur et Mérite» au grade d'officier. En hommage également à sa mémoire, la salle principale de l'Institut du Bien-Etre social se verra honorée de son nom.
* Tiré de la Publication de la CIM
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Femmes Haïtiennes Remarquables ! Sur le chemin de la victoire
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Sur le chemin de la victoire
A la permanence décrétée aux Gonaïves par les adhérentes de la Ligue féminine d'action sociale, lors de la bataille pour la conquête des droits politiques de la femme, un jeune homme, Louis Augustin, créa spontanément ce chant dédié à la femme haïtienne et qu'il intitula:
Se pou fi gen dwa tou
I
An nou wè mezanmi
Se pou nou tout ini
Pou nou gen dwa tou
Sinon n ape toujou
Rete nan vye mizè
Nou p ap janm fè pwogrè.
REFREN
Se pou gen libète
Se pou nou emansipe
Nou bouke rete dèyè
Peyi a dwe fè pwogrè.
II
Fi travay toupatou
Se pou nou gen atou
Pou defann enterè
- E san gade dèyè-
Tout fi ki nan soufrans
Tout moun k ap pase trans.
III
Lè nou tout ap vote
La Chanm reprezante
Lamwatye peyi a
Paske fi yo pa la
Aloske gen plis fi
K ape plede soufri
IV
An nou tout fè efò
Pou Ayiti pi fò
Douvan tout lòt nasyon
Ki antoure li yo
Nou pa kapab rete
Listwa k ape mache
V
An ale: Alaso!
Mande Konstitiyan yo
Pou yo mete nan lwa
Fi kou gason gen dwa
Pinga yo betize
Peyi a vle vanse
VI
Vil Gonayiv de fwa
W ap selèb nan Listwa
Yon lè ou te ba nou
Tout endepandans nou
Fwa sa a nou mande ou
Libète pou fi tou.
26 Septembre 1950
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Femmes Haitiennes remarquables - Denyse Guillaume
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Denyse Guillaume
1914 - 1949
Fleur fauchée avant ses meilleures promesses. Ainsi pourrait se résumer la courte, mais combien brillante carrière de Denyse Guillaume.
Quand, deux ans après sa naissance à Paris, Denyse se retrouve en Haïti, c'est pour se voir offrir plus tard, ainsi qu'il sied à toute jeune fille de bonne famille, ce cycle à l'époque bien vu d'études des sœurs de Saint-Joseph de Cluny, où, ne tardant, du reste, pas à se distinguer par les nombreux prix qu'elle remporte, elle ne manquera naturellement pas, son brevet supérieur achevé, de se voir confier l'éducation des petites. Autour de cette époque également semblent prendre fermement place des préoccupations qui, dans ces sillons assidûment labourés que constitue l'action sociale, la verront faire ses premières armes avec les Pupilles de Saint-Antoine, expérience d'un profit inestimable pour la secrétaire générale de la Ligue féminine d'action sociale qu'elle est appelée plus tard à devenir.
Sa vraie soif pourtant ne sera connue qu'en 1936. En effet, l'accès étendu à un niveau d'études supérieur à celui routinier du brevet, rendu, pour la première fois, possible aux jeunes filles par la fondation deux ans auparavant du Centre d'Etudes Universitaires(1), Denise, que ne laisse de tourmenter un irrépressible besoin d'horizons neufs et de savoir, n'hésite aucunement à résigner son poste d'institutrice pour entreprendre ses humanités. Cinq ans plus tard, en 1941, lauréate des trois années consécutives qu'elle passe à l'École de Droit, elle ne manquera pas à sa sortie de voir sa ténacité, honorée cette fois-ci, d'une offrande florale, symbole de l'unanime et chaleureux hommage de ses condisciples.
C'est alors que, prenant sa vraie mesure, l'implication de Melle Guillaume va se réveler, pour ainsi dire, des plus efficaces et bénéfiques. Au tribunal de Cassation où elle remplit avec une étonnante acuité la fonction de commis greffier, elle profitera de ses contacts pour ménager, entre les instances concernées et le groupe qui, à la Ligue féminine d'action sociale et à la Ligue de protection de l'enfance, se préoccupe de tels problèmes, les entrevues indispensables et le pont d'échanges favorable à l'amélioration de la situation des enfants détenus qu'elle prend un soin extrême, il faut aussi le dire, de visiter personnellement dans leur geôle, les signalant à l'occasion aux œuvres et aux commissaires. A sa nomination en 1946 au Bureau du Travail, nouvellement organisé, elle jouera un rôle prépondérant dans la mise sur pied de la Section de la Femme et de l'Enfant dont lui avait été confiée l'élaboration des bases légales et saura encore une fois mettre à profit son poste privilégié pour, de concert avec ses compagnes de la Ligue, entreprendre avec sérieux la formulation des textes de législation sur l'Apprentissage et sur l'Enfance en domesticité. Ce travail primordial qu'elle initie alors verra sa continuité assurée par d'autres jeunes femmes telles Janine Lafontant-Nelson.
Entre-temps, loin de dédaigner l'action directe, Denyse offrira chez elle, à l'intention de fillettes et adolescentes, des cours particuliers destinés à les préparer au certificat d'études, au brevet simple et au brevet supérieur. Elle assistera egalement le couple Dartigue dans l'expérimentation des méthodes nouvelles d'enseignement, dirigera un groupe d'études au Foyer ouvrier de la Ligue tout en collaborant à La Voix des Femmes et à La Forge.
Le 1er novembre 1949, une forte fièvre, rapporte-t-on, mettra fin inopinément à l'ardent et remarquable engagement de cette jeune femme de 35 ans.
Tiré de: Jeanne Sylvain, Denise Guillaume, dans Femmes haïtiennes, op.cit. p244.
1) Le Centre d'etudes universitaires, premier cours secondaire mixte de Port-au-Prince, a été fondé en 1934 par le couple Bourand, la femme, Anne-Marie Lerebours.
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Femmes Haitiennes remarquables - Madeleine Sylvain-Bouchereau
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Madeleine Sylvain-Bouchereau
1903 - 1970
« Nous avons foi dans le succès. Qu'importe qu'il soit long à venir, qu'importe qu'il brille seulement pour ceux qui nous suivront, pourvu que nous ayions contribué à instaurer la justice et la démocratie dans notre pays»
(M. Sylvain-Bouchereau répond aux constituants de 1946)
l est difficile de se la représenter autrement que participant fiévreusement à une réunion, mettant la dernière main à un projet de loi ou une pétition, préparant un ultime plan d'attaque ou, à coup d'arguments tirés d'une conviction à toute épreuve, s'efforçant habilement, emportée par les soucis de rayonnement et de vitalité d'une cause, de ramener une adepte éventuelle sur les sentiers, à l'époque rocailleux, du féminisme. Commencer la présentation d'une telle femme ainsi, par son activisme, ne va pas toujours sans risque mais on ne sait pas toujours, de l'intellectuelle, de la politique, de la femme de terrain, que l'on a vue, tour à tour et même simultanément, se distinguer, laquelle mettre en avant pour donner la vraie mesure de cette battante que fut Madeleine Sylvain-Bouchereau.
D'un père (Georges Sylvain) et d'une mère (Eugénie Malbranche), dont le dynamisme et la présence se révéleront d'un apport non négligeable dans la vie intellectuelle et socio-politique haïtienne de ce début de siècle, et notamment dans la lutte contre les forces d'occupation, Madeleine Sylvain a dû, très jeune sans doute, se voir inculquer, poussé à une rare ténacité, ce goût aussi bien des études que de l'action qui, la retrouveront, en Haïti et à l'étranger, passionnément impliquée dans les domaines aussi riches et divers que sont l'éducation, l'assistance sociale, l'animation communautaire et, bien sûr, les droits de la femme.
En 1926, bien qu'âgée de 22 ans, son nom ne figure pas moins comme membre fondatrice et vice-présidente des Pupilles de Saint-Antoine, une des premières œuvres haïtiennes d'entraide sociale, et en 1935, elle portera déjà à son actif, l'introduction en Haïti du mouvement des Guides dont le développement et l'organisation seront pris en main par Mme René Durocher (directrice/ chef-guide), Mme Paul Cassagnol, Melles Valentine Charlier et Jeanne Durocher. Mais son entrée houleuse pour ainsi dire dans l'arène des revendications remonte à 1934, quand, sentant se faire jour chez les femmes ce besoin de plus en plus accru d'une participation plus active et reconnue à la politique de leur pays, elle se met en frais de rallier une énergie jusque-là disséminée et, avec la fondation de la Ligue féminine d'action sociale, inaugure les premières luttes qui verront, pour la première fois en Haïti, brandi haut et clair l'étendard féministe. Se découvrira alors en Madeleine Sylvain une animatrice nourrie d'un exceptionnel sens de l'organisation et des relations humaines et, à l'occasion, capable, de surcroît, d'une compréhension pénétrante des contingences du monde mouvant de la politique. Et ce mouvement, autour duquel, en peu de temps, finira par graviter tout ce qui pouvait se compter alors de femmes tant soit peu actives de l'époque, semblera s'imposer avant même les premières grandes foulées décisives et notoires.
Cheville ouvrière sans conteste du mouvement, Madeleine Sylvain-Bouchereau ne contribuera pas pour peu jusqu'à son départ d'Haïti en 1958, à marquer d'une empreinte profonde chacune des étapes des 25 ans de cette Ligue, par son envergure autant que par ses retombées, la plus grande organisation féminine haïtienne à date. Elle est tout à la fois, aux côtés de ses collègues à la planification et à la coordination des campagnes de sensibilisation et d'éducation civique, à signer les pétitions, à la revue de la Ligue et à la préparation des propositions d'amélioration du statut de la femme dans le Code civil; elle fonde le Foyer Alice-Garoute pour la formation des jeunes filles rurales et prépare des tournées de conférences à travers le pays. Et, quand la Constitution de 1950 et la loi du 25 janvier 1957 auront confirmé la jouissance des droits civils et politiques de l'Haïtienne, ce sera encore elle la première femme, en 1957, à entrer en lice aux courses sénatoriales du département de l'Ouest.
A Madeleine Sylvain-Bouchereau qui, en dépit de ces astreignantes occupations, semble s'être aménagée, un espace propre de recherche et de réflexion, nous devons également la publication des premières études théoriques et documentées sur le rôle joué par la femme dans notre histoire ainsi que de judicieuses analyses sur sa situation et son évolution dans la société haïtienne. Et pas moins étonnante ne se revélera une vie professionnelle tout aussi dense et fructueuse:
En 1941, on la retrouve professeur d'abord à l'Institut d'Ethnologie, puis à partir de 1945 à l'Ecole nationale d'Agriculture et à l'université de Fisk.
En 1944, «Principal welfare officer» pour les Nations-Unies, elle est chargée de l'organisation des services sociaux dans cinq camps de prisonniers polonais déportés en Allemagne.
Elle siégera à la Commission de statut de la femme aux Nations-Unies à New-York en 1951 et en 1952, année où l'Assemblée générale adoptera la Convention sur les droits politiques de la femme, premier document juridique international affirmant l'égalité des droits politiques, y compris le droit de voter.
De 1952 à 1956, elle est membre du comité pour l'organisation des cours d'été de la Ligue internationale des Femmes pour la paix et la liberté, co-directrice des cours de Copenhague et de Hambourg.
En 1958, sous les auspices de la Ligue internationale des femmes, elle mènera une enquête dans les pays du Moyen-Orient sur les conflits dans cette région. Elle est vice-présidente de la Ligue internationale des femmes avocates.
De 1966 à 1968, elle sera conseillère pour le développement communautaire auprès du gouvernement du Togo.
Madeleine Sylvain-Bouchereau meurt à New-York en 1970.
Publications:
- L'Education des femmes en Haïti, Port-au-Prince, 1944 (Prix Suzan B. Anthony de la Byrn Mawr College, Pennsylvanie).
- Les Droits des femmes et la nouvelle Constitution, Port-au-Prince, 1946, dans La Femme haïtienne répond aux attaques formulées contre elle à l'Assemblée constituante
- La Classe moyenne en Haïti, dans Matériaux pour l'étude de la classe moyenne en Amérique Latine, (Publications du Département des Sciences sociales, Union panaméricaine, Washington, D.C., 1950.)
- Haïti et ses femmes, Port-au-Prince, 1941
- La Famille Renaud, 2 vol. (manuels scolaires de lecture)
- Bulletin pour les instituteurs ruraux.
- Haïti, portrait d'un pays libre (édité en allemand), 1954.
Parcours académique de Madeleine Sylvain-Bouchereau:
- Licence à la Faculté de droit de Port-au-Prince
(1930 - 1933)
- Etudes en Education et en sociologie à l'Université de Puerto-Rico (1936 - 1938) et à Bryn Mawr College aux Etats-Unis (1940 - 1941).
- Obtention sur concours d'une bourse offerte par l'Association internationale des femmes universitaires aux jeunes filles d'Amérique latine;
- Maîtrise en éducation et certificat de spécialiste en organisation des communautés rurales.
- Doctorat en sociologie.
Elle demeure, sans doute, la seule femme de sa génération à faire montre d'une formation académique aussi soignée.
* Sources:
Entrevue de Myriam Sylvain Torchon
Madeleine Sylvain-Bouchereau, Haïti et ses femmes.
Publications diverses de la Ligue féminine d'action sociale.
Archives de la famille Sylvain.
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Femmes Haitiennes remarquables - Emmeline Carriès-Lemaire
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Emmeline Carriès-Lemaire
1890 - 1980
A cette époque de fébrilité féminine, un élément frappant du portrait d'Emmeline Carries-Lemaire et qui en constitue l'originalité propre, est, au-delà de l'implication dans les entreprises sociales et le mouvement féministe de toute femme qui se voulait active, l'affirmation d'une saisie d'Haïti et d'une construction soutenue de son intégration dans le contexte plus large du monde caraibéen et latino-américain.
u plus loin que nous remontons dans l'engagement d'Emmeline Carries-Lemaire, c'est à Jacmel, sa ville natale, que nous la retrouvons, occupée à entreprendre, en 1930, avec le concours du docteur Abel Lhérisson, la fondation de l'Obole du Pauvre, centre hospitalier qui fournit des soins de santé adéquats aux lépreux et aux indigents. Quand, autour de 1937, la croisade de conscientisation et d'éducation entreprise par la Ligue féminine d'action sociale s'étendra dans les villes de province, elle trouvera donc, déjà présent en Mme Carries-Lemaire ce sens de la détermination et du courage nécessaire à la mise sur pied de la filiale de Jacmel dont elle s'affirmera en peu de temps l'une des animatrices les plus zélées. Elle s'y distinguera, entre autres, dans ces travaux de formation qui, plus tard, de 1945 à 1950 se verront un juste écho dans ces cours d'alphabétisation et d'éducation primaire qu'elle ne manquera pas, une fois rentrée à Port-au-Prince, de dispenser à Pacot et à Turgeau.
Cette cause féminine, Mme Carries Lemaire qui voyagera beaucoup de 1955 à 1960, en portera l'étendard également à l'étranger où on la verra, aux Etats-Unis d'Amérique, à Cuba, au Mexique, en République Dominicaine, se produire assidûment dans des conférences sur la problématique de la femme. A Caracas, où ses séjours semblent avoir été plus longs, on la retrouve également aussi bien dans des causeries sur de pareils thèmes, que dans l'animation, avec le soutien de Delgado Chalbaud, d'un mouvement en faveur des femmes haïtiennes en exil. Les handicapés et les pauvres sur lesquels ses regards s'etaient initialement portés ne se verront nullement délaissés pour autant; sa présence est notée à leurs côtés à l'Asile de Sigueneau, dans la plaine de Léogane.
A côté de cette part toute féministe et sociale de son engagement, une place, et pas des moindres, sera laissée à une activité intellectuelle et artistique non moins intense. En effet, Emeline Carries-Lemaire dont un intérêt au plus haut point pour notre histoire n'a jamais laissé de prendre corps dans des préoccupations nourries d'une démarche d'essayiste et de poète semble, dans ce domaine par ailleurs riche pour elle de possibilités artistiques, s'être adonnée tout particulièrement à en faire revivre certains moments dans une perspective toute de revalorisation. Doit-on y voir, inscrite dans le droit fil de courants d'affirmation tissés autour de la désoccupation, la recherche délibérée pour Haïti d'éléments historiques et culturels propres à un relèvement ferme des blessures d'une dépendance une nouvelle fois imposée? Il est en tout cas remarquable que les lendemains de 1934 retrouvent Emeline Caries-Lemaire aussi vivement décidée à tenter, de cendres longtemps refroidies, l'exhumation de la richesse et la fierté aussi bien du passé indien que de nos moments les plus heureux. En 1944, des recherches qu'elle mène à la bibliothèque du Congrès, aux bibliothèques nationales de Caracas et de Port-au-Prince, aboutissent à Hispaniola, étude historique, géographique et politique de l'Ile d'Haïti. De cette période également date, à côté d'œuvres inédites sur la culture Caraïbe, Anacaona, une pièce de théâtre qu'elle présente avec la troupe Gabriel Imbert sur les planches de l'Institut français.
Promotrice d'échanges culturels, elle invitera des artistes et des peintres dont Ramon Alvarez Silva, Miguelito Valdès, Xavier Amiama, à se produire à Port-au-Prince. A ce rapprochement interaméricain, elle donnera enfin, en 1950, un espace hebdomadaire d'échange et de réflexion avec la fondation de El Alba, périodique bilingue, francais-espagnol, atteignant parfois, chiffre combien parlant pour l'époque, un tirage de 1,500 exemplaires. Collaboratrice également de la revue Cahiers d'Haïti, la presse haïtienne lui devra la mise sur pied de l'Association des Journalistes haïtiens avec la participation d'écrivains et journalistes de Port-au-Prince dont Lucien Montas, Dumayric Charlier, Edouard Charles, Michel Gilbert.
Emeline Carries-Lemaire vivra les dernières années de sa vie aux Etats-Unis d'Amérique où, tout en poursuivant ses activités littéraires, elle enseignera le français au Lycée français de Chicago. Elle meurt le 30 Janvier 1980 à San Francisco (Californie).
Publications:
1941: Mon âme vous parle, poésie.
1944: Hispaniola, Etude historique, géographique et politique de l'Ile d'Haïti .
(Edition bilingue francais-espagnol), La Havane, Cuba.
Poèmes à Bolivar, plaquette de vers.
Cœurs de héros Cœurs d'amants.
Anacaona, théâtre.
1960-65: Talisman de la Mujer
Grito del Alma
Hommage à la Femme haïtienne
1973: Chants pour toi
*Basé sur sources diverses et données receuilies de Jacques Lemaire
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Femmes Haitiennes remarquables -Léonie Coicou-Madiou
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Léonie Coicou-Madiou
1891 - 1970
Incontestablement une des actrices les plus brillantes de son temps, éducatrice, féministe farouche, activiste politique, elle est tout ce qu'il y a d'inclassable.
1908, année funeste entre toutes, verra, quatre ans après son retour de Paris(1), Léonie Coicou violemment emportée dans le tourbillon de ce qui, événement troublant d'époque, aura sans doute été appelé à demeurer pour elle le cauchemar de toute une vie: l'assassinat du poète Massillon Coicou, son père, ainsi que de deux de ses oncles(2). Quand, dans la foulée de cette enquête mémorable, savamment orchestrée un an plus tard par Pierre Frédérique, il est donné à lire dans les colonnes de l'Impartial, en des termes toute d'une dignité retenue, ce démenti que, pour réhabiliter l'image à trop bon compte flétrie d'un père, elle juge bon d'infliger à un article tendancieux de Clément Magloire(3), ce sera alors l'occasion d'admirer, déjà présente à cet âge (elle n'a alors que 18 ans), cette fermeté de caractère appelée plus tard à constituer l'un des traits fondamentaux de sa personne.
Sur les pas de son père, on la voit, très tôt, s'engager dans la voie ingrate de l'enseignement où, se dépensant sans mesure, elle ne tardera pas, tout comme celui-ci du reste, à s'imposer du meilleur d'elle-même. Promue très vite directrice de l'école des Filles, plus tard débaptisée école Thomas-Madiou en mémoire de l'historien, aïeul de son époux, elle semble s'y être alors consacrée corps et âme et ne s'occuper uniquement que de cet aspect-ci d'un talent pour le moins multiforme, les planches ainsi que la scène politique, fait incompréhensible pour quelqu'un ayant connu très tôt des débuts si prometteurs, ne la recouvrant en effet seulement qu'environ une trentaine d'années après.
Actrice de talent, son nom reste pour plus d'un attaché à celui d'un théâtre de qualité au rayonnement duquel elle ne laissera jamais, les planches une fois reprises, de contribuer. En effet, après un timide mais fructueux début au théâtre de Cluny à Paris qui la verra, très jeune, incarner dans la pièce Liberté, de son père, le rôle de Petit Sim, elle verra son nom figurer dans les années quarante, années d'or du théâtre haïtien, parmi les interprètes de pièces qui semblent avoir gagné pour longtemps le suffrage enthousiaste et admiratif du public. Parmi celles-ci, il convient de citer Le Torrent (18 mai 1940), couronné du Grand Prix dramatique du président de la République et dans laquelle, aux côtés de Simone Barrau, Charles de Catalogne, Martial Day, Simon Desvarieux, Georges Dupont, André Gerdès, Paul Savain, tous talentueux acteurs de l'époque, elle tient sans conteste une place de premier plan; la Famille des Pitite-Caille, roman de Justin Lhérisson adapté pour la scène par Pierre Mayard, gros succès de l'année 1942, Le Triomphe de la terre d'Antoine Salgado, Sanite Belair de Jeanne Perez (10 août 1942), Min Coyo(1943), Barrières (1945), Lococia de Marcel Sylvain...(4),autant d'œuvres qui auront vu la confirmation d'un talent dont l'éclat et la constance ne laisseront jamais de séduire.
Militante sociale, on ne manque pas également de la retrouver à la même époque membre active d'une dizaine d'associations culturelles et civiques dont La Ligue féminine d'action sociale qui la compte en 1950 au comité administrateur du premier Congrès des femmes haïtiennes. Vice-secrétaire du Comité d'action féminine (CAF) qui, depuis sa création le 8 janvier 1946, participe activement à la lutte politique, Léonie se fera aussi, lors de ce grand «vent de janvier», le porte-parole convaincu des révendications féminines. En 1955, elle est la première femme à briguer le poste de maire de Port-au-Prince, formant aux côtés de Maud Hudicourt-Dévarieux et de Lydia Jeanty, candidates assesseurs, ce trio de femmes qui, à l'époque, provoquera tant de remous. Une constante implication politique qui lui vaudra d'être appréhendée et battue en 1950 lors d'une manifestation en faveur des droits politiques de la femme, la verra à deux reprises en janvier 1946 et en mai 1957, faire les frais également de séjours en prison.
Tant d'activités, jointes à l'astreignante tâche du soin quotidien de ses huit enfants, n'empêcheront nullement Léonie Coicou-Madiou, à la Division de conciliation et d'arbitrage du Bureau du travail, où elle est nommée en 1947 de participer activement, aux côtés de Denyse Guillaume, à la mise sur pied d'une section féminine préoccupée de la protection de la mère et de l'enfant. Elles ne l'empêcheront pas non plus, sur la nomination, en octobre 1959, du président Francois Duvalier, d'être membre quelques années plus tard de la Commission communale de Port-au-Prince.
Léonie Coicou-Madiou s'est vue, par deux fois, l'insigne objet d'une décoration: d'abord celle de l'Ordre national Honneur et Mérite pour son dévouement à l'éducation de la jeunesse décernée par le président Sténio Vincent puis celle de l'Ordre de Toussaint-Louverture par le président Francois Duvalier pour son action sociale et sa contribution à la formation de la jeunesse .
(1) Léonie Coicou-Madiou fera une partie de ses études à Paris où son père a été secrétaire de la Légation haïtienne puis chargé d'affaires.
(2) Massillon Coicou, écrivain et firministe convaincu et ses deux frères Horace et Louis, soupçonnés d'un complot visant au renversement de Nord Alexis, ont été, ainsi qu'une vingtaine de leurs amis, sauvagement assassinés, dans la nuit du 14 au 15 mars 1908, sur l'ordre du général Arbau Nau. (Voir : Gérard Jolibois, L'Exécution des Frères Coicou et Jean Desquiron, Haïti à la Une, tome 2)
(3) G. Jolibois, op.cit. p74
(4) G. Corvington, op.cit, Tome 7, p293 et suiv.
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Femmes Haitiennes remarquables
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Alice Garoute
1874 - 1950
«... la conquête de nos droits n'est qu'une partie de notre programme....
et même si nos frères ne nous élèvent jamais au rang de citoyennes d'Haïti,
nous poursuivrons notre œuvre de pitié et de solidarité envers les femmes du peuple et les paysannes.»
Figure pour le moins attachante et qui tient, sans doute, son opiniâtre ardeur d'une mère (Pauline Brice) dont les démêlés avec le général Hyppolite ainsi qu'avec le président Salnave, n'ont pas laissé, en leur temps, de remplir d'échos bruyants la petite histoire de ce pays, cette femme d'une énergie exemplaire demeure, indéniablement, une des personnalités les plus saillantes du féminisme haïtien.
'un souvenir particulièrement vif restera pour Alice Thézan cette maison emménagée en terre d'exil par ses parents, témoin de leur fuite des terribles représailles s'étant abattues, au lendemain de la guerre civile de 1882, sur les partisans et proches de Bazelais, et de leur tentative de prendre pied à Kingston. Maison toujours hospitalière, disait-elle, et qui, outre le pain et d'autres libéralités, offrait un confortable abri à d'incessantes et orageuses discussions sur la situation alarmante du pays. Alice Garoute, qui se souviendra avoir pris, très jeune, une part active à ces passionnés débats, ne laissera, sa vie durant, de vouer un culte reconnaissant à ce climat chaleureux qu'ils ne manquaient pas de faire naître. Climat, au demeurant, sans doute peu étranger à cette combativité et ce sens de la chose publique qui, en tout, seront sa marque, et que laisseront, fort heureusement, inentamés, un mariage malheureux et la mort inopinée et en bas âge de deux enfants.
Quand, après ses secondes noces, elle se retrouve à Jérémie, ville natale de son mari, elle ne manquera nullement de s'y distinguer et bien vite se fera adopter par une cité dont la réticence envers les étrangers et une muette hostilité, sont pourtant, à l'époque, choses proverbiales. Organisatrice née, elle deviendra en peu de temps l'âme même de cette ville et, en dépit des charges absorbantes d'une famille nombreuse, se retrouvera à se dépenser sans mesure, se donnant ici et là dans tout ce qui y semble en mouvement. En effet, animant avec assiduité et en présidente honorée un cercle mondain qui voit régulierèment la réunion de l'élite littéraire et bien pensante de la ville, elle est aussi celle qui organise les bals, les réunions, les conférences, les excursions, celle qui, soucieuse du bien-être des détenus, met sur pied une œuvre de bienfaisance en leur faveur, celle enfin qui, sympathisant tout entière à la lutte contre l'occupant se consacre notamment à la dure et pénible tâche de recueillir des fonds à l'Union patriotique, agissant, se démenant avec une telle force d'abnégation, nous dit-on, que son entourage conquis, la gratifiera du surnom combien reconnaissant de «la mère».
1934 la retrouve à Port-au-Prince à faire montre et activement de cette même opiniâtre ardeur, dans la mise sur pied de La Ligue féminine d'action sociale, ligue dont d'abord, elle sera vice-présidente (1934-1945) puis présidente de 1945 jusqu'à sa mort en 1950. L'action de «la mère» des plus tenaces, semble alors tenir dans ces seuls mots: «Nous lutterons avec courage et persévérance jusqu'au triomphe de la Justice; nous lutterons pour renverser les barrières qui limitent notre champ d'action jusqu'à les rendre inexistantes».
Difficile, on s'imagine bien, de se figurer, ne fût-ce qu'un instant, les succès éclatants de cette Ligue sans l'action vigoureuse de cette femme. Et quand on sait, par ailleurs, que cette membre à part entière de la «Federacion de mujeres de America», insensible aux moqueries auxquelles, dans ce pays, ne laisse pas d'exposer une adhésion trop nette à de frondeuses idées, ne ratait la moindre occasion, dans les réunions publiques et privées et quelquefois, jusque dans les rues, de faire entendre haut et clair la voix trop longtemps contenue de sa cause, et qu'elle trouvait du temps de reste à se donner sans relâche dans les écoles du soir, dans les prisons, les hôpitaux aussi bien que dans bon nombre d'œuvres sociales et associations culturelles, on ne peut que difficilement se défendre à son endroit d'une certaine pointe d'admiration.
En dépit du recul, les protestations d'Alice Garoute contre les interdictions mises sur la jouissance par la femme de ses pleins droits gardent aujourd'hui encore ces mêmes accents de soufre qui à l'epoque leur conféraient une sonnerie haute. En témoigne par exemple cette lettre publique, adressée le 16 juillet 1946 aux membres de la Commission constitutionnelle après qu'ils eurent jugé bon, sous de fallacieux prétextes, d'écarter tout bonnement les justes révendications féministes dont la Ligue s'était faite par devant elle l'écho. Dans cette lettre en effet, après avoir traduit l'étonnement de la Ligue «que les commissaires aient bafoué avec une telle légèreté les idéaux de justice et de liberté de la Révolution du 7 janvier..., et rappelé à leur juste attention qu'Haïti est signataire des «Accords de Lima, de Chatapultec, de San Francisco et de la Charte des Nations-Unies qui tous reconnaissent que l'homme et la femme naissent et demeurent égaux»... ne prend-elle pas le soin de souligner que «le verdict d'infériorité prononcé contre les femmes depuis 1804 lui répugne et la révolte», et ce, pour mieux laisser fuser, sans doute, ce qui aujourd'hui encore, en dépit de l'avancement certain d'une cause dont on ne saurait nier d'évidents acquis, revêt les accents clairs d'un véritable manifeste: «... Nous ne voulons plus nous résigner à n'être que des machines à reproduction et les servantes du seigneur et maître.» (1)
Le 10 avril 1950, Alice Garoute, déjà minée par la maladie, trouvera à puiser on ne sait où, la force de venir personnellement présenter au premier Congrès national des femmes haïtiennes, le cahier des doléances féminines et c'est de son lit de mort quasiment que se formulera son dernier appel à l'Assemblée constituante. Ce même lit du reste qui, moins d'un mois seulement avant ce moment d'exaltation que sera l'obtention par les femmes du droit de vote, qu'elle n'aura malheureusement pas la chance de vivre, la verra, le 30 octobre 1950, quelques heures avant sa mort, exprimer dans un murmure, ce vœu de toute une vie: «Nous aurons la victoire... Je désire que le jour où les femmes voteront pour la première fois, une délégation vienne déposer des fleurs sur ma tombe».
* Basé sur la relation de Madeleine Sylvain-Bouchereau dans Femmes haïtiennes, op.cit. p199.
(1) Alice Garoute dans La Nation, 19 juillet 1946, cité dans Claude Moïse, op.cit. p288.
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Femmes Haitiennes remarquables - Répères chronologiques
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Répères chronologiques (Femmes Haitiennes remarquables) !
Au niveau international et national
1792: Mary Wollstonecraft, de nationalité anglaise (1759-1797), publie La Revendication des droits des femmes, un des grands classiques de la littérature féministe.
1848: Année du mouvement révolutionnaire international. Tenue, à New-York, de la première réunion en faveur des droits de la femme où fut proclamé que «tous les hommes et les femmes naissent égaux en droit».
1850-1860: Organisation du mouvement féministe en Europe.
1865: Pour la première fois en Europe, une femme Elisabeth Garrett Anderson (1863-1917) exerce la médecine en Angleterre malgré l'opposition du corps médical.
1866: Début du mouvement féministe en Angleterre. Le député Jhon Stuart Mill (1806-1873) présente au Parlement la première pétition en faveur du vote des femmes.
1869: Création en France du Droit des femmes, premier journal féministe.
1878: L'Université de Londres autorise les femmes à se présenter aux examens.
1893: La Nouvelle-Zélande est le premier pays à accorder le droit de vote aux femmes.
1900: Campagne victorieuse des féministes françaises pour l'accès aux professions juridiques.
- L'Union nationale pour le droit de vote des femmes, dirigée par Millicent Garrett Fawcett (1847-1929) devient la plus grande organisation de femmes de l'Angleterre.
1903: Création de l'Union sociale et politique féminine (les suffragistes), dirigée par Emmeline Pankhurst (1858-1928) et sa fille Christabel (1880-1958). Manifestations plus spectaculaires et souvent illégales.
1907: Campagne victorieuse des féministes françaises pour le droit des femmes mariées à contrôler leurs revenus.
1917: Une association des femmes indiennes est fondée qui fit campagne pour le droit de vote (obtenu seulement en 1949), l'éducation et la réforme de la loi hindouiste.
1923: Constitution du mouvement féministe égyptien qui milite pour la fin de l'obligation du port de voile, l'amélioration des conditions de travail et l'accès à l'enseignement.
1940: Les femmes obtiennent le droit de vote au Québec.
1942: Les femmes obtiennent le droit de vote en République Dominicaine.
1944: Fondation de l'Union féministe pan-arabe. Huda Shaarawi (1879-1947), dirigeante du mouvement égyptien en est la première présidente.
1949: Simone de Beauvoir (1908-1986) publie en France Le Deuxième Sexe. Son analyse de la condition féminine est jugée scandaleuse.
1930-1960: Sommeil du mouvement féministe international après qu'il ait atteint son point culminant (1930) avec le recours (de courte durée) à la main-d'œuvre féminine durant la guerre.
1945: Acquisition avec l'adoption de la Charte des Nations-Unies du premier instrument international établissant le principe de l'égalité entre les deux sexes.
1951: L'organisation internationale du travail (OIT), adopte la Convention relative à l'égalité de rémunération entre la main-d'œuvre masculine et la main-d'œuvre féminine pour un travail de valeur égale.
1952: L'Assemblée générale des Nations-Unies adopte la Convention sur les droits politiques de la femme, premier instrument juridique international affirmant l'égalité des droits politiques, y compris du droit de vote.
1960-1970: Emergence du Mouvement de Libération de la Femme (MLF) en Occident.
1963: Betty Friedan, Américaine, publie La Femme mystifiée, une critique féministe de la situation sociale faite à la femme.
1970: Germaine Greer publie La Femme eunuque.
1975: Publication de la loi Veil (France) qui autorise l'avortement thérapeutique et la contraception.
- Tenue à Mexico de la première Conférence sur les Femmes.
1975-1985: Décennie de la femme (Nations-Unies).
1979: L'Assemblée générale de l'ONU adopte la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW). A en juger par le nombre de ratifications, d'adhésions et de signatures de pays membres, cette convention se révèle aujourd'hui l'un des textes relatifs aux droits de l'homme les plus entérinés de l'histoire de l'organisation.
1980: A la deuxième Conférence mondiale sur les Femmes de Copenhague, les féministes américaines présentent un bilan positif de leur lutte.
- Ronald Reagan, président des Etats-Unis d'Amérique, se prononce contre le «Women's lib».
1982: Malgré la mobilisation de la National Organisation for Women, NOW, la loi sur l'égalité constitutionnelle des droits (USA) ne passe pas.
- Betty Friedan demande aux femmes du monde entier de retourner au foyer.
1985: Tenue à Nairobi de la Troisième Conférence sur les femmes.
1995: Tenue à Beijing, (Pékin, Chine) de la Quatrième Conférence internationale sur les femmes
Au niveau national
1923: Fondation par Anna Augustin de la revue trimestrielle Fémina du cercle culturel du même nom. Cette revue dirigée par Camille Munier ne durera que très peu de temps.
1932: Mme Duraciné Vaval expose ses toiles à sa villa de Bas-Peu-de-Chose.
Inauguration au Club Union d'une exposition des œuvres artistiques de Mme Clément Magloire, Mme Franck Chenet et Melle Claire Denis.
1934: Création de La Ligue féminine d'action sociale.
1935: Publication de La Voix des Femmes, revue de la Ligue féminine avec Jeanne Perez, rédactrice en chef, Cléante Desgraves-Valcin, gérante, Amélie Laroche, secrétaire. Suspendue provisoirement en 1942 à cause de la guerre.
1937: La Voix des Femmes obtint une médaille d'argent à l'Exposition de Paris pour la haute portée sociale de son action.
1942, 23 oct: Un décret-loi, modifiant la loi du 22 août 1907, permet à la femme haïtienne mariée à un étranger de garder sa nationalité dans le mariage.
1944,11 jan: Un décret-loi autorise la femme mariée qui travaille à disposer librement de son salaire et des gains provenant de son salaire personnel.
1944, 19 av: Un amendement à la Constitution de 1935 permit à la femme haïtienne d'être nommée ou élue aux emplois civils et politiques. «Aussi, la règle de la capacité générale et absolue de la femme est-elle généralement consacrée dans le droit moderne». Pourtant, il ne lui est pas conféré le droit prééminent de suffrage, elle ne pouvait être élue au poste de président et encore fallait-il qu'elle soit âgée de 30 ans accomplis (contre 21 ans pour l'homme) pour accéder aux fonctions politiques qui lui étaient permises.
1944, 25 déc: Un décret-loi autorise la recherche de la paternité dans certains cas déterminés et accorde aux enfants naturels reconnus les mêmes droits des enfants légitimes.
1946: Participation active de plusieurs femmes au mouvement révolutionnaire. Création le 8 Janvier du Comité d'action féminine pour participer activement à la lutte.
- Participation directe de la femme aux partis politiques et aux syndicats acceptée. Plusieurs femmes devinrent membres actifs des partis populaires chrétiens de droite et de gauche.
- Campagne de La Ligue pour la reconnaissance du principe d'égalité des droits des sexes. Non seulement elle n'eut pas gain de cause, mais les femmes se sont vues ôter le droit d'éligibilité octroyé par l'amendement constitutionnel de 1944. Réactions virulentes de la Ligue.
1950, avril: Premier Congrès national des femmes haïtiennes organisé par La Ligue, réunissant les déléguées de 44 associations féminines haïtiennes et 32 déléguées étrangères d'organisations internationales.
- Relance de la campagne pour l'égalité des droits civiques de la Femme.
1950, oct: Présentation par les déléguées de la Ligue des révendications féminines au Théâtre de Verdure Massillon Coicou à Port-au-Prince, devant plusieurs milliers de personnes.
1950, 4 nov: Dépôt au bureau de l'Assemblée Constituante des pétitions portant des milliers de signatures d'individus des deux sexes réclamant l'égalité des droits civils et politiques des deux sexes dans la nouvelle Constitution.
- Des représentantes des comités des droits de la femme séjournent aux Gonaïves et montent la garde pendant toute la durée des travaux de la Constituante. Résultats positifs des travaux: Le droit de vote et d'éligibilité est acquis aux femmes mais elles n'en jouiront qu'en 1955 aux élections municipales.
1955: Une première dans la vie politique haïtienne, des femmes se présentent en masse aux élections municipales. Huit sont élues dans différentes villes de province.
1956,15 nov: La mairie de Port-au-Prince publie l'ouverture des opérations d'enregistrement pour les votants aux élections de 1957 ignorant totalement les femmes.
1956,13 déc: Marche de protestation des femmes en direction de la Cathédrale contre la note de la mairie. A L'angle des rues Pavée et Mgr Guilloux, elles sont gazées, battues, certaines arrêtées et emprisonnées.
1957: La loi du 25 janvier «assure à la femme haïtienne agée de 21 ans accomplis le plein et entier exercice de tous les droits politiques en dispensant la femme mariée de toute autorisation maritale pour exercer les dits droits.» Pour la première fois dans l'histoire d'Haïti, une femme, Madeleine Sylvain-Bouchereau brigue la fonction de sénateur aux élections de 1957.
- Pour la première fois, une femme, Lydia Jeanty, est nommée sous-secrétaire d'Etat. Elle ne restera en poste que pendant les 56 jours du gouvernement provisoire de Franck Sylvain.
1974, Avr: Sous l'égide de la Commission interaméricaine des femmes, un séminaire pour femmes responsables est tenu à Port-au-Prince. Y participent des déléguées de sections rurales du pays et des professionnelles des villes réunies dans la préoccupation de poursuivre le travail entamé 40 ans plus tôt par La Ligue féminine d'action sociale pour une participation plus active de la femme au développement du pays.
1987: Election de la première femme, Myrlande Manigat, au poste de sénateur (département de L'Ouest).
1989: Instauration (par le gouvernement Manigat - Célestin) du premier Secrétariat à la Condition féminine.
1990: Par nomination et à titre provisoire, une femme, Me Ertha Pascal-Trouillot occupe pour la première fois le poste de président de la République.
1994: Remise en fonctionnement par le gouvernement Aristide du secrétariat (devenu ministère) à la Condition féminine.
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Le vent du féminisme - Femmes Haitiennes remarquables
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Le vent du féminisme
1934: année charnière de notre histoire. Renaissance civique? Volonté farouche de l'Haïtien de se prendre enfin en main? La désoccupation américaine fera place nette à un nombre imposant d'initiatives et de regroupements de tous genres où, dans l'euphorie des lendemains qui chantent, assidûment vont s'acharner hommes et femmes, à creuser des sillons nouveaux au quotidien haïtien.
D'un apport appréciable se feront les femmes à des moments forts de la longue lutte en faveur de cette désoccupation. Dès la création de l'Union patriotique (juillet 1915) et au fil de l'implantation de ses 41 filiales de province, en effet, nombreuses les retrouvera-t-on déjà, dans les maisons, les marchés et les lieux publics, occupées à la collecte de fonds indispensables aussi bien au soutien d'une campagne intérieure assidue contre l'occupant que pour l'envoi de délégués chargés de faire valoir, aux Etats-Unis mêmes, auprès d'instances influentes, les doléances haïtiennes. Quand, suite à une décision de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté d'ouvrir sur place une enquête sur le maintien d'une occupation de plus en plus décriée, arrivèrent, en 1926, à Port-au-Prince les délégués Paul Douglas, Emily Green Balch et Grace Watson, ce furent par les
représentantes de cette Ligue en Haïti, Mmes Eugénie Malebranche-Sylvain et Pierre Hudicourt, qu'ils furent reçus et guidés. Enfin, nous devons à une initiative également féminine, en l'occurence celle de Mmes Perceval Thoby, Thérèse Vieux-Clesca, Justinien Ricot, l'organisation, en 1930, de cette grande manifestation pacifique qui défilera dans les rues de la capitale à seule fin de notifier à la Commission Forbes cette volonté unanimement partagée de voir l'occupant débarrasser le sol d'une présence indésirable(1).
Si éloquents que puissent paraître ces faits cependant, ce n'est pas moins dans ce bouillonnement multiforme de la désoccupation, qu'avec la fondation notamment d'une association pour l'émancipation de la femme haïtienne, que se précisera l'émergence d'une conscience clairement affirmée des femmes d'assumer formellement leur part de responsabilité dans la vie politique de leur pays. Ainsi naîtra, le 3 mars 1934, à rebours, dirait-on, d'un certain piétinement du mouvement féministe international, la Ligue féminine d'action sociale, premier regroupement féministe haïtien qui, peu de jours après sa création, du reste, se verra frappé de l'interdit de fonctionner d'un gouvernement ombrageux de son seul programme jugé alors par trop subversif et ambitieux(2). Mais un vide était à combler, tâche pour laquelle semblait alors prête et armée une volonté haïtienne de sortir des ornières étriquées et de la voie de garage des bonnes œuvres. Pour déjouer la censure et s'arracher un droit de cité, réunies en comité de direction, Madeleine Sylvain, Alice Garoute, Fernande Bellegarde, Olga Gordon, Thérèse Hudicourt, Marie Corvington, Alice Téligny-Mathon, Esther Dartigue, Maud Turian et Georgette Justin, sauront faire prendre un visage plus complaisant à un programme dont l'objectif, reformulé, se réduit cette fois-ci malicieusement à un seul point: l'amélioration physique, économique et sociale de la femme haïtienne.
Grâce à l'imposante conviction et l'esprit de combat de ces femmes en qui, bien vite, on croit découvrir des suffragettes enragées, l'action de la Ligue, telle une traînée de poudre, s'étendra aux principales villes du pays. Ici le ralliement de groupements de femmes existantes. Là, la création de filiales par des représentantes locales ou déléguées: Port-de-Paix (février 1935 / Mme Colbert Saint-Cyr, présidente), Saint-Marc (septembre 1935 / Mme Jérome Adé, présidente), Les Cayes (octobre 1936 / Mme Albert Stacco, présidente), Jacmel (1937 / Emmeline Carries-Lemaire), Pétionville, Léogane, Gonaïves, Cap-Haïtien... S'arc-boutant à une ardeur jusque-là insoupçonnée, ces entreprises se révèlent alors innombrables: sensibilisation et éducation civique de la femme, cours du soir pour les ouvrières des quartiers populaires, caisse coopérative populaire, conférences à travers le pays, création de bibliothèques pour les membres, ouverture d'un foyer ouvrier, pétitions aux instances concernées pour l'augmentation du nombre des écoles de filles, la création de lycées féminins, la réclamation d'un salaire égal pour un travail égal... et il n'est pas jusqu'à la prostitution qui ne se verra l'objet de réquisitoire comme en témoigne cette pétition pour la fermeture des maisons closes.
Nous ne saurions, sans risque de réduction, faire de ce regroupement le fer de lance de ce remous qui, à l'époque, semble porter les femmes au plus avant de la scène. Force nous est, néanmoins, de constater que sa création coincide étonnamment avec l'apparition dans la vie publique de toute une pléthore de femmes agissant non plus dans le cadre ou le courant de mouvements déjà lancés mais au sein de regroupements à vocation et d'initiative toutes féminines(3). D'un ferment appréciable également semblent avoir compté ses interventions constantes dans l'éclosion spontanée ou non de certains mouvements qui, bien que d'une gestation quelquefois sans véritable lendemain, ne manqueront nullement d'être à l'époque d'un poids pour le moins significatif. Ainsi en sera-t-il par exemple de celui du Lycée des Jeunes Filles, troisième établissement scolaire à gagner les rues et à défier la matraque policière dans les manifestations de 1946 en faveur des libertés démocratiques, de celui plus organisé du Comité d'Action féminine, constitué le 8 janvier 1946, «en vue de prendre une part active à la lutte en cours et d'obtenir l'égalité civique et politique», du mouvement enfin qui verra plus tard l'adhésion à la cause féministe d'organisations politiques tels le PSP, le PCH et Combat(4), sans oublier également l'action clandestine de groupes de femmes lors du soulèvement qui culminera à la chute de Magloire en 1956(5).
Féminisme
Au niveau des interventions publiques et, cette fois-ci, à portée nettement plus sensibilisatrice, la Ligue ne se révélera pas moins remuante et créative. En effet, moins d'un an après sa création, elle compte déjà à son actif la publication de La Voix des Femmes(6), dont l'objectif n'est pas moins d'être tout à la fois un organe de ralliement qu'un outil d'élévation de la conscience féminine. On la verra également, suite à l'invitation du Commissariat général de l'Exposition internationale du Bicentenaire de Port-au-Prince, en avril 1950 (10 - 15 av.), entreprendre avec succès, sous la présidence de Mme Lucienne Heurtelou-Estimé, première dame de l'époque, le premier Congrès national des femmes haïtiennes qui, fait sans précédent dans notre pays, réunira les déléguées de 44 associations féminines haïtiennes et 32 déléguées de 17 organisations étrangères et internationales de renom(7) dont Fortuna Guéry(8) (en 1952, La Ligue s'est affiliée à l'Alliance internationale des Femmes). Et enfin, acquis considérable, après une longue lutte qui aura duré 25 ans et où, tour à tour calomniée et bafouée, elle verra quelquefois ses adhérentes sévèrement molestées, elle parviendra, couronnement d'efforts suprêmes, à obtenir en 1950, le droit de vote et d'éligibilité des femmes à tous les postes électifs(9).
A son actif également, l'élection aux municipales de 1955 de 8 femmes aux mairies de plusieurs villes du pays et une présence encore plus marquée aux élections de 1957 où, Madeleine Sylvain-Bouchereau se retrouvera en lice pour le siège de sénateur du département de l'Ouest, faisant ainsi figure de première femme de notre histoire à briguer un poste acquis, du reste, à une femme trente ans plus tard avec l'élection en 1987 de Myrlande Manigat.
N'est-il pas regrettable néanmoins que, tournant le dos à leur propre espace de combat, certaines adeptes des plus influentes de la Ligue, auxquelles incombait impérieusement le maintien, à tout prix, au sein de leur mouvement, d'un climat d'unité, seul propice à la poursuite d'un idéal commun, aient résolument choisi, pour la circonstance, de faire d'un parti influent de l'heure, en l'occurence celui de Déjoie, leur créneau de lancement, ce qui, quand on connaît l'intolérance qui, en tout, semble de règle en Haïti, ne risquait pas d'être sans conséquence pour la Ligue. Toujours est-il que l'échec de ce parti, qui aurait joui du soutien de la majorité de ses membres, des raidissements même au sein du groupe, lot habituel de ce genre d'implication, pour ainsi dire, partisane, qui n'ont pas manqué alors de s'ensuivre, affectant à mesure les contours déplorables d'une zizanie rancunière et destructrice, semblent avoir précipité, l'année même de ces élections, l'émiettement d'un mouvement qui a jalonné d'acquis, aujourd'hui encore si tangibles, plus de vingt-cinq heureuses années de lutte et d'émancipation féminines, et ce, avant même que le lourd manteau de silence que constitue le long règne du duvaliérisme n'achève de le réduire à néant.
C'est donc brisée et en lambeaux et comptant derrière elle ses années les plus fructueuses, que la Ligue féminine d'action sociale s'apprêtera à affronter les années de plomb. Délogée en 1957, sans préavis, du local où elle tient la permanence à l'avenue Marie-Jeanne, ses archives mises à la rue, ses membres pivots terrées ou en exil, la Ligue n'a jamais été officiellement dissoute mais n'a gardé qu'un comité minimal dirigé par Lydia Jeanty, Solange Dominique puis Marie-Thérèse Colimon-Hall entre autres. On ne lui rapporte pour la période aucune action significative.
Le féminisme haïtien se retrouve alors à son étiage et il faut attendre les années 80 pour que, alimentée par une jeune étudiante, une timide résurgence tente de percer au jour. Marie Laurette Destin alors, crée et préside le Mouvement féministe haïtien qui, dans une perspective plutôt marxiste, se propose de dépasser l'action de la Ligue, rechercher contre tout statisme «d'autres formes d'avant-gardisme pour dépasser les vieilles échappées (intellectuelles) et aborder de front les vrais problèmes d'aujourd'hui»(10). A l'exception de ces quelques articles de journaux que signera sa présidente, rien malheureusement ne semble avoir survécu de ce remous resté en rade.
Une tentative de regroupement et de redynamisation de la Ligue initiée en avril 1986, deux mois après la chute de Duvalier, a pu réunir 150 de ses membres. Aujourd'hui, ne comptant plus que quelque 90 adhérentes, la Ligue voit ses actions et toute son ardeur passées refluer de plus en plus dans l'assistance sociale. Une de ses œuvres, le foyer Alice-Garoute créé par Madeleine Sylvain-Bouchereau dans les annees 50 à Tabarre et qui abrite aujourd'hui une école professionnelle, un centre d'alphabétisation des adultes (de préférence femmes), un club de mères, un centre nutritionnel, et le dispensaire Madeleine-Sylvain, a quand même pu défier le temps, et est animée par Hedwige Gaillard avec l'appui de quelques membres actifs. La présidence de la Ligue est actuellement assurée par Paulette Poujol-Oriol.
(1) Madeleine Sylvain-Bouchereau, Femmes haïtiennes, op.cit. p81.
Claude Moïse, Constitution et luttes de pouvoir en Haïti, Tome 2, p287.
(2) Pour atteindre ses objectifs, la Ligue s'était fixé les buts suivants clairement formulés dans ses statuts: a) contribuer à l'amélioration physique, intellectuelle et morale de la femme haïtienne pour la rendre consciente de ses devoirs sociaux; b) résoudre les problèmes concernant le protection de l'enfant; c) faire reconnaître l'égalité civile et politique de l'haïtienne.
(3) Notre lecture ne se prête malheureusement pas à un listing exhaustif de toutes les femmes actives de l'époque, nous nous devons par contre de signaler qu'elles étaient nombreuses en effet, ces femmes dont l'implication a été déterminante dans la lutte engagée. (Pour en savoir plus, voir: Le Féminisme, 1951, publication de la Ligue)
(4) Direction du Comité d'Action Féminine: Mme Jacques Roumain, présidente, Mme Max Sam, vice-présidente, Jacqueline Wiener-Sylvera, secrétaire, Léonie Coicou-Madiou, secrétaire-adjointe, MMes Edmond Gaetjens, Claire Jaeger-Pressoir, Odette M. Roy... conseillères.
(5) Madeleine Sylvain-Bouchereau, op.cit. p241 et suiv.
(6) «La Voix des femmes, concrétisation de l'ardent désir des femmes de marquer leur présence dans le développement de la vie nationale. Le périodique, excellemment dirigée par Jeanne Perez, secondée par Mme Cléante Desgraves-Valcin et Mme André Laroche, va rapidement s'imposer à l'attention du grand public. Des représentantes qualifiées de la pensée féminine, Madeleine Sylvain-Bouchereau, Gilberte Vieux, Lélia Lhérisson, Yvonne Hakime-Rimpel, apporteront à la revue une collaboration appréciée qui contribuera à son rayonnement» Georges Corvington, Tome 7, p224.
(7) Ce congrès est, à date, le plus important réalisé en Haïti, tant par la rigueur de son organisation, le nombre et la variété des sujets abordés que par le nombre et la variété des intervenants. Les Vœux en 16 points qui en sortiront témoignent de la qualité des travaux et d'une vision intégrée de l'émancipation de la femme. Le Féminisme, 1951, publication de la Ligue féminine d'action sociale.
(8) Fortuna Guéry, enseignante à l'Ecole normale, professeur unique et attitrée des filles du président Louis Borno, inspectrice générale des écoles sous la présidence d'Estimé (la première femme à occuper ce poste?), amie des plus grandes personnalités politiques est une des femmes en vue de l'époque. Nommée par le président Magloire, représentante de la Femme haïtienne à la Commission de l'ONU travaillant sur le statut de la femme (elle y siégera dix ans), elle est aussi membre de la Ligue féminine d'action sociale, et participera donc à ce Congrès au double titre de membre du Comité des fêtes et déléguée de la Commission interaméricaine des femmes.
(9) Il est intéressant de signaler à ce propos que le premier document juridique international qui établit ce principe d'égalité des droits politiques, à savoir la Convention sur les droits politiques de la femme, ne sera adoptée par l'ONU que deux ans plus tard (1952).
(10) Le Petit Samedi soir, no.571, pp20-26
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Femmes Haitiennes remarquables
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Victoire Jean-Baptiste
1861 - 1923
Plus connue sous le surnom de «La Belle Victoire» dont elle sera gratifiée par une malice populaire jamais en défaut(1), Victoire Jean-Baptiste est cette paysanne analphabète, originaire de l'habitation Campêche à Milôt, qui, en dépit de l'indignation toute bourgeoise du tout Port-au-Prince, l'inquiétude du ministre de France à Port-au-Prince(2), et le désespoir où se trouve une Délégation apostolique, qui trouvera mieux son compte à feindre d'ignorer sa présence à certaines cérémonies officielles, «...domina quelque temps la vie politique haïtienne, avec le privilège de nommer et de révoquer, à sa guise, ministres et fonctionnaires, de mettre en selle et sur le chemin de la Présidence Tirésias Simon Sam ou de tenir en laisse le plus terrible et le plus irascible de nos présidents, Florvil Hyppolite».(3)
Repérée au Cap autour de ses 16 ans, Victoire semble, à cet âge déjà, faire les frais amusés de ces conversations badines dont semble si friande la métropole du Nord quand, après de banales aventures, elle se laisse prendre, ainsi qu'il en est de beaucoup d'autres jeunes filles avant elle, aux filets du séduisant Oswald Durand. Meurtrie de cette idylle éphémère, tout au goût du poète d'Idalina et de Choucoune, elle serait retournée, après quelque temps d'une vie précaire, à son village natal où l'on perd malheureusement toute trace d'elle. On ne la verra resurgir qu'aux environs de 1886 (elle a alors 25 ans), période probable où la ville du Cap se fait l'écho de ses ébats avec Tirésias Simon Sam avec qui semble se nouer une aventure, de très courte durée certes, mais qui ne l'empêchera nullement de lui vouer, nous le verrons, une reconnaissance profonde et non moins profitable.
Autour de cette époque également, doit dater, avec sa rencontre de Mme Gélin Hyppolite (mère du futur président) qui la recueille chez elle et décide d'utiliser ses services au sein de la famille, ce premier rendez-vous tant souhaité avec une bonne fortune qui de longtemps ne démordra pas. Victoire Jean-Baptiste, alors à son plein épanouissement de jeune femme, se verra aimée d'un homme, (Chéry Hyppolite, fils de Florvil Hyppolite, futur député du peuple) qui, loin de l'esprit de passade dont semblaient animés ses précédents amants, a tôt fait de la sortir de cette situation en tous points pénible qui avait semblé jusque-là son lot, et, se faisant fort de l'installer sur ce pied de respectabilité qui seul lui paraît digne d'une maîtresse si bien pourvue en attraits, lui ouvre, peut-être ainsi, les portes d'une réussite et d'une splendeur sans doute jamais imaginées.
En effet, lorsqu'en octobre 1889, l'ombrageux Hyppolite, victorieux de la guerre contre Légitime, prend soin, avant de se rendre en triomphe à Port-au-Prince, de constituer de gens sûrs et bien en main (de préférence ses concitoyens) son escorte et sa maison, la femme de confiance pressentie pour assurer l'intendance de sa cuisine et de sa cave se faisant impatiemment attendre, c'est à Victoire Jean-Baptiste, on le devine, au charme de laquelle ne semble nullement insensible le colérique général, que se trouve tout naturellement confiée la besogne. Celle-ci, du jour au lendemain donc, se voit coquettement et confortablement installée à la capitale. Alors se fera jour une ascension, l'une des plus singulières et fulgurantes de notre histoire, qui la verra d'abord prendre pied au Morne-à-Tuf puis, une fois établie son influence grandissante et tapageuse sur un homme dont entre-temps, à la mort de Chéry en 1893, elle serait devenue la maîtresse (influence qui, on l'a vu, ne manque pas d'alarmer et à laquelle on soupconne n'être nullement étranger certain don de vision, bien utile à découvrir à temps pièges et conspirations au président), au Palais national même, où, parée de prestigieux atours, elle semble, au grand dam de ses détracteurs, faire tranquillement office de mascotte et presque de première dame.
On serait sceptique et en droit de se questionner sur la toute-puissance qu'on reconnaît alors à Victoire si les faits rapportés ne paraissaient d'une éloquence si désarmante. Le président Hyppolite ne permettant «jamais à quiconque de s'opposer à ses ordres ou à ses moindres désirs», Madame Victoire, pour s'être vu refuser le paiement par le ministre des Travaux Publics, le réputé Brénor Prophète, d'une somme considérable réclamée sous prétexte de travaux effectués à la résidence secondaire du président à Mon Repos, obtient immédiatement sa révocation dans le même temps qu'elle parvient sans difficulté aucune à la nomination de Tirésias Simon Sam au Ministère de la Guerre (31 décembre 1894). A un moment où le pays est dans une situation financière critique, des sommes substantielles sont assez régulièrement prélevées des caisses de l'État à son bénéfice personnel et le président lui fait don de maintes habitations dans le Nord dont celle de Bayeux (à Port-Margot) où elle entreprend une plantation de canne à sucre sur grande échelle avec projet d'installation d'une sucrerie.
24 mars 1896: Florvil Hyppolite meurt d'un arrêt cardiaque en prenant bien soin, quelques temps avant, de prier son médecin-ami, le Dr. Louis Audain, «de protéger Victoire, par tous les moyens, (...) J'apprécie beaucoup cette femme pour tous les services que j'ai reçus d'elle». Accompagnée donc de Lhérisson (fils du président, commandant sa cavalerie), elle sera, l'après-midi du même jour, mise à couvert à la Légation de France jusqu'à ce que, rassurée par l'installation à la présidence de son ancien ami, Tirésias Simon Sam, elle retourne s'installer au Cap-Haïtien.
Là, à mesure que passent le temps et cette colère qui ne manquait pas de poindre à son nom, on n'entendra presque plus parler d'elle. Sans doute lui connaît-on, avec Edouard Jérome, courtier d'origine martiniquaise, avec qui elle vit en honnête plaçage, un amant des charmes tardifs, mais l'étoile de la chance semblait avoir depuis longtemps tourné et c'est à grand peine, nous dit-on, ses affaires jadis si prospères ne cessant au fil des ans de péricliter, que l'on parvient à sauver de la débacle ces maigres débris qui suffiront sans doute à peine à assurer des vieux jours que l'on imagine plutôt pénibles. Elle meurt le 6 juin 1924 à l'âge de 62 ans. Ses funérailles chantées à la loge «l'Haïtienne» du Cap dont Edouard Jérôme est alors le vénérable, et qui passent inapercues, verront la disparition à tout jamais d'une femme, la plus audacieuse s'il en fût, mais dont le nom, évocateur de gracieux ébats, demeure à jamais gravé dans cette chanson où le peuple, comme pour se venger «d'un chef d'Etat dont chaque froncement de sourcil faisait trembler la République», (faisant fond sans doute sur de possibles infidélités de la dame) se plaira à s'imaginer son rival mieux partagé en amour:(4)
Bonswa dam n a prale dodo (ter)
Ce soir chez la Belle Victoire
(1) Surnom qui se verra immortalisé dans cette méringue bien connue, l'une des rares chansons urbaines à parvenir jusqu'à nous.
(2) Lequel Ministre de France, à demi scandalisé, prendra vite soin d'en toucher mot au Quai d'Orsay.
(3) J. Fouchard, Regards sur l'Histoire, pp103 et suiv.
(4) Georges Corvington,, op.cit, Tome IV, p58.
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Femmes Haitiennes remarquables- Pauline Brice-Thézan
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Pauline Brice-Thézan
1845 - 1893
L'affectueux portrait qu'a laissé Alice Garoute de sa mère Pauline Brice, évocateur, sans nul doute, de l'atmosphère singulièrement tapageuse de notre fin de siècle, nous donne à contempler, d'une folle mais attachante témérité, une femme, une héroïne, devrions-nous dire, à qui n'ont fait défaut qu'une fonction politique, ou mieux encore, des épaulettes pour se voir l'intérêt d'un chapitre de nos manuels d'Histoire.
Sœur du général Broussais Brice «qui lui faisait confiance et la consultait presque toujours avant de prendre une décision grave»(1), elle ne manquera pas, lors de cette guerre civile de 1868 qui, pour la deuxième fois, verra notre pays scindé en trois Etats, de faire montre d'une trempe d'âme toute particulière quand, tous les siens emboîtant prudemment le pas au général Brice parti dans la Grande-Anse retrouver l'insurrection, elle fera le choix de rester seule à Port-au-Prince braver la fureur et l'affolement du président Salnave. Tentative du gouvernement de l'Etat central d'intimider sa famille? Elle se retrouvera alors en prison où elle se liera d'amitié avec Mme Nord Alexis «gardée en otage» elle aussi, son mari comptant au nombre des insurgés les plus en vue du Nord.
Grâce à l'intercession de quelques amis influents cependant, Pauline Brice ne tardera pas à être libérée et aussitôt dehors, se mettra en frais d'organiser l'évasion de Mme Nord Alexis. Quelque temps après, en effet, se faisant un complice du fils d'un geôlier, gagné tout entier durant son court passage en prison, elle se fera amener la dame Alexis que, dans la cour de la loge maçonnique attenante à la prison, elle viendra en personne accueillir la nuit de l'évasion pour la conduire à couvert dans une légation étrangère.
Sachant pertinemment de quoi était capable «cette race Brice», le président Salnave ne tardera pas alors à ordonner au général Florvil Hyppolite, commandant de l'arrondissement de Port-au-Prince, l'arrestation de Mme Brice, aussitôt soupçonnée. L'ordre d'arrêt lui ayant été signifié, elle profitera de quelques minutes gracieusement accordées pour troquer ses vêtements contre le port et les habits plus communs de sa servante et parviendra, ainsi accoutrée, à tromper la vigilance des nombreux gardes en faction et à gagner le Consulat de France.
Loin d'être à court de simulation, comme pour narguer l'interdiction qui lui est faite de quitter Port-au-Prince — Salnave craignant sans doute un abouchement de renseignements précieux avec son frère —, un soir que des officiers francais, venus répondre à une de ces soirées gracieusement données, s'étaient présentés au consulat, elle soudoiera le matelot porteur de falot leur servant de guide et laissera la ville travestie en cet état.
L'impénitente audace de cette femme verra son couronnement dans l'initiative qu'elle prendra cette nuit de 1879 de sauver la famille du chef du parti libéral en exil, Boyer Bazelais, des répresailles d'un gouvernement (celui de Salomon), peu scrupuleux en la circonstance des prescriptions d'une Constitution abolissant la peine de mort en matière politique. Avertie des perquisitions devant être opérées chez le consul anglais Byron(2), refuge de la famille Bazelais et cache d'armes occasionnelle des insurgés, elle passera la nuit entière, (ainsi que sa fille Eugénie Cajuste et Télécile Michaud, servante dévouée de sa famille) juchée sur une échelle à entreprendre de débarrasser fusils et munitions dans une maison voisine du consulat, occupée à l'époque par le couple Luders, assez compréhensif et courageux en l'occurence, pour ne rien trouver à redire d'un chargement aussi compromettant venant terminer son affolante course dans ce puits encore en usage où il est soigneusement englouti.
Les temps n'étaient plus les mêmes, quand le 22 septembre 1883, en représailles à l'insurrection bazelaiziste, «une populace déchaînée pilla et incendia les quartiers habités par les libéraux»(3), Pauline Brice, qui aura pourtant le cran de tenir tête six ans plus tard au président Florvil Hyppolite jusqu'à le rendre «fou de colère», n'aura d'autre recours que de gagner l'exil à Kingston où, pendant cinq ans, se privant, s'endettant quand il le fallait, elle fera de sa maison «l'Auberge de l'ange gardien où tous les Haïtiens amis ou inconnus étaient sûrs de trouver substantiel repas, paroles réconfortantes»(4).
Pauline Brice-Thézan mourra dans la nuit du 29 au 30 juillet 1893, à 48 ans.
(1) Alice Garoute, Femmes haïtiennes, op.cit. p118.
(2) Le consul Spencer Saint Jhon, tout comme d'autres représentants du corps diplomatique, le commerce étranger et le clergé romain, auront joué dans cette crise un rôle non négligeable, en soutenant en effet «matériellement et moralement les possédants nationaux menacés». Voir André Georges Adam, Une crise haïtienne, 1867-1869, Sylvain Salnave, p 158 et suiv.
(3) Dr. J.C. Dorsainvil, op.cit.p265.
(4) Alice Garoute, op. cit. p122.
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Femmes Haitiennes remarquables- Juliette Bussière Laforest-Courtois
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Juliette Bussière Laforest-Courtois
1789 - 1853
Singulier et bienfaisant, le passage, dans notre vie publique, de Mme Bussière Laforest-Courtois revêt, pour quiconque s'interroge sur le lent cheminement et la portée des conquêtes féminines en Haïti, une importance considérable. En effet, dans un jalonnement tout d'éclats d'ordre militaire et politique, il constitue les premières marques de la femme haïtienne vers ces horizons neufs et autrement riches de retombées que sont l'éducation et le journalisme et, à ce titre, se doit d'être, aux yeux d'une histoire attentive, d'une place enviable et de premier choix.
De parents affranchis et d'une relative aisance, Juliette Bussière Laforest naît au Cap-Francais en 1789. Accompagnant très jeune à la Métropole un père, alors représentant du peuple à la députation du Nord, elle y passera une forte partie de sa jeunesse consacrée à l'acquisition d'une solide formation, et y épousera Joseph Courtois qu'elle accompagne à son retour en Haïti en 1816.
1818 voit le couple Courtois créer et animer à la rue des Fronts-Forts, La Maison d'Education, externat et premier pensionnat mixte du pays où Mme Courtois, bonne musicienne et professeur de piano, assumera la direction exclusive des filles en matière de musique et de littérature. Quoique partageant avec ces quatre autres institutions (Buenrostro, Charpentier, Mérès et Durand) seules à ouvrir alors leurs portes aux demoiselles cet enseignement rudimentaire dénoncé par Darfour comme un palliatif ne servant qu'à rendre plus coquet «le sexe»(1), sa fermeture 10 ans après, en 1828, ne fera pas moins sentir un vide énorme dans le milieu, lequel vide ne sera réellement comblé qu'en 1850 (sous Soulouque) avec la réouverture du Pensionnat national de demoiselles et, distinction impériale oblige, du Collège Olive à l'intention des jeunes filles de l'aristocratie impériale.
Son retrait ne la rendra que plus disponible pour la rédaction et l'administration de La Feuille du Commerce, quotidien fondé par le couple et qui, près d'un siècle avant la fondation par Anna Augustin en 1923 de l'éphémère revue Fémina, la verra prendre rang, ce qu'on oublie trop souvent de signaler, comme première femme journaliste du pays(2). En effet, sous des régimes politiques où tout «écart» pouvait être passible de peine capitale, on la verra dès 1824, aux côtés de son mari d'abord puis seule, assurer la parution régulière et la survie, 42 ans durant, d'un quotidien dont la détermination semble tout entière tenir dans cet épigraphe: «L'arbitraire est de toute impossibilité tant qu'il existera libre publicité».
La Feuille du Commerce devenant autour de 1830 «l'organe par excellence de l'opposition contre Boyer, en 1832 Courtois est condamné à trois années d'emprisonnement pour avoir outragé le Président d'Haïti, le Sénat et la Chambre». Les 22 mois qu'il passera alors en prison ne sont qu'un prélude aux malheurs et aux vicissitudes sans nombre du couple car, ne se laissant nullement désarmer par cette intolérance de rigueur à l'époque déjà, Joseph Courtois, peu de temps après la montée de Soulouque, se verra encore une fois arrêté, jugé pour délit de presse par le grand corps du Sénat, transformé pour la circonstance en Haute Cour de Justice. Tout au cours de ce procès, qui ne dut qu'à l'intercession du consul francais Maxime Raybaud de ne pas tourner au tragique, celui-ci ayant obtenu de justesse que Courtois fût envoyé en exil, cette femme «allait attendre son mari à la Conciergerie, marchait à côté de lui au milieu des baïonnettes et, après chaque audience, elle le reconduisait jusqu'à la prison. (...) Elle portait sous son châle, deux pistolets et deux poignards (... ) pour aider son mari à se défendre ou pour mourir avec lui si on tentait de l'assassiner» (3).
La commune logique eût voulu que Mme Courtois à défaut de suivre son mari, cessât cette publication qui, tout compte fait, lui était d'un coût immense. La Feuille du Commerce pourtant continuera à s'imprimer sous ses bons soins jusqu'à sa mort le 24 décembre 1853 qui en laissera la succession à son fils, Joseph Alcibiade Courtois.
(1) Thomas Madiou, op.cit., Tome VI, p21.
(2) Le nom de Juliette Bussière Laforest-Courtois ne figure pas dans la liste de journalistes de 1804 à 1934 compilée dans Haïti à la Une de Jean Desquiron. Nous voulons présumer que l'auteur ne tendait pas à l'exhaustivité et nous avons été rassurées qu'il ait pris soin, plus loin, de signaler que Madame Courtois assura «la direction et l'administration du journal» les dix années qui suivirent l'exil de son mari. Desquiron, Haïti à la une, Tome I, p174
(3) Extrait du Dictionnaire biographique de Duraciné Pouilh, dans Femmes haïtiennes, pp83 et suiv.
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Femmes Haitiennes remarquables !Marie-Madeleine (Joute) Lachenais
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Marie-Madeleine (Joute) Lachenais
1778 - 1843
Aucune femme, sinon Joute Lachenais, n'aura eu, dans l'histoire de notre pays, ce privilège combien rare d'une présence aussi constante dans les coulisses et les dédales du pouvoir. Et en y faisant sentir 36 ans durant (de 1807 à 1843) un empire si visible, aucune non plus ne parviendra à établir ainsi, haut la main, ce record d'ascendance unique dans nos annales qui lui vaut d'une histoire malicieuse cette appellation singulière de «présidente de deux présidents».
Outre évidemment ce qui devait tenir d'un attachement d'ordre affectif et sentimental, on demeure perplexe de ne rien trouver de saillant à sa présence continue au palais présidentiel aux côtés d'Alexandre Pétion; on l'est davantage quand on sait qu'à la mort de celui-ci, évoluant encore dans les allées de ce palais, seul lieu de tout le pays vraisemblablement digne de ses pas, Mme Lachenais, dans une impassibilité de marbre, oserait-on dire, sera «tout naturellement» à attendre la nomination du général Jean-Pierre Boyer, lequel, on le sait, viendra prendre la succession et du président et du conjoint; abasourdi on est enfin qu'une figure aussi exceptionnelle n'ait jusqu'à présent fait l'objet d'aucune biographie étendue et sérieuse, ce qui, bien entendu, nous aurait valu aujourd'hui de pouvoir fournir plus amplement réponse à cette troublante et lancinante question: Qui était Joute Lachenais?
Marie-Madeleine (dite Joute) Lachenais serait née à l'Arcahaie en 1778 (1782 selon Corvington) de Marie Thérèse Fabre et du colon de Lachenais. En 1802, de son union avec Marc-Joseph Laraque, commandant de l'Arcahaie, lui est née une fille. C'est Marie-Joseph Laraque dite Fine (qui deviendra Fine Faubert, l'épistolière si touchante). On lui connaît également deux filles de Pétion: Célie et Hersilie, puis une de Boyer: Azema. Si ces faits jettent un éclairage bien que sommaire sur l'amante et la mère, ils semblent, par contre, d'un mutisme exaspérant en ce qui a trait à la politique, celle qui, peut-être, parce que bonne mère et bien-aimée compagne (comme la nomme Boyer dans sa correspondance), se révélera d'une emprise si profonde.
Pour la comprendre cette emprise, sans doute devons-nous garder continuellement à l'esprit cette image particulière d'une époque où, comme le signale Beaubrun Ardouin, «les femmes des officiers étaient autorisées à partir en campagne avec leur mari et qu'elles faisaient leur entrée triomphale dans la ville de Port-au-Prince caracolant avec fierté au milieu des officiers et des soldats». Toujours est-il, en tout cas, qu'elle ne manquera nullement de la mettre à profit et réussira «la plus étonnante manœuvre politique que jamais femme eût conçue sous notre ciel»,(1) en placant en orbite, pour la succession assurée de son conjoint, son favori et ami, Boyer. Elle n'a pas peu contribué auparavant à lui faire obtenir tous ses grades supérieurs (écartant ainsi des présumés successeurs, vétérans de haute valeur de l'armée tels Bonnet, Delva, Lys et bien d'autres), se réservant à l'occasion de le protéger délicatement des «irritations» grandissantes d'un époux que ne manquait d'assombrir une préférence un tantinet marquée. Dans les avenues onduleuses du pouvoir, rapporte-t-on, il était vain d'espérer se faire jour si, jouant d'assiduités et de constance, on ne se faisait fort d'obtenir auparavant l'oreille et les bonnes grâces de Joute ou, ce qui équivalait au même, celles de son favori dont l'influence, en dépit de tout, ne laissera étrangement de croître(2). Parlant de l'autorité que Pétion voulait rendre héréditaire, n'arrivait-t-il pas souvent qu'on fasse tout naturellement allusion au général Boyer lequel, bien que ni parent, ni allié du président, n'était pas moins considéré, étant donné ces étroites faveurs, comme membre à part entière de la famille?
On a peine à le croire, cette influence de Mme Lachenais, cette ascendance, disions-nous, ne se fera pas moins marquante après la montée de celui-ci au pouvoir. En effet, si malgré les lois votées par la Chambre en 1818 et en 1840, elle ne parvient point à obtenir de son parcimonieux favori, l'érection du monument en marbre fin qu'elle commande de Paris «et destiné à abriter les cercueils de Pétion et de Célie»(3) pas plus que celle «d'une chapelle pour recevoir les restes de Pétion à l'emplacement où celui-ci était né, rue de la Révolution»(4). Il arrive, par contre, qu'elle le fléchisse sur des dispositions autrement importantes. Ainsi donc, quand en 1838, ayant obtenu de la France cette levée de sanctions tant attendue et la renonciation à tous droits et prétentions sur le pays, Boyer, jugeant accomplie sa tâche, se décide à abdiquer le pouvoir, n'est-ce point elle qui, l'exhortant à y rester, parvient, cela va sans dire, à obtenir gain de cause? Quand, plus tard, elle apprend que le nom de Soulouque(5), gérant de ses habitations et également officier de la garde du président, figure en bonne place dans une liste de conjurés accusés de menées attentatoires à la vie du président, n'est-ce point encore elle qui, par une opportune intervention, arrive à obtenir, de l'inflexible Boyer lui-même, cette faveur combien insigne qu'il ne soit ni interpellé, ni inquiété? Quelques jours plus tard, le 3 juillet 1827, ceux des conjurés qui, ayant eu du mal à se mettre à couvert, s'étaient vus appréhendés, paieront tout bonnement de leur vie leur folle et audacieuse équipée.
La toute-puissance de Joute Lachenais ne contreviendra point cependant au vent d'opposition qui, faisant rage depuis Darfour et culminant au soulèvement contre Boyer, les voit prendre en 1843, le chemin de l'exil. «Dans la soirée du 13 mars, à 7 heures, Boyer pria le sénateur Madiou d'accompagner Madame Joute Lachenais jusqu'au rivage de la mer où la chaloupe de la corvette du «Scylla» attendait la famille présidentielle»(6) en prenant bien soin, peut-être par simple souci d'éviter qu'ils terminent leur vie dans la gêne — la fortune personnelle de Boyer selon B. Ardouin ne s'élevait même pas à 25.000 piastres —, de verser à Madame Joute Lachenais, deux jours avant de faire tenir au sénat sa lettre de démission, «... la somme annuelle que celle-ci, suivant le vœu de la loi du 27 avril 1818, aurait du recevoir du Trésor, et qui ne lui avait jamais été réglée. Il signa un ordre de paiement de 29.000 gourdes et plus dues à Célie Pétion»(7).
Après 36 ans de règne, une vie aussi bruyante d'ordres, aussi riche de démêlés de cour, pouvait-elle s'accommoder de routines différentes et des rigueurs astreignantes de l'exil? Quatre mois, en effet, après son départ du pays, le 22 juillet 1843, Joute Lachenais meurt à Kingston, Jamaïque. Boyer, dit-on, l'aurait épousée peu avant sa mort. Sa fille Hersilie mourra également deux ans après.
(1) Placide David, cité dans Femmes haïtiennes, op.cit. p67.
(2) Thomas Madiou, op.cit. Tome V, pp12-13.
(3) Célie Pétion est morte à l'âge de 20 ans, le 28 septembre 1925 des suites d'une fièvre pernicieuse. On lui reconnaissait de qualités humaines incontestables et une telle propension à servir que, malgré son jeune âge, on la comparait déjà à Claire-Heureuse Dessalines.
(4) (7) Georges Corvington, Port-au-Prince au cours des ans, Tome III pp83 et 93
(5) A ne pas confondre avec le futur empereur.
(6) Thomas Madiou, op.cit. Tome III, p470.
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Euphémie Daguilh
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Euphémie Daguilh
? - 1834
Parmi ces multiples noms de femmes retrouvés en bonne place au tableau d'honneur de Dessalines, un arrêt mérité s'impose sans doute, aujourd'hui encore, sur celui d'Euphémie Daguilh. Thomas Madiou dont l'œuvre, pour ne point faire dérogation, ne laisse de frapper comme étonnamment avare sur le chapître des éclats et des prouesses féminins, la dépeint en ces termes:«En nommant les autres, j'eusse donné des noms ne représentant rien. Mlle Daguille fut non seulement la maîtresse de l'empereur, mais un personnage vraiment historique, un cœur généreux, on peut dire presqu'une héroïne. Elle fit la campagne de l'Est en 1805. Souvent elle a bravé les balles et maintes fois ses mains délicates ont prodigué des soins aux blessés. Elle a joué un rôle honorable aux Cayes, pendant les jours qui ont précédé la révolte contre Dessalines.»(1)
Cette relation étroite entre la demoiselle Daguilh et Dessalines puiserait ses origines probables, s'il faut en croire Saint-Rémy des Cayes, dans ces circonstances particulières qui, au terme de la mémorable guerre du Sud, trouveront celui-ci aux Cayes où il avait pris ses cantonnements, dans un état de santé particulièrement précaire et alarmant. S'improvisant alors sa garde malade en titre, elle passe des nuits blanches à son chevet, et sait si bien se prodiguer à son endroit, qu'il en sortira, nous dit-on, comme un attachement indéfectible. Attachement auquel, dans le sillage de ce général à présent empereur, on devra également de la trouver à Santo-Domingo, lors de cette fameuse campagne de 1805, se dépensant, cette fois-ci, avec enthousiasme et en soins sans nombre pour les blessés. Désormais, l'entourage militaire de l'empereur doit compter avec la demoiselle Daguille. Jeune, pleine de grâces, elle n'aurait pas manqué non plus de se signaler, durant ce rude séjour, comme celle qui souvent donne élan et ton aux plaisirs et qui, lors de ces réjouissances folles que connaîtront alors le quartier général de Gaillard, sait également se montrer à l'occasion, compositrice enjouée d'airs qui feront vogue. De cette époque daterait le carabinier, danse dont elle est l'inspiratrice, et qui, décrétée danse impériale par Dessalines, survivra bien longtemps après son règne.(2)
Les relations de la demoiselle Daguille et de «son cher et bien-aimé Empereur» ne manqueront pas de prendre une tournure quasi «officielle» quand plus tard, imprimés aux frais de l'Etat, ses papiers à en-tête, porteront les inscriptions: Amie de Sa Majesté Jacques, Empereur d'Haïti (3) et que le trésorier des Cayes se verra dans l'obligation de solder des dépenses s'élevant quelquefois à de rondelettes et coquettes sommes. Cet argent servait-il réellement, ainsi que le laissent entendre les Mémoires d'un habitué de ses soirées, le délégué Balthazar Inginac(4), à entretenir les frais d'une police montée par elle pour conjurer les révoltes du Sud? Toujours est-il que Dessalines, qui aurait vu, durant son séjour aux Cayes, ces chiffres s'élever à la faramineuse somme de mille gourdes par jour et à qui la note détaillée de ces dépenses aurait été communiquée par un trésorier aux abois, ordonna de ne lui compter dorénavant que huit cents piastres par mois. On a la confirmation, pourtant, qu'elle tenait salon ouvert ce qui, en sus de l'agrément que ne manquait de tirer un esprit tout épris de fleurs mondaines, comportait l'avantage, les principaux chefs militaires ayant leur entrée chez elle, de mieux circonvenir des influences, pendant essentiel à cette athmosphère de surveillance rondement entretenue et qui la tenait parfaitement informée de complots qui, dans ce Sud aliéné à l'empire, ne manquaient sans doute pas de se tramer .
Ses multiples démarches pour essayer de les conjurer ne s'en révélèrent pas moins vaines. Quand la révolte éclata, la maison de Mlle Daguille fut envahie «par une foule de forcenés qui voulaient la maltraiter et la livrer à toutes sortes de brutalités. En femme d'esprit, elle sut se soustraire à leurs fureurs en leur servant un magnifique dessert et en les égayant de ses chants.»(5)
Après la mort de Dessalines, Euphémie Daguilh épousera l'un des principaux officiers du Sud, le colonel Bellefleur Lacoude, dont elle avait eu des enfants bien avant sa liaison avec l'Empereur. Elle meurt aux Cayes, sa ville natale, autour de 1834.
(1) Thomas Madiou, op. cit, Tome III, p361.
(2) Thomas Madiou, op.cit, Tome III, p335,
(3) Ce qui, dans une tentative de réhabilitation de notre héroïne, est présenté par Rulx Léon comme «l'affirmation de sa solidarité à la cause de l'empereur». Rulx Léon, Femmes haïtiennes, p 61
(4) Balthazar Inginac qui occupait alors la fonction de Directeur des domaines de l'Ouest avait été Délégué dans le Sud à la vérification des titres de propriété.
(5) Thomas Madiou, op cit, Tome III, p378.
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Mémoire de Femmes Haïtiennes, femmes créoles, suite !!!
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Je vous présente la suite des articles sur les femmes hérïnes d'Haïti.
Je reprends la série avec Marie-Claire Heureuse Dessalines, la femme de l'Emperuer et Père de la République d;Haïti Jean Jacques Dessalines.
1758 - 1858
A voir cette prestigieuse et solide notoriété dont semble, aujourd'hui encore, s'entourer le nom de Claire Heureuse, on est, à première vue, toujours tenté d'y voir le reflet magnifié d'un renom de cour, le produit du rayonnement d'un nom (celui du Fondateur),vivace et profus, tout au cours de notre histoire, et dont elle n'aurait été, en fait, qu'un des multiples effets. Pourtant, à la considérer de près, la gloire impériale, s'il en a jamais été, de cette femme qui a vécu centenaire, n'a -t-elle pas été, comparée à d'autres, que de très courte durée (1801-1807), et un regard même sommaire, par exemple, sur des contemporaines telles Suzanne Louverture et la reine Marie-Louise, épouses d'hommes d'Etat au demeurant, tout aussi célèbres que Dessalines (Toussaint Louverture, Henry Christophe ), ne les montre-t-il pas plutôt pâlotes et leurs noms, le plus souvent, relégués dans l'oubli? Force nous est donc, on le voit, de faire montre de plus de circonspection et de nous demander si, dans de cette étonnante vitalité d'un nom (il n'a cessé tout au long de l'histoire d'inspirer poèmes et pièces), n'entrerait pas beaucoup plus, tout bien consideré, le fait bien plus probant d'une attachante particularité qui n'a laissé de frapper tout au cours de la longue vie de Claire Heureuse.
Née en 1758 à Léogane, de Bonheur Guillaume et Marie-Sainte Lobelot, famille de condition modeste, Marie Claire Heureuse verra très tôt son éducation confiée à sa tante Elise Lobelot, gouvernante chez les religieux de l'ordre de Saint-Dominique. C'est dans cette atmosphère que l'on imagine toute de piété et de recueillement qu'elle aura à passer une vie dont on ne sait malheureusement rien sinon que l'heure venue, elle se donnera en mariage à Pierre Lunic, maître-charron responsable des ateliers de l'habitation des Frères de Saint-Jean de Dieu dont elle deviendra, du reste, assez tôt veuve (1795). Est-ce à mettre sur le compte d'une éducation fortement pétrie de préceptes bibliques, ou bien d'une disposition d'âme toute exceptionnelle? Cette femme, dont rien ne laisse présager une destinée d'impératrice, ne laissera très tôt de faire montre, vis-à-vis de qui la sollicite, d'une générosité et d'une disposition à secourir confinant tout bonnement à la sainteté et ce, fait remarquable dans un contexte meurtri de préjugés raciaux et des haines les plus larvées, sans discrimination de couleur ni d'aucune sorte.
Déjà lors du siège de Jacmel en 1800 — siège qui, aux dires de certains, lui vaudra, quoique sur une échelle certainement plus réduite, de figurer bien avant Florence Nightingale, comme la première infirmière de guerre connue de l'histoire — ne manquera-t-elle pas de se distinguer hautement à la considération de tous quand, nous rapporte-t-on, la ville ravagée par la famine et par la mort et au bord de succomber, elle parvient, par sa seule force de persuasion, à obtenir du général Jean-Jacques Dessalines, un des commandants des troupes assiégantes, et qu'elle verrait à l'occasion pour la première fois, l'autorisation de pénétrer dans les murs porter aide et assistance aux blessés? Et, «le surlendemain, on vit sortir de Léogane un cortège de femmes et de jeunes filles, montées sur des mulets courbés sur le fardeau des provisions alimentaires, des médicaments et divers objets de pansement.(...) Claire-Heureuse tira de l'angoisse, de la mort, des centaines de vieillards, de femmes et d'enfants. Elle alluma le feu sous des trépieds improvisés, éplucha les légumes elle-même..., on la vit déballer des caisses de médicaments et panser, avec l'aide de ses amies de Léogane, de nombreux blessés de guerre»(1).
L'attrait irrésistible des contraires jouant sans doute à plein encore une fois, on assistera en émoi, le 21 octobre 1801, tout juste après la guerre civile, à l'étonnant et incompréhensible mariage de cette femme au rugueux et vindicatif Dessalines. Elle ne laissera alors de conserver, même «au faîte des honneurs, toujours égales, son humeur, sa douceur, sa charité active, sa force de volonté dans le bien et son élégante simplicité de mœurs». Elle légitimera des enfants adultérins de son époux et plus tard, impératrice, continuera auprès des infortunés un engagement qui se poursuivra même après Pont Rouge. Se placant visiblement hors de ce temps de règlements de compte et de récrimination, son quotidien avec l'illustre tyran la voit redoubler de courage et de bon cœur, s'intéresser au sort des prisonniers, désapprouver publiquement la violence du massacre des Francais dont elle n'hésitera nullement, pour sauver nombre d'entre eux, à braver la fureur proverbiale de son mari. La scène est célèbre du sauvetage de Descourtilz, racontée par Descourtilz lui-même, qu'elle cache, sous son propre lit, et dont elle ne parvint à obtenir la vie sauve qu'à force de supplications, et, en dépit de la présence ce jour-là de nombre d'officiers et aides de camp, en se traînant à genoux et en pleurs, aux pieds de Dessalines(2).
Après la séquestration dont, aussitôt après son assassinat, furent l'objet les biens de Dessalines, Claire Heureuse qui, quoique sans moyen aucun de subsistance, n'accepte pas l'invitation de Christophe à s'installer dans la famille royale du Nord, ne tarda pas à tomber dans la gêne. Elle vécut dans l'indigence à Saint-Marc jusqu'au jour du 21 août 1843 où, suite à la requête bienvenue d'un membre proche du pouvoir, M.J. Charlot, le gouvernement consent à lui allouer une pension viagère annuelle de 1200 gourdes(3) dont elle jouit jusqu'en 1856, année où fut arrêté sous des accusations fallacieuses et exécuté sommairement (le 2 juin) sous l'empire de Faustin 1er le général César Dessalines (petit-fils de Jean-Jacques Dessalines). L'empereur manifestant peu après, à son retour de campagne, le cordial désir de lui faire ses hommages, elle ne le reçut point et crut bon de manifester publiquement sa réprobation en gardant ce jour-là portes closes. Pour attirer alors sa bonne grâce autant sans doute que pour poser au protecteur, l'empereur ne trouva pas mieux alors que de faire voter le 22 juin 1857 une loi qui, triplant la pension de la veuve Dessalines, la porte à 300 gourdes par mois. Claire Heureuse, offusquée et prise d'un profond dégoût, refusa catégoriquement de toucher désormais une pension dont l'augmentation si ostensible ne laissait aucun doute quant a l'intention réelle d'un gouvernement impérial aux abois et désireux, à grands renforts de moyens de faire oublier ses méfaits.
Un an après, aux Gonaïves où elle avait pris demeure chez Mme Chancy(4), son arrière-petite-fille, loin de tout bruit et de toute querelle, elle mourra, dans la nuit du 8 au 9 août 1858, dans le plus extrême dénuement.
(1) Le Document, op.cit. pp88-89.
(2) Thomas Madiou, op.cit. Tome II, p258.
(3) Thomas Madiou, op.cit. Tome VII, pp533-534.
(4) Mme Chancy est la petite-fille de la princesse Célimène, une des filles de son époux, légitimée au temps de gloire.
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Haiti-fete des meres
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La Ministre à la Condition Féminine souhaite bonne fête à toutes les mamans
La Ministre à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes, Madame Marie Laurence Jocelyn Lassègue a transmis un message de solidarité à l'endroit des mères haïtiennes, en ce dimanche 27 mai, date retenue pour commémorer la fête des mères en Haïti.
Au cours d'une conférence de presse donnée au local du ministère le jeudi 24 mai 2007, la Ministre a salué d'une façon spéciale toutes les mamans. « La Fête des mères est l'occasion de nous rappeler le rôle capital que jouent les femmes dans notre société et combien elles occupent une place de choix dans notre vie.» a-t-elle indiqué.
Toutefois, elle a souligné que la fête des mères ne s'inscrit pas seulement dans la capacité de reproduction des femmes. Selon Madame Lassègue, la fête des mères aura son vrai sens quand les pères haïtiens auront assumé leur responsabilité envers leurs enfants et leur famille.
Cette conférence a été l'occasion pour Marie Laurence Jocelyn Lassègue d'attirer l'attention sur les conditions difficiles des mères particulièrement les jeunes filles qui tombent enceintes prématurément. « Nous ne voulons pas ignorer la situation de plus de 520 à 600 mères sur 100 000 qui meurent lors des accouchements. Nous pouvons constater, d'après le rapport EMMUS IV, combien est fragile la situation des femmes lorsqu'elles accouchent », a-t-elle indiqué.
La Ministre a rappelé que le gouvernement Préval-Alexis s'est efforcé de stabiliser le pays afin que la population en général et les mères en particulier puissent vaquer à leur occupation dans la paix et la tranquillité.
Se référant à la déclaration du Premier Ministre Jacques Edouard Alexis à l'occasion de la fête de l'agriculture et du travail, à savoir la deuxième année de son mandat sera consacrée à la création d'emploi, Madame Lassègue a indiqué que son ministère fera en sorte que les femmes, notamment les mères trouvent du travail afin qu'elles puissent subvenir aux besoins de leurs enfants.
La Ministre à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes a annoncé que le gouvernement auquel elle appartient va travailler à l'amélioration des conditions des mères pour rendre plus joyeuse la fête dans les années à venir.
Tout en ayant une pensée spéciale pour tous ceux et toutes celles qui ont perdu leur mère, Madame Marie Laurence Jocelyn Lassègue souhaite une bonne fête à toutes les mamans. « Bonne fête à toutes les mamans, qu'elles aient enfanté ou soigné les enfants des autres», a-t-elle dit.
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Haiti - infrastructure
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L’emplacement du Parc Industriel de Tabarre critiqué par le professeur Fritz Deshommes
L’économiste Fritz Deshommes n’adhère pas à l’idée d’implantation d’un nouveau Parc Industriel dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. C’est une mauvaise chose, car cela pourrait contribuer à la création de bidonvilles dans les périphéries de la capitale, alors que le reste du pays est vide, a-t-il fait remarquer.
D’un commun accord avec les autorités publiques, le vice-recteur à la recherche à l’Université d’Etat d’Haïti pense que le secteur privé des affaires doit déterminer les endroits où placer les nouveaux pôles d’investissement et de création d’emplois.
A titre d’exemple, il cite le cas de la région du Sud ou nombre d’entrepreneurs s’activent depuis quelques années à mettre en place des infrastructures telles ports et aéroports en vue d’attirer des investissements. Ces infrastructures, une fois installées pourraient servir de facteurs d’entrainement de capitaux vers les villes de provinces avec pour effets directs le décongestionnement de Port-au-Prince et dans une certaine mesure la diminution du flux de nouveaux migrants vers la capitale.
De l’avis du professeur Deshommes ce projet de Parc Industriel inscrit dans la cadre de l’application de la loi Hope (Haitian Hemispheric Opportunities through Partnership Encouragement) ne doit pas venir compliquer davantage les criants problèmes urbains dans la capitale et ses environs.
Ce nouveau Parc Industriel sera construit dans la commune de Tabarre, sur l’habitation Fleuriau, à environ deux kilomètres de l’aéroport international Toussaint Louverture. Il s’étendra sur une superficie de 19,7 hectares. A côté des bâtiments dédiés aux installations proprement industrielles, le Parc accueillera notamment des annexes de l’Office National D’Assurance-vieillesse (ONA), de l’Office d’Assurance du Travail, Maladie et Maternité (OFATMA) et de l’Administration Générale des Douanes (AGD).
Idson Saint-Fleur.
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Haïti / Culturel
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Haïti / Culturel : Deuxième Edition du festival international de la musique haïtienne à Montréal, le 15 juillet 2007.
La deuxième édition du festival international de la musique haïtienne de Montréal se tiendra cette année le dimanche 15 juillet sur l’île Notre-Dame, au parc Jean Drapeau à Montréal.
Les activités liées à cette 2ème édition du festival se déroulent dans le cadre des célébrations qui entourent le 40ème anniversaire de l’exposition universelle de Montréal en 1967, « expo 67 à terre des hommes ».
Selon les membres du comité organisateur, les meilleurs groupes musicaux haïtiens et étrangers, dont Djakout mizik, Kreyol la, Nu Look, Carimi, Hang Out … ont déjà confirmé leur participation à cet évènement considéré comme le 2ème plus grand rassemblement de personnes d’origine ou de descendance haïtienne de la diaspora, après le « Haitian Compas Festival » de Miami.
Certains médias comme la Télévision Nationale d’Haïti, Haitistream (Haitistream.com), Sakapfet (Sakapfet.com), Radio One… feront le déplacement pour assurer la couverture de ce grand événement musicale au Canada.
La première édition de ce festival avait été fortement appréciée par plus de 20 000 festivaliers provenant du Canada, des Etats-Unis, des Antilles françaises, d’Europe. Cette année encore, les organisateurs comptent sur la présence de tous les compatriotes haïtiens pour rehausser l’éclat de ce festival.
Par Fortestson ‘Lokandya’ Fénelon
laitferson@yahoo.fr
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Haiti - Partis politiques
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Ouverture ce Jeudi à l’hôtel Karibe de la première convention des partis politiques haïtiens
Le thème retenu : partis politiques et construction démocratique.
Les représentants de 12 partis politiques vont pendant deux jours discuter du problème de la prolifération et du fonctionnement des partis. Cette convention devra se solder par une proposition de loi sur la réorientation des partis politiques qui sera présentée par devant le parlement.
Invité à commenter cette initiative de ces 12 organisations politiques, l’ambassadeur Edwige Lalane émet des doutes sur les résultats que cette convention des partis politiques pourrait donner.
Selon le diplomate, la classe politique est trop complaisante vis-à-vis du gouvernement en place dont elle accepte toutes les actions. Ce qui est dangereux pour le processus de démocratisation, a-t-il soutenu.
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Canadian government sued over Kyoto failure
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The Canadian government is facing legal action over its failure to meet its Kyoto targets on emissions.
The environmental group Friends of the Earth Canada today filed a lawsuit at the federal court in Ottawa alleging that, in failing to reduce greenhouse gas emissions sufficiently, the government is violating Canadian law.
Friends of the Earth said that, although the country had signed up to reduce emissions by 6% on 1990 levels, emissions were now 28% above that level.
A target announced by the Canadian government last month, which would see emissions cut by 20% on 2006 levels by 2020, would still leave the country 39% over its Kyoto target for 2008-2012, the group said.
It added that, of the countries signed up to the Kyoto agreement, only Australia was further behind on its targets.
The case is being brought under Canadian legislation which incorporates the international agreement to cut emissions into domestic law and says ministers have to act if the country is found responsible for an increase in greenhouse gases.
In October, the Canadian government was presented with legal opinion which indicated it had failed to show "demonstrable progress" on meeting its target, as required by 2005.
Although this should have triggered action by the environment minister, Friends of the Earth said nothing had happened to suggest the country would meet its targets and it was applying for a judicial review, which would force the government to act.
Beatrice Olivastri, the CEO of Friends of the Earth Canada, said: "Because climate change is the most urgent crisis ever facing the planet, Friends of the Earth is resorting to the courts to require the federal government to respect its Kyoto promises.
"We must see an end to important programmes being dismantled, terminated and slashed - all part of the pattern of Kyoto denial by the federal government."
Robert Wright, a lawyer with Sierra Legal, the environmental law organisation which is acting for Friends of the Earth, said Canadians expected the government to live up to its domestic and international commitments.
"Our government shouldn't have to be asked to put on a credible and lawful climate change cap," he added.
The case is the latest in a series of actions in which environmentalists have used national laws to enforce greenhouse gas cuts.
In the US, the Environmental Protection Agency was told it had the power under the clean air law to order cuts in exhaust emissions, despite opposition from the White House. In Australia, environmentalists have won cases against the government to force restrictions on coal burning.
post by:
Hilary Osborne
Tuesday May 29, 2007
Guardian Unlimited
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Haiti - Intensification de la coopération transfrontalière
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Intensification de la coopération transfrontalière
www.lenouvellistehaiti.com
Les autorités haïtiennes et celles de la République dominicaine ont décidé de mener une bataille concertée contre le trafic de la drogue et le banditisme au niveau de leur frontière commune. Une première rencontre a eu lieu vendredi entre l'état -major des forces de l'ordre des deux républiques voisines.
Le directeur général de la Police nationale d'Haïti, Mario Andresol, le major-général de la direction nationale dominicaine contre la drogue, Rafael Ramirez Ferreira et le chef de la Police dominicaine, Bernado Santana Paez, étaient présents à cette rencontre qui s'est déroulée à Jimani. Une première dans les relations haïtiano-dominicaines.
« Ni Haïti ni la République dominicaine ne doivent devenir un repaire de bandits et de trafiquants de drogue, a lâché le major Rafael Ramirez Ferreira comme pour expliquer l'importance de la rencontre présentée comme le début d'une nouvelle coopération entre les forces de l'ordre des deux républiques. Il faut une lutte concertée contre le trafic de la drogue à la frontière. »
Pour mener à bien cette lutte, les polices haïtienne et dominicaine ainsi que les Forces armées dominicaines entendent mettre sur pied une structure leur permettant d'échanger des informations. « Nous avions eu cette forme de collaboration avec les Forces armées haïtiennes. Je pense que nous pouvons la perpétuer avec la PNH », a ajouté le major-général, tout en saluant la volonté des chefs d'Etat des deux pays de combattre le fléau de la drogue.
Lors d'un sommet régional sur la drogue organisé en mars dernier en République dominicaine, René Préval et Leonel Fernandez avaient pris l'engagement de travailler ensemble pour contrecarrer les trafiquants qui, selon eux, représentent une menace pour la sécurité de l'île. Mario Andresol a, de son côté, placé la rencontre dans le cadre du suivi du sommet qui avait réuni plusieurs chefs d'Etat de la Caraïbe.
Les commandants et commissaires de villes frontalières comme Ouanaminthe, Belladère, Jimani, Malpasse, Elias Pinas et Dajabon étaient aussi présents à la rencontre. Le chef de la Police haïtienne estime que la lutte contre la drogue et le banditisme ne peut être efficace sans une bonne coopération entre eux. « Nous avons l'obligation de travailler ensemble dans ces zones où les activités entre les deux peuples sont intenses », a-t-il averti.
« Le moment est venu pour que les responsables de sécurité des deux pays commencent à travailler ensemble », a indiqué, pour sa part, le chef de la Police dominicaine, Bernado Santana Paez. Cette initiative est soutenue par le chef de l'Etat dominicain, Leonel Fernandez. « Le président Fernandez va bientôt nous remettre des véhicules afin de mieux surveiller la frontière », a dit le responsable de la police. D'autres rencontres de ce genre doivent se tenir. Aucune date n'a cependant été annoncée.
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Quand la vidéo se met en ligne
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Les nouveaux marchés du Net
Quand la vidéo se met en ligne
Photo-montage de divers sites de VOD, vidéo à la demande.
DRLa vidéo sur la Toile est déjà une réalité depuis plusieurs années aux Etats-Unis. De l’autre côté de l’Atlantique, le marché de la VOD (vidéo à la demande) a fait son entrée, cette année, dans les foyers français.
Faut-il ranger les DVD au rang des vieux souvenirs ? La question ne manquera pas de se poser dans les années à venir, lorsque la VOD sera entrée dans les mœurs. Mais au fait, la VOD, c’est quoi au juste ? Concrètement, la vidéo à la demande désigne la possibilité de récupérer un film ou un contenu vidéo sur la toile, soit par diffusion directe, dite streaming (technique qui permet le téléchargement et l’écoute simultanée d’un fichier audio), soit par téléchargement payant, temporaire (qui permet de visionner la vidéo louée) ou définitif (qui permet de graver des DVD). Ce nouveau marché de la vidéo à la demande devrait représenter, d’ici deux ans, près de 20% des recettes de l’industrie cinématographique, selon le cabinet américain Forest Research.
En quelques années, les Américains ont imposé un modèle dominant pour vendre des films sur internet. Pour preuve, le leader de la musique sur le Net, Apple, qui a mis en place sur son magasin en ligne iTunes Music Store une offre de séries télévisées vedettes et de courts métrages, a vendu plus d’un million de vidéos en 2005 et 2006. Cinq des plus grands studios hollywoodiens (Paramount Universal, Sony Pictures, MGM, Warner Bros et 20th Century Fox) vendent déjà quelque 500 films via Movielink, une plate-forme commune de distribution payante de films. Le phénomène est plus nouveau en Europe. Avec le déploiement du haut débit, la France n’échappe pas au phénomène. Neuf Télécom, Alice, Club Internet, M6, Fnac.com, Noos, TPS, Canal Plus, Free, Orange, il existe en France près de 25 plateformes de VOD, dont près de la moitié issues de l’univers Internet/télécoms. Ce marché pèse désormais quelques dizaines de millions d’euros.
Les délais de diffusion des films en VOD
Les chaînes de télévision, qui restent les premiers bailleurs du cinéma français avec près de 30% des apports, se sont lancées en 2005 dans l’aventure. Le groupe Canal+, leader du secteur avec sa filiale Canal Play, a enregistré en 2006 plus de 2 millions de commandes sur un catalogue de 2 000 vidéos dont plusieurs centaines de films. Le groupe TF1 a lancé, pour sa part, deux offres parallèles. Une plate-forme offre les contenus liés à ceux du bouquet TPS (une filiale de TF1 et M6) et une autre, TF1Vision, distribue des contenus spécifiques comme des téléfilms, des émissions, des séries. L’audiovisuel public (France Télévisions VOD, Arte VOD) et les opérateurs de télécommunications (Wanadoo 24/24 Vidéo) se sont également mis à la distribution payante de films sur internet. Les producteurs français ont décidé, eux aussi, de se lancer dans la bataille. La plate-forme NetCiné de la société française MovieSystem a signé un accord de partenariat avec Europa Corp, la société de production du cinéaste Luc Besson et Pathé pour diffuser ses films.
Mais ces premiers succès ne doivent pas faire oublier que rien n’est pour autant joué. De nombreuses incertitudes freinent encore l’essor de la VOD. Et, tout d’abord, la question complexe des droits d’auteurs qui concerne les ayants droit du cinéma, de la télévision ou de la vidéo. Si certains opérateurs ont choisi de négocier directement des droits sur les films, d’autres passent par des exploitants de contenus déjà présents sur le Web. Alice a, ainsi, signé avec VirginMega, NeufCegetel avec TF1Vision, Free avec Canal Play et TF1Vision.
Et, depuis quelques semaines, le premier accord, signé en décembre 2005, organisant la diffusion des films sur internet (location, vente ou abonnement) et la rémunération des auteurs n’est plus valable. Les organisations professionnelles du cinéma, les opérateurs télécoms et les groupes audiovisuels Canal+ et France Télévisions ont échoué à reconduire l’accord interprofessionnel sur la VOD. Ce texte fixait le délai de mise à disposition des films sur internet, soit un délai de 33 semaines (plus de huit mois) après la sortie en salle, soit deux mois après leur sortie en DVD et quatre mois après la diffusion sur les chaînes de télévision payantes. Les fournisseurs d'accès à internet et les opérateurs télécoms demandent que celui-ci soit ramené de huit à six mois, et ainsi aligné sur le délai fixé pour la vidéo classique (DVD). De leur côté, les auteurs ont réclamé le maintien d’un délai de huit mois.
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Haïti / Education / Subvention : 500 Millions de gourdes pour la fabrication des manuels scolaires.
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Haïti / Education / Subvention : 500 Millions de gourdes pour la fabrication des manuels scolaires.
Le ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle et une dizaine de maisons d’édition de la place ont paraphé un contrat de fabrication de matériels scolaires pour un montant d’environ 500 millions de gourdes pour l’année scolaires 2007-2008. Ce contrat s’inscrit dans le cadre de sa politique d’accompagnement des parents à l’occasion de la rentrée des classes.
Cette année, l’Etat Haïtien procède par subvention et dotation des manuels scolaires. La subvention des livres pour les deux premiers cycles fondamentaux se feront à hauteur de 47% et les écoles qui ne pourront pas en bénéficier recevront des kids scolaires, selon Gabriel Bien-aimé, Ministre de l’Education Nationale et de Formation Professionnelle.
Les élèves qui seront dotés des manuels scolaires devront verser un montant symbolique au début de l’année, mais devront remettre le livre à la fin de l’année scolaire.
Un mois de formation sera organisé du 15 Juillet au 14 Août prochain à l’attention de 1200 enseignants repartis dans deux centres. Cette formation portera sur les nouveaux manuels scolaires et la nouvelle pédagogie, selon le ministre Gabriel Bien-aimé.
Il s’agira de permettre aux cibles de maitriser les nouveaux livres et de s’adapter à la nouvelle façon d’être enseignant, a expliqué le ministre.
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Jeux vidéo, Second Life, ou la vie en mieux
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Jeux vidéo
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Second Life, ou la vie en mieux
http://secondlife.comTomber amoureux, changer de métier ou créer son entreprise… Sur Second Life, le monde virtuel en trois dimensions créé sur Internet, on peut tout faire. Reuters y a installé une agence de presse, Reebok et Toyota des boutiques. Et depuis peu, la campagne électorale française a gagné cet univers parallèle. Après Jean-Marie Le Pen et Ségolène Royal, qui disposent déjà de permanences virtuelles, Nicolas Sarkozy a rejoint ses adversaires politiques.
Le jeu qui a le plus de succès, actuellement, n’a rien d’un jeu d’action violent ou de stratégie mais s’intéresse à la vraie vie. Second Life, vous en avez forcément entendu parler ! Créé en 2003 par l’entreprise californienne Linden Lab, ce n’est pas un jeu à proprement parlé. Le joueur, à travers son avatar, son alter ego virtuel, n'a pas de mission à remplir ou de méchant à tuer, juste à vivre dans cet univers. Il est libre d'aller où bon lui semble, d'y faire ce qu'il veut, comme, par exemple, trouver l’âme sœur, fonder son entreprise ou aller au cinéma.
Et le succès est au rendez-vous. Près de quatre millions de personnes se sont créées une seconde vie. Il existe deux manières d’explorer le site http://secondlife.com. La première, après une inscription gratuite, permet de créer son avatar et de se promener à sa guise. Mais dans ce cas là, impossible d’acheter des objets, du terrain ou bien de construire une maison. La seconde, moyennant un abonnement mensuel d’environ 10 dollars, donne la possibilité d’ouvrir un compte bancaire. Car la particularité de cet univers, c’est son économie. Les joueurs peuvent créer et vendre des objets, des maisons, des vêtements ou des terrains, et ce en Linden dollars. Grâce à une bourse d’échange en ligne, le Linden X Market, cette monnaie virtuelle peut être échangée en argent réel. Un dollar américain vaut environ 250 Linden dollar.
Une fortune en vrais dollars
Une seconde vie qui peut rapporter gros, puisque un avatar peut ainsi gagner de l’argent en travaillant ou en vendant sa maison. En décembre dernier, 30 millions de dollars ont été échangés par les 4 millions de résidents. L’un d’entre eux, une Allemande de Francfort, a fait fortune dans l’immobilier, en vrais dollars, après avoir acheté puis revendu plusieurs terrains sur lesquels elle avait construit des maisons virtuelles. Second Life a aussi ses boutiques et ses annonceurs qui y testent leurs futurs produits. Des entreprises à la renommée mondiale comme Adidas, Cisco, Dell, Dior, IBM, Mercedes, Microsoft, Nissan ou bien encore Reebok s’y sont installées. A tel point que le fisc américain et le fisc suédois ont commencé à réfléchir sur la manière de taxer les revenus de cette économie virtuelle.
http://secondlife.com
Difficile d’échapper à Second Life. L’agence de presse Reuters dispose de son propre correspondant qui suit l’actualité. Les chaînes de télévision CENT Networks, MTV ou NBC y ont également des studios. Même les candidats à l’élection présidentielle française se sont pris au jeu. Le Front national a été le premier parti politique à y faire son entrée, en décembre 2006. A l'initiative d'un membre du Front national de la jeunesse (FNJ) de la Moselle, une boutique et un espace de discussion ont été créés pour promouvoir la candidature de Jean-Marie Le Pen. La candidate socialiste, Ségolène Royal, a donné son feu vert à la mi-janvier à la création d'un comité local -le 748ème- de son association Désirs d'avenir. Aujourd’hui, c’est au tour de Nicolas Sarkozy de disposer d’une île rien que pour lui. L’île Sarkozy, créée il y a une semaine par le conseiller internet du candidat, Loïc Le Meur, lui permet d’être présent et, à terme, de toucher un public plus jeune. Environ 15 000 avatars s’y promènent chaque jour.
http://secondlife.com
Le phénomène a largement dépassé le cadre du jeu vidéo. La Toile est également un bon vecteur pour entretenir le business autour de ces créatures et cultiver le contact direct avec le public. Tapez sur Google le mot «Second Life» et vous aurez une avalanche de réponses : plus de 454 millions de résultats. Des forums de discussion, des centaines de sites web, de nombreuses communautés de joueurs sur internet entretiennent cet engouement. Peut-être pas sans risque. Sur certains forums, on peut lire des messages désespérés de joueurs qui y passent plus d’heures dans la journée que dans la vraie vie et n’arrivent pas à décrocher. Bientôt, les centaines de milliers d'utilisateurs du jeu pourront converser entre eux par la voix, et plus seulement par les «chats». Comme dans la vraie vie !
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augmentation de salaire minimum aux USA
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Etats-Unis
10 ans pour une augmentation de salaire
Le SMIC fédéral ne concerne aujourd’hui qu’environ 3 % des Américains.
(Photo : AFP)«Enfin, nous augmentons le salaire de ceux qui ont les métiers les plus pénibles, après 10 ans d’indifférence». Nancy Pelosi, à la tête de la Chambre des représentants, ne cachait pas sa satisfaction cette nuit à Washington, après un vote gagné haut la main par les démocrates : 348 voix pour et 73 contre. Deux heures plus tard, le Sénat avait aussi adopté le texte. La hausse du SMIC faisait partie des promesses de campagne des démocrates.
Le salaire fédéral minimum («Fair labor standards act») a été introduit par le président Roosevelt en 1938, soit 12 ans avant son équivalent français. Il faisait partie de toute une série de mesures prises pour aider les Américains à sortir de la grande dépression, commencée en 1929. C’est donc une loi fédérale qui fixe son montant, en dollars; à la grande différence de ce qui se passe en France, il n’y a donc pas de réajustement régulier en fonction de l’inflation, et c’est ainsi que le SMIC américain a perdu 20% de sa valeur depuis 1997, année de la dernière loi. Les conservateurs, majoritaires au Congrès, ont depuis refusé obstinément toute hausse. Pourtant, même le Sénat a officiellement reconnu que jamais le pouvoir d’achat du salaire fédéral minimum n’a été aussi bas depuis 1955.
Et c’est parce qu’un travailleur trop peu payé ne peut pas consommer que de fait, pour des raisons sociales comme économiques, plus de la moitié des 50 Etats américains ont pris sur eux d’imposer chez eux un salaire minimum plus élevé (voir la carte des législations sur les salaires minima). Les Etats florissants comme la Floride, la Californie, mais aussi plus modestes comme le Montana ou l’Arkansas offrent des salaires plus élevés que le minimum fédéral, l’Etat de Washington étant le plus généreux, avec un salaire minimum qui approche les 8 dollars de l’heure, soit plus déjà que le futur SMIC une fois revalorisé. Sept Etats en tout ont déjà dépassé ce taux horaire de 7,25 dollars.
Un geste pour les «working poors»
De fait, le SMIC fédéral ne concerne aujourd’hui qu’environ 3% des Américains, à comparer avec les 16% de Français qui sont payés au salaire minimum. C’est essentiellement dans la restauration et les services aux personnes qu’on trouve le plus de «working poors», ces travailleurs américains pauvres, qui ont un emploi, mais peuvent difficilement en vivre, d’autant que les salaires ne comprennent pas d’assurance sociale. Ces travailleurs sont souvent très peu qualifiés, et dépendent du salaire fédéral minimum, qui devient la valeur à laquelle leur travail, leur productivité est estimée. Mais la loi du marché fait que la plupart des salaires sont en fait négociés, en fonction de l’offre et de la demande. C’est ainsi que le salaire moyen aux Etats Unis est de plus de 15 dollars de l’heure, soit presque trois fois plus que le salaire minimum actuel; là aussi, la différence avec la France est grande. Le SMIC, qui ici est devenu un peu une valeur de référence servant à fixer d’autres rémunérations, joue là-bas plutôt le rôle d’une «voiture balai», destinée aux travailleurs très peu qualifiés, sans diplôme, ou aux tout jeunes débutants.
Quel est le lien entre SMIC et taux de chômage ? On sait que le taux de chômage est très faible aux Etats-Unis, aux alentours de 4%, avec un salaire minimum très bas. En Allemagne, c’est aussi pour préserver l’emploi que la chancelière Angela Merkel se dit opposée au salaire minimum. De fait, les analystes ont longtemps été unanimes à condamner le principe même du SMIC; selon eux, si le salaire minimum dépasse ce que le marché libre aurait fixé, son montant artificiel encourage le travail au noir, et décourage l’emploi des moins qualifiés, qui deviennent trop chers pour les entreprises. La puissante National Restaurant Association a d’ailleurs déjà menacé de devoir supprimer près de 150 000 emplois si le SMIC américain était trop augmenté. C’est pourquoi le texte adopté à Washington prévoit prudemment des exonérations de charges pour les entreprises, même si elles sont moins importantes que ce que souhaitaient les conservateurs.
Car il s’agit bien d’un texte de compromis, même si le succès des démocrates est incontestable. La hausse se fera en trois étapes d’ici 2 ans, surtout elle fait partie d’un marché plus grand, puisque l’augmentation du salaire minimum a été négociée dans le cadre du vote du budget de nouvelles opérations en Irak. Il reste qu’il s’agit d’une vraie victoire pour les démocrates, un grand signe envers leur électorat avant le scrutin présidentiel de l’année prochaine.
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Haïti-Latour-Assassinat-Réactions
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Haïti-Latour-Assassinat-Réactions
Radio Kiskeya
Réprobation générale en Haïti après l’assassinat de François Latour
Les artistes, les intellectuels et la communauté des médias fortement secoués ; le gouvernement déplore la disparition du célèbre comédien et publicitaire exécuté peu après son enlèvement
jeudi 24 mai 2007,
L’odieux assassinat mardi soir à Port-au-Prince du célèbre artiste et publicitaire haïtien, François Latour, 63 ans, suscite indignation, colère et désolation dans les milieux artistiques, intellectuels et médiatiques en Haïti.
De Caracas où il participe au IVe Festival mondial de la poésie, l’écrivain et peintre Frankétienne, ami de longue date de la victime, s’est déclaré "profondément choqué, bouleversé et renversé par ce coup de poignard ". La terrible nouvelle lui a été annoncée par sa femme Marie-André qui, sous le coup de l’émotion, n’a pu s’empêcher de l’appeler.
"Je ne sais pas ce qu’il faut penser d’une telle situation, je n’ai aucune certitude sur l’avenir de ce pays. C’est terrible qu’on assassine des valeurs comme Latour", a déclaré au bord des larmes Frankétienne dans une interview exclusive à Radio Kiskeya. Le célèbre écrivain haïtien s’est gravement interrogé sur "l’utilité de ses œuvres et de celles d’autres créateurs face à la puissance d’une arme à feu entre les mains d’un bandit" capable d’engendrer les pires barbaries.
Rappelant les études très avancées en art dramatique qu’avait suivies le disparu en France, il l’a présenté comme son "initiateur au théâtre" et le principal artisan de sa popularité actuelle. Les succès de "Pèlen Tèt" (la tête prise au piège), notamment auprès de jeunes gens issus de couches sociales modestes, ont, en effet, valu à Frankétienne une énorme reconnaissance au-delà des frontières du monde théâtral.
A la mort de Franck Foucher, un important auteur dramatique haïtien tué dans un accident au Canada, François Latour s’était donné pour mission de porter l’autre Franck à assurer la relève afin d’empêcher "la disparition du théâtre en Haïti".
Frankétienne met en relief les performances et l’intelligence remarquables de l’homme de théâtre qui avait le secret de la "mise en scène à la fois sobre et éclatée". Il avait réalisé le tour de force de mettre en scène et d’interpréter des pièces aussi difficiles que "L’exception et la règle" et "La somme et la différence" de Berthold Brecht.
Vers les années 1959-1960, François, Franck et Gérard Etienne, un écrivain haïtien vivant au Canada, animaient sur les ondes de Radio Port-au-Prince une émission dominicale très prisée consacrée à la poésie.
Frankétienne a tenu à rappeler sa récente réconciliation avec François Latour grâce à un ami commun, le comédien et journaliste Fritz Valescot. Après de longues années de brouille, nées de divergences profondes entr’autres sur le théâtre, les deux hommes recommençaient à se fréquenter avec assiduité.
Le cinéaste haïtien de renommée internationale Raoul Peck a, dans un hommage posthume intitulé "Les lâches", évoqué la grandeur, la verticalité, le patriotisme et la personnalité sublime de François Latour.
"Un acteur inégalable, si rarement utilisé, trop grand pour notre pays qui n’a su qu’en faire. Un homme, souvent déçu et blessé, fuyant amateurisme, médiocrité, et plus que tout la malveillance. Un homme grand, droit, sincère, entier, modeste, drôle, généreux. Un homme seul aussi, sans place pour ceux comme lui", écrit Raoul Peck dans ce texte envoyé à Radio Kiskeya.
En réaction à l’exécution du comédien, l’écrivain et historien Michel Soukar a dénoncé "une Haïti mangeuse d’hommes" qu’il attribue à la politique criminelle menée à la tête de l’Etat au cours de ces dernières années.
"Un François Latour ne naît pas tous les jours", a poursuivi Soukar qui se souvient des années de sa jeunesse lorsqu’il rencontrait régulièrement le défunt chez le dramaturge Robert Bauduy, en compagnie des acteurs Roland Dorfeuille dit "Pyram" et Fritz Valescot alias "Pitit Fèy".
Qualifiant d’inaceptable l’insécurité chronique qui sévit en Haïti, l’historien a mis en garde contre les conséquences néfastes que l’assassinat de François Latour pourraient avoir sur l’économie nationale qui était sur le pont d’amorcer une timide reprise.
Pour sa part, Fritz Valescot, ami personnel et compagnon de scène de M. Latour, révèle que la victime était quotidiennement confrontée à l’insécurité économique et n’a possédé qu’une seule fois dans sa vie un véhicule neuf. Ces derniers temps, il devait constamment lever les pannes à répétition de son Isuzu Trooper déglinguée.
Valescot, qui était l’invité de l’émission "Pale Pou n Vanse" à diffuser dimanche sur Radio Kiskeya, se console à l’idée que François Latour est mort debout malgré la volonté des assassins de lui enlever sa dignité en l’humiliant. Même ses souliers ont été volés.
L’historien et ancien ministre de l’éducation nationale, Pierre Buteau, avoue ne pas comprendre un crime aussi gratuit qui a emporté l’une des grandes figures du théâtre haïtien. Il affirme que la résurgence du cycle infernal de la violence, qui a récemment fait d’autres victimes dont l’architecte Nadim Hyppolite William, le responsable de média et enseignant Alix Joseph et deux policiers, risque d’anéantir tous les efforts déployés depuis un certain temps en vue d’une normalisation de la situation du pays.
Pierre Buteau rend hommage à François Latour comme celui qui a appris sa génération à apprécier le théâtre et qui concevait "des messages publicitaires dont le langage était porteur d’une grande théâtralité".
Le responsable du Centre œcuménique des droits humains, Jean-Claude Bajeux, également écrivain, a indiqué s’être réveillé mercredi "dans la colère et l’indignation" en apprenant qu’un homme aussi talentueux avait été exécuté par des bandits. "Il semble qu’il n’y a pas de vaccin contre cette maladie qui frappe Haïti" s’est exclamé avec désespoir Bajeux qui explique s’être vu contraint de limiter ses activités personnelles en raison de l’insécurité.
Le défenseur des droits humains en a profité pour dénoncer l’émergence des gangs sous l’ancien gouvernement de Jean-Bertrand Aristide. Ils seraient à l’origine de la majorité des 2 à 3.000 assassinats enregistrés en Haïti au cours des trois dernières années.
Le bâtonnier par intérim de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Gérard Gourgue, a qualifié François Latour de "grand citoyen". Il a fait remarquer que sa fin tragique est arrivée au moment où le Président René Préval dansait mardi soir au Palais National.
"Il faut que la bête de l’insécurité meure", a martelé l’éminent juriste qui appelle les habitants de Port-au-Prince à se réveiller comme l’ont fait ceux des Gonaïves après l’assasinat d’Alix Joseph. Me Gourgue s’est moqué des propos de responsables d’Etat et diplomates proclamant la fin de l’insécurité à Port-au-Prince alors que les infrastructures des bandes armées restent opérationnelles. Il estime qu’un corps de 15 à 20.000 hommes devrait assurer la sécurité publique à la capitale.
La Primature et le ministère de la culture ont également condamné le meurtre de l’artiste en soulignant que cet acte a "plongé la Présidence et le gouvernement dans la consternation et l’indignation". Ils saluent le départ d’un "fils du pays aux talents multiples et d’une grande générosité".
Une minute de recueillement à la mémoire de M. Latour a été observée mercredi au stade Sylvio Cator lors du match international amical Haïti-Chili auquel assistait le Président René Préval.
Le Théâtre National d’Haïti, où Latour travailla dans le temps, a particulièrement rappelé la contribution du disparu à la vie théâtrale et la longue liste de pièces qu’il avait créées.
Les Députés Steven Benoît et Accluche Louis-Jeune de même que le PDG de la station privée Radio Ibo, Hérold Jean-François et le rédacteur en chef de Radio Vision 2000, une autre station privée, Valéry Numa, ont fermement réprouvé ce crime abominable. Ils réclament des autorités des mesures urgentes visant à stopper la recrudescence des activités criminelles.
Jeudi, les stations de radio continuaient à diffuser à profusion les spots publicitaires du créateur avec un accent d’hommage qui rencontrait les exigences commerciales des commanditaires
Kidnappé mardi en début de soirée par des inconnus armés au moment où il regagnait sa résidence à Delmas 31 (nord de Port-au-Prince), l’illustre comédien a été tué d’une balle au ventre. Son cadavre a été découvert en caleçon près des magasins Bâtimat (entrée nord) mercredi aux premières heures.
Les ravisseurs exigeaient une rançon de 100.000 dollars américains.
Né vers la fin de 1943, François Latour était un metteur en scène, acteur, diseur, homme de radio et publicitaire de haut vol.
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Coup d’envoi du festival de la musique de Jacmel
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Coup d’envoi du festival de la musique de Jacmel
Patrick Boucard, l’un des membres du comité organisateur annonce que le record de 10 000 tambours ne sera pas battu en raison des difficultés financières auxquelles sont confrontés les organisateurs.
La fondation Sant D A Jacmel (FOSAJ), à l'origine du Festival Mizik Jakmel, avait promis de réunir dix mille tambourineurs sur Congo plage, à Jacmel, lors de l'ouverture le 25 mai de la première édition, en vue de battre le record mondial de la catégorie.
" Nous avons bénéficié d’un grand support du gouvernement et de la présidence, mais nous n’avons pu avoir un appui important du secteur privé", soutient M. Boucard qui fait état des dépenses énormes en matière de logistique. Nous avons dû sacrifier ce record mais nous comptons réaliser un exercice de tambours avec une bande à pied souligne t-il précisant que les dispositifs de sonorisation et d’éclairage ont été installés hier.
Plusieurs artistes internationaux participeront à ce festival dont les frères Marley de la Jamaïque , des artistes en provenance du Cameroun, Simbie de la Suede, Bruce de la Nouvelle Orleans.
Le festival met en scène plus de 24 artistes de tendances différentes, haïtiens et étrangers. Des musiciens rasin, hip hop, konpa, reggae, R&B, jazz et blues attendent les festivaliers. Pas moins de 14 groupes et artistes haïtiens et une dizaine de groupes et artistes étrangers se produiront pendant plus de 24 heures.
Interrogé sur les dispositifs mis en place pour accueillir les nombreux participants à ce festival, Patrick Boucard, explique qu’il y a un partenariat avec plusieurs associations et institutions pour accueillir les visiteurs.
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britney spears
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Agence France-Presse Washington La chanteuse Britney Spears et la France arrivent en tête des noms les plus demandés par les internautes internationaux sur le moteur de recherche Google, selon le palmarès 2004 dressé par la société américaine.
Ce classement basé sur «des milliards de recherches menées par les utilisateurs de Google dans le monde entier», toutes recherches confondues, place en tête les Américaines Britney Spears, Paris Hilton, Christina Aguilera et Pamela Anderson, le héros pour jeunes Harry Potter arrivant en neuvième position.
La France est le pays le plus demandé par les internautes à la recherche d'informations, devant la Chine, l'Inde, l'Irak, l'Iran, la Corée du Sud, le Japon, Haïti, Cuba et le Pakistan, dans le cadre de requêtes motivées par l'actualité internationale de l'année écoulée.
Toujours parmi les requêtes d'actualité, le classement des personnages publics donne George W. Bush en tête, devant la chanteuse Janet Jackson, dont le sein révélé lors de la finale 2004 de football américain avait fait scandale aux États-Unis. John Kerry, candidat malheureux à la présidentielle américaine, se classe troisième, devant Britney Spears et Saddam Hussein.
Au classement des personnages masculins les plus demandés, l'acteur Orlando Bloom arrive en tête, devant les chanteurs Eminem et Usher, les acteurs Johnny Depp et Brad Pitt et le footballeur David Beckham.
Ce dernier est aussi en tête des requêtes sportives, devant le Tour de France et l'Euro 2004.
Les Simpsons, Pokemon et South Park sont les émissions de télévision les plus demandées, tandis qu'au chapitre technologie, «wallpaper» (fonds d'écran), «kazaa» (téléchargement de films), «mp3» (format de compression audio), «spybot» (site anti-logiciels espion) et «linux» (système d'exploitation) sont les mots qui reviennent le plus souvent.
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Haïti: Jean-Claude Duvalier pourra récupérer ses fonds bloqués
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Haïti: Jean-Claude Duvalier pourra récupérer ses fonds bloqués
L'ex-dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier pourra récupérer quelque 7,6 millions de francs gelés en Suisse. La Confédération devrait débloquer ces fonds début juin, en raison d'une lacune de la législation helvétique.
L'ex-dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier pourra récupérer quelque 7,6 millions de francs gelés en Suisse. La Confédération devrait débloquer ces fonds début juin, en raison d'une lacune de la législation helvétique.Le Conseil fédéral avait gelé les fonds Duvalier en juin 2002, craignant que les cantons de Zurich, Vaud et Genève ne parviennent pas à faire aboutir la procédure d'entraide judiciaire demandée par Haïti.
Ce blocage a été prolongé à deux reprises, dans l'espoir qu'un accord négocié puisse être trouvé avec les représentants du dictateur déchu afin qu'au moins une partie des fonds puisse servir à des fins d'intérêt public en Haïti.Un accord en ce sens a été trouvé avec les avocats du dictateur déchu.
"Cependant, les membres de la famille Duvalier qui devraient maintenant approuver cet arrangement se cachent, sachant que le blocage prendra fin le 3 juin 2007", affirme M. Seger, selon la version écrite de son allocution, prononcée devant le Club suisse de la presse.
Selon le quotidien "Le Courrier", qui a révélé l'affaire, le même cas de figure pourrait se répéter l'an prochain avec les fonds de l'ancien dictateur zaïrois Mobutu Sese Seko.
Jean-Claude Duvalier, alias "Bébé Doc", et son entourage sont accusés par Port-au-Prince d'avoir détourné plus de 100 millions de dollars sous le couvert d'oeuvres sociales. Ces prélévements systématiques sur des entreprises d'Etat auraient été transférés en partie dans des banques suisses.
Tribune de Genèvre
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Neuvième édition du festival du compas à Bay front Park Miami, tout est fin prêt.
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Neuvième édition du festival du compas à Bay front Park Miami, tout est fin prêt.
Des milliers de personnes venues d’horizons divers sont attendues ce samedi 19 mai au Park du bicentenaire de Miami (Bay front Park) à l’occasion de la neuvième édition du festival du compas.
Très tôt dans la journée du samedi le décor était déjà planté pour accueillir le plus grand événement culturel haïtien aux Etats Unis. Des festivaliers ont déjà regagné le site du spectacle. Dans un habit très décontracté, ils se disent prêts à s’éclater au rythme du compas direct.
Cette année il n’y a pas trop de changement dans le menu, sinon la participation du jeune groupe Back up qui en profitera pour faire sa grande première prestation sur le sol de l’oncle Sam. Ce groupe performera en levée de rideau, suivis de Bélo, Carimi, Djakout Mizik, Kreyol la, Mecca, Mizik Mizik, Nu look, Phantom, Tvice, zin et Tonton Bicha. Les artistes invités sont Papa Jubé et Sweet Micky.
Dans la soirée qui a précédé le jour de l’événement une soirée très prisée mettant à l’affiche le groupe t-vice et Carimi a été réalisée à Bongos, un club qui se trouve à proximité de Bay Front Park.
Depuis plusieurs mois les responsables du festival du compas avaient annoncé une campagne publicitaire à travers les medias émettant en Haïti, dans la diaspora et sur internet visant à mobiliser plus de spectateurs.
Le festival du compas, réalisé, depuis neuf ans par la compagnie Noel et Cecibon est classé parmi les plus grands spectacles réalisés chaque année aux Etats unis.
Par Négot Jean Lois depuis Miami.
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En Haïti, le désespoir pousse à l'exil malgré les risques
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En Haïti, le désespoir pousse à l'exil malgré les risques
Réunis par groupes de cinq ou plus, assis sur des troncs d'arbres face à la mer ou sur de vieilles barques de pêcheurs, des jeunes Haïtiens se disent déterminés à prendre la mer en direction des Etats-Unis pour fuir le chômage et la misère.
La mort récente de dizaines de leurs compatriotes, lors de tentatives désespérées de quitter le pays sur de frêles embarcations, n'effraient point ces jeunes de Petit-Goave, à 66 km au sud de Port-au-Prince, qui vivent sans travail, sans espoir.
"Nous n'attendrons pas longtemps avant de partir, qu'importe si nous nous exposons au danger de la mer. De toute façon, nous sommes exposés à la mort tous les jours", dit Adras, 24 ans, pêcheur après avoir arrêté l'école. "Il faut mourir pour donner la vie", ajoute-t-il, faisant référence au Christ. "Un jour ou l'autre je mourrai, alors au lieu de rester dans l'attente de quelque chose qui ne viendra pas, mieux vaut partir à la recherche de la vie", ajoute ce jeune père de famille.
Dans le quartier de "Persaint", face à la mer, les jeunes comme les adultes n'ont d'yeux que pour l'océan. Certains s'y intéressent pour la pêche mais cette activité a cessé d'être porteuse, d'autres pour le voyage vers l'inconnu à la recherche de meilleurs lendemains.
Il y a quelques années, de nombreuses embarcations avaient quitté le vieux port de Petit-Goave pour la traversée vers les Etats-Unis. Certains ont réussi, d'autres pas.
Si aujourd'hui aucun voyage ne semble planifié, cela ne devrait pas tarder tant la tentation et le désespoir sont grands parmi la population.
"Avec le coût de la vie, le chômage et la misère, les gens n'ont pas le choix", dit Dully Chardonette, étudiant. "Mais les Blancs surveillent les côtes et ne laissent passer personne", ajoute-t-il.
"Tout est un facteur de chance dans la vie", rétorque Ronald, 40 ans, chômeur. Il est prêt à prendre le risque même s'il est conscient que la probabilité d'arriver aux Etats-Unis est de plus en plus faible. "10% de chance", mesure-t-il.
Julmay Jean Marie, père de 7 enfants, a échoué lors de quatre tentatives pour partir. Il a été refoulé chaque fois. La dernière tentative date de 1994 en pleine crise politique, les Américains laissaient venir les Haïtiens qui fuyaient les persécutions politiques. Julmay n'a pas été qualifié pour entrer en Floride, son rêve de toujours. Plus de dix ans après, il ne désespère pas de toucher un jour la terre américaine.
De nombreux habitants vivent des transferts d'argent des boat-people qui ont été admis comme réfugiés politiques et de ceux qui ont pu arriver, au terme de voyages périlleux, sur les plages de la Floride.
En coordination avec les autorités haïtiennes, un navire des garde-côtes américains, le "Hamilton", surveille la mer et ne laisse passer personne. Chaque semaine, des centaines de voyageurs surpris en mer sont refoulés.
Les risques de mort et d'arrestation ne font pas peur aux candidats au départ. "Si nous ne pouvons pas arriver aux Etats-Unis, il y a les Bahamas ou d'autres îles. Ailleurs, c'est mieux de toute façon", affirme Tchaly, 21 ans et prêt à partir.
"Les responsables du gouvernement haïtien ne font rien pour changer notre vie", se plaignent Frantz et ses camarades. "Nous voulons leur lancer un message et leur dire que nous n'en pouvons plus de vivre dans ces conditions".
En Haïti, pays le plus pauvre du continent américain, plus de 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté de deux dollars par jour et plus de 70 % de la population active est au chômage.
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Haiti: Journée mondiale des télécommunications
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Journée mondiale des télécommunications
« Le temps des monopoles est révolu »
Dans une salle archicomble du Karibe Convention Center où tous les acteurs haïtiens des télécoms s'étaient réunis, jeudi, pour célébrer la Journée mondiale des télécommunications, le directeur général du Conatel, l'ing Montaigne Marcelin, a lancé un vibrant appel en faveur de la fin des monopoles dans le secteur.
Commémorée dans tous les coins du pays, la Journée mondiale des Télécommunications se déroulait cette année sur le thème : « Connecter les jeunes ; les possibilités offertes par les TIC.»
Pour sa part, le ministre des Travaux publics, Transports et Communications (TPTC), l'ing Frantz Vérella qui traite des nouveaux enjeux technologiques, économiques et politiques des Télécommunications a déclaré que le gouvernement va mettre en place un programme d'action pour restructurer le secteur des Télécommunications et organiser l'entrée d'Haïti dans la communauté mondiale de l'information.
Il a profité de l'occasion pour faire remarquer que le chemin est étroit entre la sclérose d'un monopole protégé et la détresse d'une infrastructure publique laissée à la seule logique du marché.
Le ministre vérella a cité une longue liste dans la stratégie du gouvernement des technologies de l'Information et de la communication. « La bataille pour insérer Haiti dans la societé de l'information doit utiliser le cheval de Troie que constitue notre diaspora en Amérique du Nord, et familiariser le grand public avec l'informatique et l'Internet », a poursuivi le ministre des TPTC.
Philippe Striplet Marc Jephté du Télécentre des jeunes et du Centre haïtien d'accès à l'Internet et de formation des jeunes aux NTIC et Frannces Augustin du Centre d'appui aux initiatives des technologies de l'information, qui représentaient les jeunes à la cérémonie commémorative, ont fait plusieurs recommandations aux autorités compétentes.
Les deux jeunes sont intervenus pour demander à l'Etat haïtien, entre autres, d'établir des centres multimédias dans les différentes communes de la République et d'élargir des bandes passantes pour une augmentation de la vitesse de l'Internet. «Il faut aider les jeunes à comprendre que l'Internet est un patrimoine mondial au développement duquel ils doivent apporter leur contribution», ont-ils dit, demandant à l'Etat d'améliorer la capacité énergétique du pays de manière à ce que l'électricité soit disponible sur toute l'étendue du territoire.
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Haiti: Le chef de l’état lance la guerre contre la corruption
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Le chef de l’état lance la guerre contre la corruption
Intervenant à l’occasion de la cérémonie commémorative de la fête du drapeau, le président René Préval a donné le coup d’envoi d’une grande bataille contre la corruption estimant que les corrupteurs et les corrompus sont des traîtres envers la patrie.
Ceux qui participent à la corruption sont des ennemis de la patrie parce qu’ils empêchent le retour des investisseurs a indiqué le chef de l’état qui commentait les paroles de l’Hymne national " la dessalinienne". " Dans nos rangs point de traites, dit notre hymne national, les traitres de 1804 étaient des ennemis de la liberté alors que les traites de 2007 sont des ennemis de l’égalité", indique le chef de l’état pour qui la lutte d’aujourd’hui consiste à favoriser l’égalité entre les haïtiens.
A l’occasion du 204 eme anniversaire de la création du drapeau haïtien, M. Préval affirme que la lutte pour l’égalité vise à favoriser l’accès à l’éducation et aux soins de santé pour tous les enfants et la disponibilité de crédit pour les petites marchandes et les paysans.
Selon René Préval l’état doit disposer de ressources financières pour réaliser des projets aux bénéfices de la population sans recourir à l’assistance internationale. " Pour que l’état puisse avoir les ressources nécessaires il faut combattre la corruption, ceux qui participent à la corruption sont des traites envers la lutte pour l’égalité", ajoute t-il.
Tout en rappelant que la lutte contre la corruption favorisera la reprise des investissements privés M. Préval souligne que cette année est décrétée année de lutte contre la corruption. Dans son discours le chef de l’état a révélé les entreprises et institutions étatiques gangrenées par la corruption, l’administration des douanes, la Direction générale des impôts (DGI), la Police Nationale, l’appareil Judiciaire, les mairies, le parlement, les ministères et le palais national. " Nous comptons mener une lutte acharnée contre la corruption sous toutes ses formes", indique t-il.
En outre le chef de l’état a voulu préciser les différentes formes de corruption citant les commerçants impliqués dans la contrebande, les fonctionnaires publics recevant des pots-de-vin, les policiers qui réclament de l’argent des automobilistes, les propriétaires de banque qui détournent les fonds des déposants et les juges qui reçoivent de l’argent pour libérer les inculpés.
Dans cette grande bataille le chef de l’état affirme être le premier soldat étant assuré de l’appui du gouvernement, du parlement et du peuple haïtien.
Tout en étant sûr de la victoire, le président haïtien rappelle ses armes dans cette guerre, qui sont l’Unité centrale de lutte contre la Corruption (ULCC), L’Unité Centrale de Renseignements Financiers (Ucref), la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA), la commission nationale des marchés publics, les commissaires du gouvernement, le ministère de la justice, la PNH, la DGI et l’administration des Douanes.
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Est-ce la résurrection du mouvement coopératif haïtien ?
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Est-ce la résurrection du mouvement coopératif haïtien ?
Le terme "sociétaire'', après avoir été longtemps associé, dans les médias haïtiens, au mot ''victime'', fait enfin des heureux. La Coopérative d'épargne et de crédit de la communauté haïtienne (CECCOMH) veut faire de son dixième anniversaire de fondation un instrument pour sortir le secteur coopératif de son marasme actuel afin d'en faire à nouveau un moteur de croissance pour l'économie haïtienne.
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La Coopérative d'épargne et de crédit de la communauté haïtienne (CECCOMH) - qui, grâce à ses bonnes pratiques de gestion, n'a pas été mêlée au scandale des coopératives - veut marquer au fer rouge son dixième anniversaire d'existence, le 1er juin. Un concours de dessins pour enfants et jeunes âgés entre 10 et 18 ans, des activités sportives, des rafles, des conférences, des journées de louanges et de méditations tout un ensemble d'activités pour célébrer les dix ans de la solidité de cette institution, rescapée du naufrage des coopératives en 2001.
Depuis la première semaine d'avril, la CECCOMH implique ses membres dans un maëlstrom d'activités qui s'échelonneront jusqu'au 3 juin.
La coopérative de la Rue St-Honoré, qui dispose de trois succursales seulement à Port-au-Prince, compte, à l'occasion de sa première décennie, gâter ses sociétaires. Des conférenciers, triés sur le volet, approfondiront, à travers les trois succursales de l'institution financière, la mission et le fonctionnement d'un véritable système coopératif et les aideront à réfléchir sur leurs besoins en tant qu'humains et en tant que chrétiens.
Surtout implantée dans le milieu protestant, la CECCOMH est particulièrement sensible aux choses spirituelles, tout en aidant ses 3.000 membres à mieux gérer leurs ressources financières.
Avec plus de 20 millions de gourdes injectées dans le crédit, la coopérative au slogan "Servir et mieux servir" se taille déjà une belle place dans le mouvement coopératif haïtien, quasi effacé de l'horizon financier haïtien.
La faillite des coopératives à l'orée du 2e millénaire rend aujourd'hui encore plus difficile l'accès au crédit pour les petites bourses, obligées de faire affaire avec des usuriers beaucoup plus coriaces que les institutions financières. « Nous octroyons plusieurs types de crédits », affirme Blaise Alexis, directeur exécutif de l'une des agences de la CECCOMH.
Il vante le bienfait du crédit scolaire octroyé par son institution à des taux extrêmement faibles. « C'est le crédit de la famille, dit-il. Donc des enfants et des parents. Tous bénéficient directement de ce prêt. »
Des prêts à la consommation sont aussi acordés par la CECCOMH, fait remarquer M. Alexis qui souligne que pour la consommation directe et les prêts hypothécaires, les emprunteurs sont très nombreux.
Quant aux raisons expliquant l'absence de la CECCOMH de liste des coopératives naufragées des années 2001-2002, Jean-Marie Floriant, directeur de la commission du 10e anniversaire, a, lui, une explication toute simple : « la CECCOMH ne faisait pas partie des coopératives qui octroyaient 10% d'intérêt par mois sur les dépôts à termes. »
Si la Coopérative d'épargne et de crédit de la communauté haïtienne a néanmoins été affectée par cette crise ce ne fût qu'indirectement. « Des sociétaires venaient ici emprunter de l'argent pour investir dans ces coopératives, soupire Jean-Marie Floriant. Après leur effondrement, certains de nos clients ont eu du mal à rembourser leur prêt. »
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Culturel: événement «Esclaves au paradis», des bâtons dans les roues
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Culturel: événement «Esclaves au paradis», des bâtons dans les roues
L’événement « Esclaves au paradis » qui se déroule en France du 15 mai au 15 juin 2007, fait l’objet de vives controverses. Un réalisateur est même sous le coup d’une procédure judiciaire.
Mme Anne Lescot, organisatrice de cet événement, a informé qu’un des films programmés, « The price of the sugar » ( le prix du sucre) de Bill Haney est sous le coup d’une procédure judiciaire.
Ce film met notamment en cause l’une des plus grandes familles d’exploitants sucriers dominicains. « Je suis moi-même visée en tant que programmatirce des films et coordinatrice du colloque qui accompagne l’événement », explique Mme Lescot.
Elle précise que l’objectif de l’activité est de dénoncer la situation d’exploitation de braceros haïtiens en République Dominicaine.
« En diffusant cette information, je tiens à signifier que la liberté d’expression est un impératif que nul n’a le droit d’aliéner », s’indigne Anne Lescot qui affirme que la projection du film est toujours maintenue.
« Esclaves au paradis » est une série d’activités autour de la situation des haïtiens dans les bateys dominicains. Des images de la photographe Céline Anaya Gauthier seront exposées sur fond sonore enregistré par l’ingénieur Esteban Colomar.
Cette activité se déroulera à Paris du 15 mai au 15 juin 2007. En plus de l’exposition, il y aura des colloques et la projection de films qui montrent les conditions de vie infra humaines des haïtiens travaillant dans les bateys.
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Haïti / 8e Mémorial à la Chandelle National : ‘’Ann selebre lavi pou’n jwenn bout sida’’
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Haïti / 8e Mémorial à la Chandelle National : ‘’Ann selebre lavi pou’n jwenn bout sida’’
C’est autour du thème : ‘’Ann selebre lavi pou’n jwenn bout sida’’ que le 8e Mémorial à la Chandelle National se tiendra le dimanche 20 Mai prochain, à l’initiative de la Fondation des Promoteurs Objectif ZEROSIDA (POZ), en partenariat avec le Centre de Communication sur le Sida (CECOSIDA).
L’objectif, selon le Directeur Exécutif du POZ, est de mobiliser et obtenir le support des communautés, en particulier les secteurs religieux, les organisations de base, le secteur privé, pour une collaboration efficace dans le lutte contre le VIH/Sida. Ce sera aussi l’occasion pour les organisateurs de bannir la stigmatisation et la discrimination qui représentent un frein à l’utilisation des services de santé, si l’on en croit Dr Eddy Génesté.
Ce Mémorial constituera le point culminant d’une série d’activités qui ont débuté ce mercredi 16 Mai. « Un comité multisectoriel incluant les membres des associations de personnes vivant avec le VIH/SIDA et d’autres partenaires du secteur santé en Haïti », lit-on dans un communiqué du CECOSIDA.
Les activités inscrites dans le cadre du Mémorial à la Chandelle se déroulent dans les 10 départements géographiques du pays. « Plusieurs milliers de bougies sont allumées dans différentes églises pour honorer la mémoire des personnes disparues à cause du VIH/SIDA, le port de ruban rouge en signe de solidarité témoigne en ce jour l’intérêt des gens et leurs préoccupations vis-à-vis de cette pandémie », précise le communiqué.
La 8e édition du Mémorial à la Chandelle, le 24 Mai prochain, coïncide avec la 24e Journée Internationale
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Entente de coopération culturelle entre Haïti et le Canada
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Entente de coopération culturelle entre Haïti et le Canada
Le ministre de la Culture et de la Communication, Daniel Elie, a signé mercredi une entente de coopération culturelle avec Claude Joli-Cœur, président de l'Office national du film du Canada.
M. Joli-Cœur, qui dirige depuis le 13 mai une mission de l'Office national du film (ONF) du Canada en Haïti, est aussi commissaire intérimaire du gouvernement à la cinématographie canadienne, souligne un communiqué de l’ONF.
Le cinéma étant, en effet, un outil inestimable de cohésion sociale, l'ONF offrira dans le cadre de cette entente avec le gouvernement haïtien une collection de films documentaires, de fiction et d'animation qui enrichiront la programmation de la télévision nationale et des autres télévisions en Haïti.
Le conseillé spécial du ministre Elie, lors d’une visite à l’ONF en automne dernier, a appelé au soutien de l'institution en vue de la reconstruction culturelle de son pays.
La mission de l'ONF a également comme objectif d'évaluer la mise en place des projets structurants de formation en cinéma, qui utilisent le cinéma comme outil social.
« Afin d'offrir un panorama complet de la cinématographie d'ici, nous allons offrir 212 films de la collection de l'ONF au gouvernement haïtien pour diffusion à la télévision en Haïti et dans le réseau éducatif », annonce Claude Joli-Cœur, soulignant qu’il espère par cette première étape établir les ponts d’une fructueuse collaboration à long terme.
Le Canada joue un rôle de premier plan dans l'amélioration de la situation globale en Haïti depuis le rétablissement de la démocratie dans ce pays, rappelle cette note.
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Haiti : La journée mondiale de la communication commémorée en Haïti
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Haiti : La journée mondiale de la communication commémorée en Haïti
La journée mondiale de la communication, 17 mai, sera commémorée en Haïti par une série d’activités annoncées par le conseil national des télécommunications (Conatel), retenant la jeunesse au centre de cette célébration.
Le thème choisi pour cette journée: « connecter les jeunes ». Selon le directeur général du Conatel, M. Marcelin Montaigne, cette journée sera consacrée aux jeunes. « Ils sont l’avenir du pays, ils ont besoin d’avoir une place importante au sein de la société », a précisé M. Montaigne.
Les jeunes, dit-il, doivent contribuer à la mise en place des infrastructures dans le pays. Plusieurs initiatives sont déjà prises par les responsables du Conatel pour la réalisation de cette journée de commémoration.
Ils comptent, entre autres, bâtir des réseaux, donner accès gratuit à un système wirefine qui devrait être disponible dans toutes les zones où il y a un bureau Conatel. Ce projet vise tous les dix départements géographiques du Pays d’après ce qu’a affirmé, le directeur de la Conatel.
L’objectif du Conatel est de permettre à toute la population en général, les jeunes en particulier, d’avoir accès à l’internet a expliqué Marcelin Montaigne.
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Gracia Delva : Aura –t-il son visa américain.
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Gracia Delva : Aura –t-il son visa américain.
Depuis la semaine du 8 mai, les rumeurs deviennent de plus en plus sérieuses dans la capitale haïtienne avec la comparition à l’ambassade des Etats-Unis de la superstar haïtienne, le chanteur Gracia Delva de son groupe Mass compas. Suspens, Rumeurs, analyses et discussions ont fortement marqué cette semaine. Raison de savoir est ce qu’il y a lieu pour le chanteur d’obtenir un visa américain après sa déportation.
Beaucoup de fans de Gracia sont arrivés à faire le déplacement le mardi 8 mai, lors de la première rencontre, pour l’applaudir si tout c’était bien passé. Et le rendez vous a été reporté pour analyse de dossier.
Déporté vers son pays d’origine, Haïti, depuis cinq ans, Gracia Delva avait laissé Miami, femme et enfant, mais la cause de sa déportation reste jusqu’à présent inconnue du public. Des révélations confirment qu’il avait battu sa femme, d’autres insinuent qu’il avait utilisé une fausse identité pour voyager hors des Etats-Unis.
De retour en Haïti, il avait accusé le batteur de Zinglen, Ritchie d’être l’instigateur de sa déportation en Haïti. Grâce au producteur Richard Urbain, les deux musiciens se sont réconciliés pour accoucher l’album à succès « Yo remele »
Plus d’un disent que la démarche relève du gouvernement ou de la présidence parce qu’il avait soutenu la campagne présidentielle de René Préval. Comme d’autres artistes, Gracia Delva veut augmenter ses fans d’ici et d’ailleurs. L’obtention d’un visa américain aurait pu lui s’en servir pour réveiller ses fans et satisfaire d’autre public. Le dossier de Gracia Delva est encore en examen au consulat américain.
Fortestson Lokandya Fénelon
laitferson@yahoo.fr
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Deux initiatives du Conatel pour les jeunes haïtiens
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Deux initiatives du Conatel pour les jeunes haïtiens
A l'occasion de la Journée mondiale des télécommunications et de l'information, le 17 mai, une place centrale est accordée aux jeunes. Le Conseil national des télécommunications (Conatel) leur montrera à utiliser les technologies de l'information et de la communication (TIC) afin d'améliorer leurs conditions de vie. Une démarche qui tient particulièrement à coeur à son DG.
Le Conseil national des télécommunications entend mettre sur pied deux initiatives qui, si elles réussissent, aideront les jeunes Haïtiens à rouler eux aussi sur l'autoroute de l'information.
La première vise le développement de réseaux « Web Max » en vue de donner l'accès à haut débit dans tout le pays. « Les compagnies de téléphonie mobile de la place sont déjà intéressées par une telle démarche », a expliqué Montaigne Marcelin, directeur général du Conatel.
La seconde consiste à développer le « back bone » (épine dorsale) du réseau afin d'aboutir à la liaison Internet entre les villes et les communes de tout le pays. M. Marcelin se félicite déjà de la mise en place d'un accès gratuit à l'Internet à partir du «Wi-Fi », disponible, selon lui, dans toutes les zones où se trouve un bureau du Conatel, et ce dans les dix départements géographiques du pays.
Pour le DG du Conatel, une telle mesure est de nature à changer la vie des jeunes haïtiens. «Ils représentent l'avenir du pays, dit-il du ton convaincu de celui qui est sûr d'avoir raison. Par conséquent, il faut leur accorder une place primordiale dans toute démarche visant le développement de la société.»
C'est pourquoi l'institution qu'il dirige est particulièrement intéressée par le thème retenu cette année par l'Union internationale des télécommunications pour célébrer la Journée mondiale des télécommunications et de l'information : « Connecter les jeunes : les possibilités offertes par les TIC ».
D'entrée de jeu, le numéro un du Conatel précise que cette question ne concerne pas seulement les jeunes écoliers et universitaires mais également les jeunes paysans et artisans de l'ensemble de la République d'Haïti. «Lorsque nous parlons de jeunes, nous voyons tous les jeunes qui composent la force productive du pays », dit-il, précisant qu'il faut d'abord mettre en place les infrastructures nécessaires afin de leur permettre d'entrer en relation avec les jeunes du monde entier.
L'ingénieur rappelle que si le Conatel est d'abord un organe régulateur du secteur des télécommunications, il peut aussi s'engager dans l'action sociale. « Nous ne pouvons réguler la pénurie ou la misère. Nous devons participer d'une façon ou d'une autre à la mise en place des infrastructures que nous voulons réguler, fait-il remarquer, ajoutant qu'avec l'Internet, les jeunes peuvent créer leur propre entreprise. Ce que le jeune américain ou le jeune européen réalise avec l'Internet, le jeune haïtien peut aussi le réaliser. Il suffit de lui permettre d'avoir l'accès à cette technologie très rentable. »
M. Marcelin encourage la population à accéder à l'Internet plus par Wi-Fi que par satellite. La raison ? L'accès par satellite, contrairement au Wi-Fi, est très coûteux (soit 70 dollars US par mois) et, généralement, l'abonné n'utilise même pas la quantité de service pour laquelle il a payé. Dans le cas d'un bureau public, dit-il, c'est encore pire. Car fort souvent, les bureaux publics ferment entre trois heures et quatre heures de l'après -midi. Un gaspillage, regrette-t-il. «Ne peut-on pas partager ces 70 dollars américains avec les couches défavorisées, surtout les jeunes dépourvus de moyens financiers et qui voudraient bénéficier des possibilités qu'offre cette ressource ? », questionne M. Marcelin qui se rappelle avoir lui-même ajouté une petite antenne au réseau satellite en vue de distribuer cette capacité aux jeunes.
Plusieurs activités ont été organisées à travers le pays dans le but de sensibiliser les jeunes sur les possibilités que leur offrent les TIC. Des centaines de jeunes ont réagi positivement à cette initiative, aux dires du directeur Marcelin. Les activités de sensibilisation continuent le jeudi 17 mai au Karibe Convention Center, dans la matinée avec une cérémonie commémorative de la journée du 17 mai. Enfin, une conférence-débat aura lieu vers 13 heures, au local du Conatel, sis au Bicentenaire.
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L’ONU annonce le renforcement de la lutte contre le Sida en Haïti
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Haïti-ONU-Sida
L’ONU annonce le renforcement de la lutte contre le Sida en Haïti
Enquête conjointe de l’ONUSIDA et de la Fondation SOGEBANK sur la perception de la maladie chez des leaders d’entreprises
samedi 12 mai 2007,
Radio Kiskeya
Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) a annoncé vendredi à New York le renforcement de sa coopération avec Haïti en vue de l’aider à obtenir de meilleurs résultats dans la lutte contre la pandémie.
Dans cette perspective, le Fonds global pour le Sida prévoit de consolider ses relations avec la Fondation Sogebank. Cette entité de l’une des banques commerciales de la place est chargée de la gestion des ressources affectées à la lutte contre le Sida en Haïti.
Conjointement avec l’ONUSIDA, la Fondation SOGEBANK entend multiplier les initiatives en faveur des personnes infectées par le VIH. A cet effet, une enquête a été menée par les deux organismes auprès des responsables des vingt premières entreprises haïtiennes sur leur niveau de connaissance de la maladie.
L’étude montre que les entreprises employant beaucoup plus de gens disposent d’informations pertinentes sur le fléau et sont capables de l’affronter avec plus d’efficacité.
La séroprévalence est en net ralentissement en Haïti, passant de 6% en 1993 à 3% en 2006. Cependant, beaucoup de personnes infectées par le virus du Sida continuent à en mourir à cause du coût prohibitif des médicaments les plus performants. Ce problème pourrait être bientôt résolu avec la décision des compagnies pharmaceutiques de vendre à des prix préférentiels des médicaments destinés à 66 pays très affectés par le VIH, parmi eux Haïti. Un accord conclu grâce aux bons offices de l’ancien Président démocrate américain, Bill Clinton, l’une des personnalités les plus engagées dans la lutte contre la pandémie à l’échelle planétaire. spp/RK
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Haïti-Musique : Le chanteur BélO termine une tournée africaine à Dakar le 11 mai 2007
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- Alterpresse:
Haïti-Musique : Le chanteur BélO termine une tournée africaine à Dakar le 11 mai 2007
Le chanteur haïtien Jean Bélony Murat, plus connu sous le nom de BélO, prix Découvertes RFI 2006, vient de terminer le 11 mai 2007 une tournée en Afrique par un concert à Dakar, Sénégal.
Un mois sur la route, 8 concerts, des milliers de kilomètres et de fanatiques, le bilan est plus que positif, estiment les observateurs.
Des souvenirs amassés, la traversée du désert nigérien, la présence de compatriotes, même dans les contrées les plus lointaines et la pluie bravée par un public passionné à Bobo Diolasso : BélO a donné un total de 8 concerts durant sa tournée africaine qui l’a mené successivement à Bamako (Mali), Ouagadougou (Burkina Faso), Niamey (Niger) et Accra (Ghana).
Hasard du calendrier, le dernier concert a lieu le vendredi 11 mai 2007, date anniversaire de la mort de Bob Marley, événement largement célébré au Sénégal.
Arborant fièrement, ce soir-là à Dakar, un t-shirt à l’effigie de celui dont il partage le goût du reggae, BélO a séduit largement le public en interprétant l’un des titres de Bob Marley.
La version française de « Lakou Trankil » (cour tranquille) - titre de son premier album et morceau avec lequel BélO a décroché le Prix Découverte RFI 2006, a été également très applaudie.
« Cette chanson, écrite en 2004 dans un contexte haïtien bien particulier, est toujours d’actualité aujourd’hui. Ce n’est pas seulement Haïti qui veut la paix, qui veut du changement, c’est l’Amérique, l’Afrique, en fait le monde entier », explique le chanteur haïtien devant le public sénégalais.
Au cours du concert, BélO a choisi de revisiter deux des plus grands tubes de Tracy Chapman, cette chanteuse afro-américaine engagée.
Passé 23 heures, ce vendredi 11 mai 2007, le concert touchant à sa fin, tout le monde s’est levé et a dansé au son de Jasmine, chose extrêmement rare ici. BélO a alors fait découvrir le konpa dirèk (le rythme populaire haïtien) aux Dakarois !
Ce qu’il faudra retenir de la soirée du 11 mai dans la capitale sénégalaise, c’est la simplicité des mots, la présence sur scène et les mélodies séduisantes de BélO, l’initiateur du Ragganga, dont le public espère voir les prestations à la sortie de son 2e album attendu pour 2008.
Entre-temps, le programme de BélO semble chargé dans les prochains jours, avec des concerts à Angoulême (France), puis aux Etats-Unis d’Amérique, et le retour prévu au pays (Haïti) avec d’autres prestations déjà au calendrier.
Pour clôturer sa tournée musicale sur le continent africain, BélO devait se rendre sur l’île de Gorée, l’un des principaux points de départ des bateaux négriers, classé au patrimoine mondial par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco).
Ce pèlerinage symbolique allait l’emmener jusqu’à la Maison des Esclaves, d’où sont partis par milliers des hommes, des femmes et des enfants en direction des Amériques.
BélO et l’Afrique : une relation qui commence à peine, puisque c’est ici qu’a été lancée sa carrière internationale, au Cameroun l’été dernier (2006). Et depuis, cette carrière semble avoir pris son envol.
Marjolaine Blanc
Dakar, Sénégal
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Visite aux Etats-Unis des six maires de la région métroplitaine de Port-au-Prince.
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Visite aux Etats-Unis des six maires de la région métroplitaine de Port-au-Prince.
Ils tenteront de s’inspirer de la gestion municipale à Spring Valley et à Ramapo pour donner une nouvelle impulsion au développement local en Haïti
lundi 14 mai 2007,
Radio Kiskeya
Six maires haïtiens dont celui de Port-au-Prince, Jean-Yves Jason, sont attendus mercredi dans le comté de Rockland, dans l’Etat de New York, où ils observeront la gestion municipale dans les communautés de Spring Valley et de Ramapo, rapporte le quotidien local The Journal News.
Les maires de Pétion-Ville, Claire Lydie Parent, Delmas, Wilson Jeudi, Carrefour, Yvon Jérôme, Cité Soleil, Wilson Louis et Tabarre, Jean-Frantz Théodat feront également partie de la délégation qui répondra à une invitation du maire d’origine haïtienne de Spring Valley, Joseph Desmarais.
Durant leur séjour, les élus de la capitale et de ses cinq communes voisines analyseront le modèle municipal américain. Des visites guidées et des entretiens avec des officiels, le personnel des municipalités et des représentants de la communauté haïtienne de Spring Valley et de Ramapo seront notamment au programme.
Les maires feront aussi une tournée au Spook Rock Golf Course avant de participer à un dîner de levée de fonds le 19 mai au Hilton Garden Inn et d’assister à la parade annuelle de l’unité.
"C’est un programme important parce que ce qui arrive au pays (Haïti) est le résultat d’une mauvaise gestion de longue durée, a déclaré Joseph Desmarais ajoutant "avec ce type d’accompagnement, nous allons aider les maires nouvellement élus à voir et comprendre comment se font les choses ici et ils pourront appliquer les mêmes méthodes en Haïti".
"Les gens de Spring Valley me demandent d’inviter d’autres maires haïtiens quand nous aurons fourni un encadrement à ce groupe parce chacun est originaire d’une petite communauté qu’il souhaiterait voir bénéficier de cette expérience", a affirmé plus loin l’élu de Spring Valley.
La visite des maires prendra fin le 21 mai.
Selon le dernier recensement général américain remontant à l’an 2000, environ 11.000 haïtiens vivent dans le comté de Rockland. Cependant, selon des avocats travaillant dans la communauté, cette estimation serait très inférieure à la taille réelle de la population d’origine haïtienne.
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EMELINE MICHEL FAIT SALLE-COMBLE A BOSTON
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EMELINE MICHEL FAIT SALLE-COMBLE A BOSTON
EMELINE & JENNIE ROMAIN
Tamboo life Brockton MA
Par Jacklin Jean Paul
La chanteuse haïtienne de renommée internationale Emeline Michel a remporté un succès fou le samedi 12 mai à Boston où elle se produisait en prélude à la fête des mères (célébrée cette année le 13 mai aux Etats-Unis).
Cette grande dame de la chanson haïtienne a enflammé le public sélect mais nombreux du restaurant Tamboo en lui offrant un florilège qui comprenait notamment nasyon solèy, fòm ale, moso manman, nonm sa et sans oublier A.K.I.K.O, ce hit qui plus de 10 ans après sa sortie continue de provoquer l’hystérie.
« En plus d’être accueillants, ils sont très démonstratifs », s’est réjouie la gonaïvienne qui a salué au passage le courage des mères haïtiennes.
Emeline a également exécuté sam pa wè yo, morceau qui sera gravé sur son prochain album dont elle annonce la sortie pour ce mois d’octobre.
La star qui a célébré, il n’y a pas longtemps, ses vingt ans de carrière a profité de cette prestation à Massachusetts pour signer des othographes et poser en photos avec ses fans qui ne voulaient pas la laisser partir.
Accompagnée de musiciens talentueux tels Macarioist Césaire et Welmir v Jean-Pierre a indiqué que son passage à Boston entre dans le cadre d’une tournée qui devra la conduire tour à tour à Miami à Jacmel et à Montréal.
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Faire ses courses en voiture !
Related to country: France
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Une entreprise américaine, AutoCart, envisage de construire d'ici la fin de l'année le premier supermarché dans lequel le consommateur fera ses courses au volant de sa voiture.
Vous en avez assez de marcher sous la pluie pour rejoindre les galeries marchandes, de tourner des heures avant de trouver une place de parking, ou encore de perdre du temps dans les rayons en cherchant les produits ? AutoCart, entreprise basée au Nouveau-Mexique, a peut-être trouvé la solution à vos maux.
Cela s'appelle l'AutoCart Drive-Thru Supercenter. Autrement dit, un Market Drive, un centre commercial où vous n'aurez pas à sortir de voiture.
Comment ça marche ? Pour le moment, il ne s'agit que de plans. Aucun Supercenter de ce type n'a pour l'heure été construit. Mais AutoCart a bien imaginé les choses. Chaque Drive-Thru comptera une soixantaine de bornes pour commander et payer les marchandises. Chacune d'elle sera munie d'un écran tactile qu'il faudra détacher et mettre sur son volant.
Une fois la commande passée, les paquets seront acheminées jusqu'au véhicule sur un tapis roulant. Les consommateurs n'auront plus qu'à ouvrir leur coffre et y glisser le tout.
AutoCart a estimé le coût d'un de ses Supercenter à 18 millions de dollars environ. Le premier d'entre eux devrait sortir de terre d'ici la fin de l'année 2007. On a hâte de voir ça…
Faire ses courses en voiture?? vos réactions !
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UN SG bio
Related to country: South Korea
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BAN KI-MOON
Ban Ki-moon of the Republic of Korea, the eighth Secretary-General of the United Nations, brings to his post 37 years of service both in government and on the global stage.
Career highlights
At the time of his election as Secretary-General, Mr. Ban was his country’s Minister of Foreign Affairs and Trade. His long tenure with the ministry included postings in New Delhi, Washington D.C. and Vienna, and responsibility for a variety of portfolios, including Foreign Policy Advisor to the President, Chief National Security Advisor to the President, Deputy Minister for Policy Planning and Director-General of American Affairs. Throughout this service, his guiding vision was that of a peaceful Korean peninsula, playing an expanding role for peace and prosperity in the region and the wider world.
Mr. Ban has longstanding ties with the United Nations, dating back to 1975, when he worked for the Foreign Ministry’s United Nations division. That work expanded over the years, with assignments as First Secretary at the ROK’s Permanent Mission to the UN in New York, Director of the UN Division at the ministry’s headquarters in Seoul, and Ambassador to Vienna, during which time, in 1999, he served as Chairman of the Preparatory Commission for the Comprehensive Nuclear Test Ban Treaty Organization. In 2001-2002, as Chef-de-Cabinet during the ROK’s Presidency of the General Assembly, he facilitated the prompt adoption of the first resolution of the session, condemning the terrorist attacks of 11 September, and undertook a number of initiatives aimed at strengthening the Assembly’s functioning, thereby helping to turn a session that started out in crisis and confusion into one in which a number of important reforms were adopted.
Mr. Ban has also been actively involved in issues relating to inter-Korean relations. In 1992, as Special Advisor to the Foreign Minister, he served as Vice Chair of the South-North Joint Nuclear Control Commission following the adoption of the historic Joint Declaration on the Denuclearization of the Korean Peninsula. In September 2005, as Foreign Minister, he played a leading role in bringing about another landmark agreement aimed at promoting peace and stability on the Korean peninsula with the adoption at the Six Party Talks of the Joint Statement on resolving the North Korean nuclear issue.
Education
Mr. Ban received a bachelor's degree in international relations from Seoul National University in 1970. In1985, he earned a master's degree in public administration from the Kennedy School of Government at Harvard University.
Prizes and awards
Mr. Ban has received numerous national and international prizes, medals and honours. In 1975, 1986 and again in 2006, he was awarded the ROK’s Highest Order of Service Merit for service to his country.
Personal
Mr. Ban was born on 13 June 1944. He and his wife, Madam Yoo (Ban) Soon-taek, whom he met in high school in 1962, have one son and two daughters. In addition to Korean, Mr. Ban speaks English and French.
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Quote - UN SG
About this event: 15th Commission on Sustainable Development Related to country: United States
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Energy, climate change, industrial development and air pollution are critical items on the international agenda. Addressing them in unison creates many win-win opportunities and is crucial for sustainable development.
Secretary-General Ban Ki-moon, New York, 9 May 2007
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Michel Montas, fier de toi !
Related to country: Haiti
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Secretary-General appoints Michele Montas, an award-winning journalist from Haiti, as his Spokesperson. Prior to her appointment, Ms. Montas headed the French unit of UN Radio. In 2003-04, she served as the Spokesperson for the President of the General Assembly.
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SECRETARY-GENERAL APPOINTS PROFESSOR KONRAD OSTERWALDER OF SWITZERLAND
Related to country: United States
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Secretary-General
SG/A/1063
BIO/3871
UNU/208
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Department of Public Information • News and Media Division • New York
Biographical Note
SECRETARY-GENERAL APPOINTS PROFESSOR KONRAD OSTERWALDER OF SWITZERLAND
RECTOR OF UNITED NATIONS UNIVERSITY
Following consultations with the Director-General of the United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization (UNESCO), Koichiro Matsuura, and with his concurrence, UN Secretary-General Ban Ki-moon has appointed Professor Konrad Osterwalder of Switzerland as Rector of the United Nations University (UNU).
Prof. Osterwalder will be the fifth Rector of the United Nations University. He is expected to assume his position at the University's headquarters in Tokyo on 1 September. The decision to appoint Prof. Osterwalder was taken after an extensive international search process. Prof. Osterwalder will succeed Prof. Hans van Ginkel, a geographer from the Netherlands, who has served as UNU rector since 1997.
Prof. Osterwalder is a Swiss physicist who is the current Rector, as well as President ad interim, of the Swiss Federal Institute of Technology (ETH), Zürich.
He earned his doctorate in theoretical physics at ETH in 1970. He has held positions at the Courant Institute of Mathematical Sciences at New York University, Harvard University and the Alfred P. Sloan Foundation. He has been a visiting fellow at a number of universities and research institutes around the world. Prof. Osterwalder was appointed as a full professor at ETH Zürich in 1977.
Prof. Osterwalder’s research has focused on the mathematical structure of relativistic quantum field theory, elementary particle physics and statistical mechanics. He has taught the natural sciences and engineering for more than two decades. Since 1995, Prof. Osterwalder has served as the Rector of ETH-Zürich.
Prof. Osterwalder is a member of the Swiss Academy of Technical Sciences, and holds an honorary doctorate from the Helsinki Technical University.
UNU is an international network of scholars that serves as a think tank for the United Nations system. The UNU system comprises 13 research and training centres and programmes and several hundred cooperating research institutions and academics from more than 90 countries. The University’s research, capacity development and knowledge-sharing activities are focused on issues of peace, governance, environment and sustainable development.
Prof. Osterwalder greatly values the importance of UNU, and intends to promote and enhance the collaboration of this key institution with leading institutions around the world.
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UN PRESS CONFERENCE BY NEW UNITED NATIONS SPECIAL ENVOYS ON CLIMATE CHANGE
About this event: 15th Commission on Sustainable Development Related to country: Haiti
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Press Conference
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Department of Public Information • News and Media Division • New York
PRESS CONFERENCE BY NEW UNITED NATIONS SPECIAL ENVOYS ON CLIMATE CHANGE
At a time of unprecedented awareness of the dangers of climate change, nations must adopt a common front to balance economic growth with responsible energy consumption and environmental protection, the three newly appointed United Nations Special Envoys on Climate Change said at a Headquarters press conference today.
They pledged to assist Secretary-General Ban Ki-moon in convincing Heads of State and Government, as well as other major stakeholders, to reach consensus on stemming the growth of greenhouse gas emissions, in accordance with the Kyoto Protocol, before a proposed high-level meeting in September or the climate change conference scheduled for December in Bali. “No single policy in any single country is going to be able to solve this issue,” said Ricardo Lagos, former President of Chile, adding: “It is here in this institution that we are going to be able to solve that, or we are going to fail.” The key was to convince developed and developing countries alike –- with their vastly different levels of per capita energy consumption –- that they could, in fact, engage in cost-effective, responsible consumption without slowing economic expansion.
Echoing that claim, Gro Harlem Brundtland, former Prime Minister of Norway and former Chair of the World Commission on Environment and Development, said: “We know that the world is warming up and we know that the issue is to be able to act quickly enough, so that we can avert the types of dramatic consequences that are also irreversible if things are set in motion without sufficient action early enough.” Climate change was a complicated economic issue that must be addressed through a comprehensive framework by ministers of finance and foreign affairs, as well as by Heads of State and Government.
Han Seung-soo, former Minister for Foreign Affairs of the Republic of Korea and President of the fifty-sixth session of the United Nations General Assembly, added that last month’s first-ever Security Council debate on the impact of climate change on peace and security was proof that it had become a security issue as well. “Although we are not scientists, we are here to help the Secretary-General in gathering information in order for him to make constructive and wise decisions for the future of humanity.”
In response to a question about who the Special Envoys would reach out to, Mr. Lagos said they would contact Heads of State and Government, and representatives of such groups as small island developing States, stressing that all States must take responsibility for greenhouse gas emissions.
Asked whether they would push the Bush Administration to recognize the need to curtail corporate profits in order to save the environment, Dr. Brundtland said that, despite its refusal to ratify the Kyoto Protocol, the United States was actively involved in important reports of the Intergovernmental Panel on Climate Change. The Special Envoys agreed that an attitudinal change was sweeping the United States, whereby Government and business were warming up to the need to address climate change concerns in a responsible manner.
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UN Press Conference - May 09, 2007
About this event: 15th Commission on Sustainable Development Related to country: Haiti
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UN Press Conference - May 09, 2007
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Department of Public Information • News and Media Division • New York
PRESS CONFERENCE BY UN-HABITAT on climate change impact on world’s cities
The year 2007 would witness the decisive transformation of human beings into an urban species, with homo sapiens becoming homo urbanus, Anna Tibaijuka, Under-Secretary-General and Executive Director of the United Nations Human Settlements Programme (UN-HABITAT), said at Headquarters today.
During a press conference where she briefed on the effects of climate change on the world’s cities, she said people were increasingly living in cities and towns. About one third of the urban poor were “environmental refugees” as a result of climate change in places like Africa, where pastoral systems were no longer economically viable. Many of the continents conflicts were linked to failing environmental systems and energy consumption.
Noting that the public domain was not following such issues closely, she said policies had also failed, in large part, to keep pace with the challenges of supplying energy and containing climate change. Africa was the fastest urbanizing region, with about 37 per cent of its people already living in cities and towns. By 2030, it would cease to be a rural continent. Given that 72 per cent of the African urban population now lived in slums, supplying energy -- not to mention water and sanitation –- became very challenging. The Millennium Development Goals would not be achieved without a focus on, and understanding of, the spatial dimensions of development and how people lived.
Cities offered the best opportunities for industrial growth and production, and city governments were the key drivers of industrialization, she said. However, in many urban areas, industrialization had not been growing in the way it should. Excessive unemployment and environmental damage were the outcome.
She went on to say that, with increasing urbanization, most cities and mega-cities were threatened by rising sea levels, particularly coastal cities like New York, Mumbai and Shanghai. However, it was crucial to recognize that cities and urban residents must not be mere victims of climate change. They must shape the phenomenon and prepare themselves for the eventual challenges and disasters emanating from climate change. Urban governance and city planning could well be a solution. Sustainable urbanization was the key, without which sustainable development could well prove elusive.
In response to a question about the spread of slum dwellers in Africa, she said that, out of the world’s 3 billion urban residents, about one third lived in slums or informal settlements. Africa had the deepest problem, with 72 per cent of its unseen population being in slums, for Asia it was 46 per cent, and Latin America 32 per cent. Northern African countries were doing better than sub-Saharan ones. For example, the slum populations in cities like Dar es Salaam, for example, could be as much as 90 per cent.
Asked about the major challenges facing very poor slum dwellers and indigenous people in Rio de Janeiro and São Paulo, she said that, in terms of ethnic groups, climate change could impose challenges on their lifestyles, as in the case of East Africa’s Maasai pastoralists. Many of them were no longer herdsmen, but were engaged in other activities in the cities, where they lived as “climate change refugees”.
One quarter of Rio de Janeiro’s people lived in hillside slums known as favelas or in flood plains, she said. It was a difficult situation in which they had no security of tenure, and city government sometimes had no access to neighbourhoods that were run by gangs and drug lords. It was not possible to deliver sustainable development in such cases.
Asked whether the Indian Ocean tsunami could have been a result of nuclear testing, she said the International Atomic Energy Agency was a more competent authority to answer that question. From UN-HABITAT’s perspective, better constructed houses could have prevented considerable damage. Practically all the Dutch colonial cottages in Banda Aceh had survived the tsunami, because they had been built in such a way as to foresee the likely danger of a tsunami.
Responding to a question about the number of cars in Asia, she emphasized the importance of changes in lifestyles, noting, however, that such change must be adopted by all.
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God's People (1979)
Related to country: United States
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From: www.urbana.org
God's People (1979)
Fourth in a four-part series from Urbana 79
by John Stott
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"The cross can prove God's love only if God and Jesus were so completely one in being that in giving Jesus God was giving himself."
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Let me begin by explaining and defending my choice of the expression "God's People" as the title for Romans 5:1-11. Some explanation is certainly necessary because "the people of God" are not specifically mentioned here. Nevertheless, they appear throughout in the dozen or so "we" sentences. For in these Paul identifies himself with all those who have been "justified by faith," in other words with the new community of the new age.
The changes of pronoun in these early chapters of Romans have not, I think been sufficiently noticed or appreciated by commentators. The characteristic pronoun of the first half of chapter 1 is I as Paul asserts his apostolic commission and gospel, relates himself to his Roman readers and declares, "I am under obligation.... I am eager. . . . I am not ashamed." In the second half of chapter 1, however, the pronoun changes to they as the apostle describes the demoralized Gentile world: "Though they knew God, they did not honor Him as God ... They are without excuse."
With chapter 2 the pronoun changes again and now becomes you, as Paul addresses first the critical moralist ("you are without excuse, every man of you who passes judgment," v.1) and then the self-righteous Jew ("if you bear the name 'Jew,' " v.17, and "you therefore who teach another, do you not teach yourself?" v. 21).
With chapter 3 Paul reverts to the third person they, as he describes first "all the world" without excuse before God (vv. 1-20) and then "all those who believe" and are justified (vv. 21-31). This descriptive style continues in chapter 4 as he tells the story of Abraham and his descendants.
But suddenly in 4:16 Paul introduces the first person plural by designating Abraham "the father of us all." "The Jews looked upon Abraham as the great dividing point in the history of mankind," comments Anders Nygren. (He is referring to the fact that it was to Abraham that circumcision was given, and from then on humanity was deeply divided between the circumcised and the uncircumcised.) "But according to Paul, Abraham through his faith became the great rallying point for all who believe, whether circumcised or uncircumcised.” Thus, circumcision was a divisive, but faith is a unitive, influence. In Christ, as Abraham's true descendants by faith, we are one.
It is, then, this single new believing community whose identity as the people of God Paul is expressing in chapter 5, first by a whole succession of "we" sentences ("we have peace with God," "we exult in hope," etc., vv. 1-11) and then by the great analogy between Adam and Christ as the respective heads of two communities (vv. 12-21), the Adamic community united in sin, condemnation and death, and the Christian community in grace, justification and life. Hence my title for our text, "God's People."
Most commentators seem to be agreed that a new section of Romans begins with 5:1. Paul has been expounding the doctrine of justification by faith (its need, source, basis and means); now he begins to describe its consequences or fruits in the new, justified community. Anders Nygren suggests (followed by C. E. B. Cranfield) that Paul states the theme of the whole letter in 1:17 ("he who through faith is righteous shall live"); that in the letter's first part (1:18-4:25) he "has painted the picture of him 'who through faith is righteous'"; and that "the task of the next four chapters is to show what it means to say that he who through faith is righteous 'shall live."' For the believer has "through Christ ... been delivered from the age of death and received into the age of life. What does it mean to 'live,' in this pregnant sense?"
To grasp Paul's full answer to this question, we would need to study not the next eleven verses only, but the next twelve chapters. For Paul describes in chapters 5-8 the freedom of those who are in Christ, in chapters 9-11 the unfolding historical purpose of God, and in chapters 12-16 the ethical responsibilities, individual and social, in church and state, of God's redeemed people.
But already in the first half of chapter 5 he utters a series of bold affirmations in the name of all God's people who have been justified by faith. There are six of them. "Therefore, having been justified by faith" (v. 1), (1) "we have peace with God through our Lord Jesus Christ" (v.1); (2) "we have obtained our introduction by faith into this grace in which we stand" (v. 2); (3) "we … exult in hope of the glory of God" (v. 2); (4) "we also exult in our tribulations" (vv. 3-8); (5) "we shall be saved" (v. 9, repeated in v. 10); (6) "we also exult in God through our Lord Jesus Christ" (v. 11).
I think you will agree with me that this is a remarkable series of confident statements. Here is Paul's preliminary picture of the community of justified believers. This is the meaning of the "life" which is enjoyed by those who are "righteous through faith." It includes having peace with God, standing in grace, exulting in hope, exulting in tribulation, being sure of salvation and exulting in God.
We Have Peace with God
The pursuit of peace is a universal obsession, and innumerable remedies have been proposed to those who lack it and seek it. It is of vital importance, therefore, to grasp the biblical teaching that true peace is peace with God. As Luther rightly comments, although we do not yet have peace "with men and the flesh and the world and the devil," we do have peace with God. For God has turned away from us that wrath which previously rested upon us. He has forgiven and justified us. So "having been justified by faith, we have peace with God."
Another word for this peace is "reconciliation." Justification and reconciliation are not identical, though God never justifies sinners without reconciling them to himself, and never reconciles sinners to himself without justifying them. But justification is the verdict of a judge in a law court; it does not necessarily involve him in any personal relationship with the prisoner he has acquitted.
Reconciliation takes place, however, when the father welcomes the prodigal home and reinstates him in the family. There is no peace like peace with God. It is peace with God as an objective fact which is the foundation of the peace of God as a subjective experience. For our Judge has become our Father, and our Creator our Friend.
Moreover, peace with God is "through our Lord Jesus Christ." For he is "the prince of peace." At his birth the good news of "peace on earth" was proclaimed, and by his death "He made peace" between God and man (Is. 9:6; Lk. 2:14; Eph. 2:15; Col. 1:20). This is the "peace" which the prophets foretold as the supreme blessing of the messianic age, the shalom of the kingdom of God. And since Christ's kingdom has already begun, it is possible to say that "we have peace with God" as a present possession.
It is true that there are alternative readings in the Greek, and that the subjunctive (echōmen) "let us have" peace is rather better attested than the indicative (echomen) "we have" peace. Nevertheless, here is a case when the context must be allowed to override the grammar. Throughout the paragraph Paul is making affirmations, ending in verse 11 with the statement that through Christ "we have now received the reconciliation"; an exhortation in verse 1 would be completely inappropriate.
We rejoice, then, in this first fruit of our justification. "We have peace with God through our Lord Jesus Christ." It is not an exhortation but an affirmation, not a feeling of spiritual euphoria but a fact of reconciliation, not a promise for the future but a possession of the present.
We Are Standing in Grace
Through Jesus we have obtained our introduction by faith into this grace in which we stand (v. 2). Paul moves from peace to grace. At the beginning of the letter, he said, "Grace to you and peace from God our Father and the Lord Jesus Christ" (1:7). Grace and peace always belong together. So now he moves from the peace we "have" to the grace into which "we have obtained our introduction" and in which we continue to "stand." Previously we lived under the wrath of God, but now we stand in his grace.
What can we learn about grace? Grace is God's kindness to the undeserving. Grace is the unsolicited, undeserved, unconditional love of God. Grace is God pursuing us until he has found us and persevering with us after he has. Here, however, in verse 2 the "grace" of which Paul writes is less a quality of God (his graciousness) than a position or state into which he has brought us ("the sphere of God's grace," NEB). The whole Christian life is, in fact, "this grace," into which through our Lord Jesus Christ we have been introduced and in which we stand. Notice these two stages which Paul specifies.
The Greek word prosagoge refers to the "introduction" (NASB) or "access" (AV, RSV, NIV) of somebody into the presence of a superior. It was used in secular contexts of subjects granted an audience of their sovereign and in the Old Testament of worshipers approaching God. Having been justified by faith, it is our privilege to enjoy an audience of the Great King and nearness to the God we worship.
Paul then makes the significant addition that now we "stand in" the grace into which we have been introduced. If we were invited to visit the president in the White House or Queen Elizabeth in Buckingham Palace, we would not move in and take up residence. Even when the Israelites spoke in Old Testament times of drawing near to God, they were referring to set times of worship. But justified believers have a blessing far greater than an occasional audience or a periodic approach. We have been granted access into a state of grace in which we stand. We are privileged, as it were, to stay in the palace, to live in the temple.
The perfect tenses of both verbs underline this: "We have obtained access into this grace in which we have come to stand." In other words, the relationship with God into which our justification has brought us is not sporadic but continuous, not precarious but secure. We do not pop in and out of grace as a courtier in olden days might find himself in and out of favor with his sovereign. If we could fall in and out of grace, we would be obliged every time to seek rejustification.
But no, having been justified by faith once and for all, we stand firm and sure in the grace into which we have been brought. As Paul writes at the end of chapter 8, nothing can separate us from God's love in Christ Jesus our Lord.
We Exult in Hope of the Glory of God
One of the chief points of divergence between the religions and ideologies of mankind is the different views they take of the future. The old religions of Greece and Rome had little expectation to cheer them; they rather looked back to a golden age in the past.
The ancient religions of the East are scarcely interested in historical development. Believing in an endless cycle of reincarnations for the individual, their concept of time is more cyclical than linear.
Western existentialists, who say life has no meaning, naturally add that questions about the future are absurd, and they lapse into despair. Evolutionists are imbued with hope, but they project it so many millions of years into the future that it offers little comfort in the present. Ordinary people, deeply apprehensive about the ecological crisis and the nuclear stockpile, are usually very gloomy about the future. Only Marxists have a program for the future and dream their dreams (proud, self-confident dreams) of the utopia which will follow the world revolution.
From this medley of dreams and nightmares it is a relief to turn to the reality which God has revealed. "We exult in hope of the glory of God." The Christian gospel offers hope. Without the familiar trio—“faith, hope and love" there would be no authentic Christianity. This hope is not uncertain like the human hopes of every day. It is a joyful and confident expectation, which is why we can "exult" in it.
Also it is another natural fruit of justification. Justification, as we have seen, is the verdict of the Divine judge who declares righteous those who take refuge in Jesus. In their case the verdict of the last day has already been declared. In this sense, justification is an "eschatological" event. In the case of those who have been justified, "there is therefore now no condemnation" (8:1), for the sentence of the Day of Judgment has already been given, and given in their favor. So we rejoice in hope of the glory of God; the God who has justified us is going to glorify us.
But what is "the glory of God"? For too many of us it is a synonym of heaven, meaning, "Oh! That will be glory for me." Which is true, but the New Testament emphasis lies elsewhere, namely, on the glory of God.
The glory of God is the manifestation of God, his radiant splendor, the outward shining of his inward being. And already his glory has been partly revealed in the universe, in human beings and supremely in Jesus Christ. As for the universe, the heavens declare, and the whole earth is full of, his glory. The invisible God is seen in his visible creation—despite its present "groaning” in its beauty and harmony, in the delicate balance of nature and in the intricate complexities of its design.
Yet more of God's glory is seen in human beings, whom he makes in his likeness and who are said to be still his "image and glory," in spite of the fact that "all have sinned and fall short of the glory of God" (3:23). But in Jesus Christ there was a yet brighter manifestation of God's glory. "We beheld His glory," John wrote (Jn. 1:14). In Jesus the glory of God broke through the veil of human flesh in the perfection of his righteousness and love, in his miracles or "signs" (e.g., Jn. 2:11), at his transfiguration, and above all on the cross which he called his "glorification," and in his resurrection. In these ways already God's glory has been seen.
One day, however, the glory of God will be fully revealed, and "we exult in hope" of this prospect. To comprehend this, we may take the three vehicles of God's glory already mentioned, but in the opposite order. First; Jesus Christ will appear in glory. For we are "looking for the blessed hope and the appearing of the glory or our great God and Savior, Christ Jesus" (Tit. 2:13). We shall see him as he is. At that time we shall also somehow share in his glory. The RSV translation of the second part of verse 2 is "we rejoice in our hope of sharing the glory of God." So his glory will be revealed in us too.
Our destiny, wrote Paul elsewhere, is to be "glorified with Him [Christ]." Everything which now inhibits us from being the human beings God intended will be removed; we shall be conformed to the image of God's Son. Then too the groaning universe which "waits eagerly for the revealing of the sons of God" will itself be set free from its slavery to corruption, futility and pain "into the freedom of the glory of the children of God" (8:17-19, 21). In place of pain there will be joy, in place of bondage freedom, in place of death life, in place of decay glory.
All this is comprehended within our Christian hope. "We exult in hope of the glory of God," of his glory as it will be displayed in Christ, in ourselves and in the universe. Everything will be suffused with his glory. The prospect fills us with what C. K. Barrett calls "a triumphant, rejoicing confidence."
Meanwhile, we have to serve. The Christian hope of what God is going to do one day is no excuse for our doing nothing meanwhile. On the contrary, the Christian hope is a spur to both evangelism and responsible social activity. Of course we must spread the gospel while there is still time. But we must care for suffering humanity too, and work for a more just and more compassionate society.
Does the fact that only in heaven "they will hunger no more" hinder us from feeding the hungry today, or the fact that only in heaven disease and death will be destroyed inhibit us from fighting them today? Of course not. Then by the same logic the vision of heaven's perfect society of freedom, justice and love should inspire us to seek at least a nearer approximation to it on earth, and not give us an excuse to fold our arms and do nothing. The vision of the future should be a stimulus to the service of the present. For the vision of what God is going to do is a revelation of what God wants. It shows us therefore what we (for his pleasure) should be seeking today, however partially, in terms of the elimination of disease, hunger, poverty and injustice.
At this moment let us pause a moment and look back at the great Christian words which Paul has so far used: justification, faith, peace, grace, hope, joy and glory. Together they indicate four stages of our Christian life, one past, two present and one future.
First, we have been justified by faith. Second, we have peace with God. Third, we are standing in grace. Fourth, we exult in hope of God's final glory.
Peace and joy, grace and glory. It all sounds idyllic. It would be, if it were not for the next affirmation which Paul now makes.
We Exult in Our Tribulations
These "tribulations" are not what we sometimes call the "trials and tribulations" of everyday existence in the world—frustrations and fears, disappointments, unemployment, aches and pains, sickness and bereavement. No, "tribulation" (thlipsis) is an almost technical word for the "pressure" which the world exerts on the church, in opposition to it and in persecution of it. This kind of "tribulation," according to Jesus and his apostles, is inevitable for all believers. "In the world you have tribulation," said Jesus (Jn. 16:33). "Through many tribulations we must enter the kingdom of God," Paul warned the new converts of his first missionary journey (Acts 14:22).
"Whoever is unwilling to suffer tribulation," was Luther's comment, "should never think that he is a Christian, but rather... an enemy of Christ."
We are not only to expect tribulations, however. Nor are we only to endure them with the grim fortitude of the Stoic. No, we are actually to exult in them. This is not masochism, a sick enjoyment of self-inflicted pain. There is a Christian rationale behind Paul's extraordinary exhortation to rejoice in suffering. The first reason, implied rather than expressed, is that suffering—again according to Jesus and the apostles—is the one and only path to glory. It was so for Christ; it is so for Christians. As Paul is soon to put it in 8:17, "if indeed we suffer with Him in order that we may also be glorified with Him." Here he simply puts side by side his two assertions: "we exult in hope of the glory of God" and "we also exult in our tribulations."
The second reason is articulated clearly. It is because we know that "tribulation brings about perseverance; and perseverance, proven character; and proven character, hope" (vv. 3-4). Of course, as commentators point out, this is not by any means always so. Sometimes, tribulation produces failure, bitterness and rebellion. What Paul means is that, if we remember the inevitability of tribulations and prepare for them, and if when they come we see them as part of our heavenly Father's loving discipline, then they can wonderfully refine and sanctify our character.
Tribulation begins by challenging us to persevere. Next, perseverance will lead to "a mature character" (JBP) or "proven character." The Greek term belongs to a family of words which were used in connection with the "proving" of coins and the "refining" of metals. Peter uses cognate words when he calls the testing of our faith more precious than the testing of gold in the fire (1 Pet. 1:7).
Then there is a third reason for rejoicing in tribulations. It is not just that the end of the line of chain reactions from tribulation to perseverance and perseverance to proven character is a strengthened hope, but that this hope will never let us down by turning out to be an illusion. Why not? What is the ultimate ground of our hope of sharing God's glory? It is the steadfastness of God's love. For certainly, though Luther followed Augustine in understanding "the love of God" in verse 5 as meaning our love for him, Calvin was right to follow Chrysostom in explaining it as God's love for us. The whole context demands this.
How, though, can we be sure of God's love? To be sure of our parents' love is almost indispensable to our healthy emotional development as children. To be sure of the love of spouse or friend is marvelously conducive to human maturity. But even richer blessings are given to those who are sure of the love of God, sure that they are no longer under his wrath, but standing in his grace. Such an assurance brings unspeakable joy, freedom and confidence. So how can we be sure that he loves us? He gives us, because he loves us so much, two strong evidences that he loves us!
The first is explained in verse 5: "Hope does not disappoint; because the love of God has been poured out within our hearts through the Holy Spirit who was given to us." Before this in his letter, Paul has not mentioned the Holy Spirit in the life of the Christian. In this first reference he clearly implies, as he states without equivocation in 8:9, that the Holy Spirit is given to every believer at the time of his justification. It is not possible to be justified by faith without also being regenerate by the Spirit. He "was given to us." And this Spirit, given to us to live "within our hearts," has poured out God's love there. He has flooded us with an inward assurance of God's love.
It is surely the same teaching as in 8:16, where it is written that "the Spirit Himself bears witness with our spirit that we are children of God." Whenever we have within us a deep awareness of God's love, whenever we sense our personal filial relationship to God, whenever our human spirit cries out to God saying, "Abba, Father," it is the Holy Spirit within us witnessing that we are God's children and assuring us of God's love.
But God has another and objective way of assuring us of his love, namely, through the death of his Son Jesus Christ. "For while we were still helpless, at the right time Christ died for the ungodly. For one will hardly die for a righteous man; though perhaps for the good man someone would dare even to die. But God demonstrates His own love toward us, in that while we were yet sinners, Christ died for us" (vv. 6-8).
We saw in 3:25-26 that God demonstrated his justice in the cross; but now we have to view the cross also as a demonstration of his love. And "demonstration" may well be too weak a word. The Jerusalem Bible reads, "What proves that God loves us is that Christ died for us while we were still sinners." NEB is similar, although it rather effectively reverses the order of the clauses: "Christ died for us while we were yet sinners, and that is God's own proof of his love towards us." We still need to ask just how the cross is a proof of God's love for us.
The essence of loving is giving. "God so loved the world that he gave...." "The Son of God loved me and gave himself for me." Agape-love or the love of God is not like the love of fallen human beings. Our love is always tainted with self-seeking; his is the selfless desire to enrich, never the selfish desire to possess. Further, our love is always aroused by something lovable, admirable or desirable in the person we love, whereas God's love is uncaused and spontaneous. He loves us not because we are lovable but because he is love. So then, the degree of love can always be measured by the costliness of the gift to the giver and by the worthiness or unworthiness of the beneficiary.
The more the gift costs the giver, and the less the beneficiary deserves it, the greater the love is seen to be. Measured by these standards, God's love in Christ is absolutely unique, for in sending his Son to die for us, he was giving everything to those who deserved nothing from him.
The costliness of the gift is clear. Verses 6 and 8 both say that "Christ died," but verse 10 clarifies who Christ is: "we were reconciled to God through the death of His Son." The apostle John emphasizes this even more strongly: "By this the love of God was manifested in us, that God has sent His only begotten Son into the world.... In this is love, not that we loved God, but that He loved us and sent His Son" (1 Jn. 4:9-10). Previously he had sent many prophets, and the angels had constantly done his bidding. But now he sent his one and only Son.
Moreover, in giving his Son he gave himself. Have you ever asked yourself how the cross could be a demonstration of God's love if Jesus were only a man, as some theologians are urging today, even the greatest man who ever lived? If God had given a man to die for us, one of his own creatures, this would have supplied no solid evidence of his love, but rather of his lack of love, since he would not have been personally involved in the giving.
The cross can prove God's love only if God and Jesus were so completely one in being that in giving Jesus God was giving himself. Further, God's gift of his only Son was not a random gesture of generosity, but a thoughtful and purposive act. For he gave his Son to die. The significance of this is not just that he died a physical death, nor even that he died a cruel and painful death, but that the death he died was the penalty of our sins and involved him in that awful experience of abandonment which made him cry, "My God, My God, why hast Thou forsaken Me?" (Mk. 15:34). Thus in giving his Son to die for us, God gave himself to taste the horrors of hell because of our sins.
And for whom did he make such a costly sacrifice? For us! For us who are called in verse 8 "sinners" (that is, failures who have had a shot at the target but missed it), in verse. 6 "the ungodly" (who have not loved God with all our being, nor kept him in all our thoughts), in verse 10 "enemies" (because our failure and our ungodliness are symptoms not just of an unfortunate weakness but of our deep-seated hostility to God, our resentment of his authority, cf. 8:7), and again in verse 6 "helpless" (for we cannot reinstate ourselves in God's favor or rescue ourselves from our moral bondage).
"Sinners, ungodly, enemies, helpless": that is Paul's fourfold portrayal of us. Yet it is for people like us that God's Son died. Why "one will hardly die for a righteous man" meaning perhaps somebody whose uprightness is cold and clinical, "though perhaps for the good man [whose goodness is warm and attractive, or who is our benefactor to whom we are personally indebted] someone would dare even to die" (v. 7). "But God [the stark contrast is emphasized] demonstrates His own love towards us [a love distinct from every other love, a love that is uniquely ‘His own'], in that while we were yet sinners [ungodly, hostile and helpless] Christ died for us" (v. 8).
Human beings are often generous in the expressions of their love. A young man will give expensive presents to his fiancé; indeed he sees her as worthy of far more than he can afford to give her. He worships the very ground she treads on. But God does not worship us that he should give to us. It is we who should be worshiping him, who instead have withheld our worship and refused him the homage he deserves. Yet it is for his enemies that he gave his Son to die. I say again: he gave everything for those who deserve nothing at his hand. Nothing, that is, except judgment. And instead of exacting it, he himself endured it. That is love.
How, then, can we doubt God's love? God has both proved his love towards us in the death of his Son, and poured his love within us, into our hearts, by the indwelling of his Spirit. Objectively in history and subjectively in experience God has given us grounds for believing in his love. How grateful we should be that on the one hand he has not left us to our fluctuating feelings but has given us solid evidence of his love in the cross, and on the other has not just given us an external proof, but has added an internal witness. This combination of the historical ministry of the Son of God and the contemporary ministry of the Spirit of God is one of the most wholesome and satisfying features of the gospel.
This tremendous teaching about God's love for us and about our assurance of it is all given in the context of tribulation. "Who shall separate us from the love of Christ? Shall tribulation ... T' (8:35). Tribulation can be very painful, as we feel like our Savior -- "despised and rejected by men." We may be tempted to doubt God's love. There are other problems too which raise questions in our minds-the vastness of an apparently expanding universe and the minuscule insignificance of human beings within it, the chaos of the world scene, natural disasters, personal calamities and the sufferings of the innocent.
How can we believe that on the throne of time and space, history and universe, there reigns a God of perfect love? Well, we have our answer now. The Son and the Spirit both tell us of the Father's love. The Spirit pours his love into our hearts. And the Son's death on the cross was (and remains) the decisive proof that God loves unworthy sinners like us. We learn, therefore, to view all the tragedies of human experience, in the midst of all our tears, from a vantage ground called Calvary. From that perspective we can confront all evil with defiance, and declare "God is love."
We Shall Be Saved
Look at verses 9 and 10: "Much more then, having now been justified by His blood, we shall be saved from the wrath of God through Him. For if while we were enemies, we were reconciled to God through the death of His Son, much more, having been reconciled, we shall be saved by His life."
Both verses concern our future salvation, for both include the identical words, "we shall be saved." Do these words surprise you? We evangelicals are so accustomed to saying (I hope only with great humility, and with confidence only in Christ), "We have been saved," that it may come as a considerable shock to us to hear Paul saying, "We shall be saved."
"Hey, Paul," we are tempted to expostulate, "where is your assurance now? How can you say that 'we will be saved' when you yourself have told us that we have been saved? You have said it in this very passage. In verse 1: 'We have been justified' and 'we have peace with God.' In verse 2: 'We have obtained our introduction ... into this grace.' In verse 11: ‘We have received our reconciliation.' Those are marvellous affirmations, Paul. We agree with them. But now you spoil it all by saying 'we shall be saved.' Haven't you got your theology all mixed up, man?"
I'm sure Paul won't mind our having this little altercation with him. I can see the smile on his face and the twinkle in his eye, as he recognizes that the mixed-up theology is ours rather than his! He is well able to answer us. Indeed, he is glad to remind us (because we so often forget it) that salvation is a big and comprehensive word. It embraces the totality of God's saving work, from beginning to end. In fact, he teaches that salvation has three tenses, past, present and future.
I am myself always grateful to the good man who led me to Christ over forty years ago that he taught me, raw and brash young convert that I was, to keep saying: "I have been saved (in the past) from the penalty of sin by a crucified Savior. I am being saved (in the present) from the power of sin by a living Savior. And I shall be saved (in the future) from the very presence of sin by a coming Savior."
So that's it: three tenses, three phases of salvation. If therefore you were to ask me, "Are you saved?" there is only one correct biblical answer which I could give you: "yes and no." Yes, in the sense that by the sheer grace and mercy of God through the death of Jesus Christ my Savior he has forgiven my sins, justified me and reconciled me to himself. But no, in the sense that I still have a fallen nature and live in a fallen world and have a corruptible body, and I am longing for my salvation to be brought to its triumphant completion.
What is the future salvation which Paul has in mind? He uses two expressions, one negative and the other positive. First the negative: "We shall be saved from the wrath of God through Him" (v. 9). Of course we have already been delivered from that wrath of God which rested upon us (1:18), for he himself has turned it away from us on account of the cross where in Christ he bore it, so that now we are standing in his grace (v. 2) and basking in his love (v. 5). Yet in the future, at the end of history, there is going to be a "day of wrath" (2:5), on which his just judgment will be revealed and his wrath poured out on those who have rejected him (2 Thess. 1:7-9; Rev. 6:16-17). From that "wrath to come" Jesus has already rescued us according to 1 Thessalonians 1:10. So we may say with confidence, "we shall be saved" from it.
Positively, he writes, "we shall be saved by His life" (v. 10). For the Jesus who died, rose again and lives, means his people to enjoy the power of his resurrection. For we can share his life now, as he liberates us from the dominion of sin and even (2 Cor. 4:10-11) strengthens our mortal bodies. Then on the last day we shall share the resurrection of Jesus. He will give us new and glorious bodies like the body of his resurrection glory (e.g., Phil. 3: 21). And the old universe itself will be refashioned, reborn (Mt. 19:28), almost one might say "resurrected," since it is going to be delivered from its present corruption and share "the freedom of the glory of the children of God" (8:21).
Paul is going to write about all this later in his letter, about our personal share in the life and resurrection of Jesus in 6:1-11 and about the transformation of the universe in 8:18-25. But he adumbrates these truths here in his simple statement that "we shall be saved by His life."
So the best is yet to be! In our half-saved condition we are eagerly awaiting our full salvation, when, rid of our fallen, selfish nature, we shall glorify God without distraction, shall be invested with new bodies having wonderful new powers, and we shall inhabit (and I trust explore) the new heaven and the new earth. All that is included in the assertion that "we shall be saved."
But how can we be so sure? It is mainly to answer this question that Paul pens these two verses. Both are a fortiori or "much more" arguments. The basic form of both verses is identical, namely, "if one thing has happened, much more then will something else take place." What has happened to us? Well, according to verse 9 we have been "justified by His blood" and, according to verse 10, "while we were enemies, we were reconciled to God through the death of His Son." That is to say, although we were God's enemies, entrenched in our hostility to him, he gave his Son to die for us, and on account of his sacrificial death we have been both "justified" and "reconciled to God." The Judge has declared us righteous, and the Father has welcomed us home.
Now then, if God has accomplished this extremely hard task, if he has given his Son to die for us rebels, and has justified and reconciled us, can we not trust him to do the comparatively simple thing of bringing us safe to heaven? If he has done all that for his enemies, how much more will he look after his friends! That's the ground on which we dare to affirm, "We shall be saved." Our confidence will never "disappoint" or "disillusion" us (v. 5) because we know beyond doubt that God loves us, and his love is the love that refuses to let us go.
We Exult in God
Verse 11 summarizes and concludes the section. It is a final and all-embracing affirmation: "We also exult in God through our Lord Jesus Christ, through whom we have now received the reconciliation."
It is most remarkable that Paul has already used precisely the same expression in 2:17, where he wrote of unbelieving Jews, "You boast in God." It is the same verb, the same noun, the same preposition. Nearly all translators, however, by a true instinct, have rendered the verb differently in English, e.g., by "rejoice" or "exult" rather than "boast." For Christian exultation is something entirely different from the vapid boastings of self-righteous religious people. The latter boast of God as if he were their private property, as if they had him on a leash and could lead him around and exhibit him like a pet dog, and as if their possession of God betokened exceptional merit in them and guaranteed complete immunity to his displeasure. To them God is a thing, a possession, a toy.
But to exult in God is the exact opposite of all that. It begins with the humble acknowledgment of our inexcusable guilt before him. It goes on to wondering astonishment that in spite of this he should have loved us and given his Son to die for us. It continues with gratitude that, when we despaired of ourselves and trusted in Christ, he justified, reconciled and redeemed us. It concludes with the confidence that one day he will save us fully and finally. We exult in this God, not in our righteousness on account of which we once blindly imagined that he accepted us, but in his righteousness, his righteous bestowal of righteousness upon the unrighteous; not in our possession of him, but in his possession of us; not in our merit or works, but in his.
We have seen (3:27) that all boasting is excluded. But that means all boasting except the one and only authentic boasting in God. We exult in the hope of sharing God's glory (v. 2). We exult meanwhile in our tribulations (v. 3) which are the path to and the preparation for glory. But above all, we exult in God himself, not in his gifts but in the Giver.
And we exult in him "through our Lord Jesus Christ," that is to say, as he has revealed himself and taken action through his Son Jesus Christ. For we acknowledge it is "through our Lord Jesus Christ" that we have been justified and given peace with God (v.1), and that it is "through our Lord Jesus Christ" that we have received our reconciliation (v.11). What God has shown us he has shown us through Christ. What God has done for us he has done for us through Christ. And what God has given us he has given us through Christ. So when we look back to the past, it is to God's action in giving his Son to die for our sins and in raising him from the dead.
When we look up in the present, it is to God's throne where he reigns and Christ reigns with him, "our Lord Jesus Christ," the Lord of the new age and of the new community. And when we look on into the future, it is to the glory of God when he will consummate all things through Christ.
Exulting in God is not a horrid, self-centered triumphalism; it is a humble but joyful, God-centered confidence in the triumph of God through Jesus Christ. This is the essentially distinctive feature of the people of God, who enjoy the new solidarity of life in Christ which has for them replaced the old solidarity of death in Adam. In this very paragraph the people of God are seen to have many characteristics-faith, peace, grace, hope, love and tribulation. But none is more characteristic than joy, a joyful exultation in God.
If, then, by God's utter grace, we belong to the new age, the new community, the new solidarity in Christ, we should be the most positive people in the world. We cannot mooch round the place with a drooping, hang-dog expression. We cannot drag our way through life, moaning and groaning. We cannot always be looking on the dark side of everything, as negative prophets of doom. No, "we exult in God." Then every part of our life becomes suffused with glory. Christian worship becomes a joyful, celebration of God and Christian living a joyful service of God. So come, let us exult in God together!
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CSD 15 High Level Segment
About this event: 15th Commission on Sustainable Development Related to country: Haiti
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Economic and Social Council
ENV/DEV/935
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Department of Public Information • News and Media Division • New York
NOTE: FOLLOWING ARE SUMMARIES OF STATEMENTS MADE AT TODAY’S HIGH-LEVEL MEETING OF THE COMMISSION ON SUSTAINABLE DEVELOPMENT. A COMPLETE SUMMARY WILL BE MADE AVAILABLE AFTER THE CONCLUSION OF THE AFTERNOON MEETING AS PRESS RELEASE ENV/DEV/935.
Background
The Commission on Sustainable Development met today to begin the high-level portion of its fifteenth session, focusing on the themes of energy, industrial development, air pollution/atmosphere and climate change. Today’s discussions will be on “turning commitments into action: working together in partnership”.
For background on the Commission’s fifteenth session, see Press Releases ENV/DEV/925 and ENV/DEV/927 of 26 and 30 April, respectively.
Opening Statements
ABDULLAH BIN HAMAD AL-ATTIYAH, Minister for Energy of Qatar and Chairman of the fifteenth session of the Commission on Sustainable Development, opened the meeting by saying that it was the culmination of two years of review and assessment of progress in achieving the sustainable development goals of Agenda 21 and the Johannesburg Plan of Implementation. Preparatory work in February and March had enabled the Commission to focus on concrete actions and solutions during the current session.
At present, he noted, 1.6 billion people lacked access to electricity, and 2.4 billion were without energy for modern cooking and heating. Practical solutions for such energy challenges would improve human well-being and help achieve the millennium targets. A wide range of energy resources were needed to meet current and future energy demands. Promoting energy efficiency, cleaner energy technologies and technology transfer was essential to achieve the three pillars of sustainable development: economic growth, social development and environmental protection.
Energy use was necessary for socio-economic development and could be used in ways that minimized adverse effects on air pollution and climate change, he said. Industrial development could be the driving force behind a broad and sustained improvement in living standards. Government investment and policy could be vital in addressing obstacles to industrial development. It could improve educational opportunities for the workforce, enhance infrastructure, provide private risk-taking incentives and address the problem of coordinating investments. Further, progress on the trade agenda could help developing countries gain greater market access for their industrial goods. It was important to build capacities to respond to existing opportunities and resist pressure to revert to protectionist policies.
Action on energy and industrial development could yield direct benefits for air pollution and climate change, he continued. Recent scientific reports and media attention of such issues could raise public awareness of the potential pitfalls of ignoring the need for concrete policy action and measures. The international community had made headway in curbing air pollution and emission of pollutants. Such successes could lead the way for appropriate actions and policies in the future. Local air pollution remained a challenge for urban areas in many developing countries. The Commission had discussed how many developing countries were feeling the impact of climate change and how they could use preventive action to promote sustainable development. The international community could contribute to those efforts by supporting vulnerable countries, including the small island developing States, in capacity-building.
BAN KI-MOON, United Nations Secretary-General, said that today was also the twentieth anniversary of Our Common Future, the “paradigm-shifting” report that introduced the concept of sustainable development and continued to provide a foundation for the Commission’s work. The world’s commitment to sustainable development, as expressed particularly in Agenda 21 and the Johannesburg Plan of Implementation, was of great importance. The issues the Commission focused on during the current session -- energy, industrial development, air pollution and climate change -- were both timely and important.
He said energy was a complex issue with links to the other issues. Its impact on air pollution and climate change was often overlooked. About 1.6 billion people lacked access to electricity and 2.4 billion did not have modern energy services for cooking and heating. As the private sector had a crucial role to play, he noted with pleasure the business community’s participation through the “Business Action for Energy” initiative. More must be done to use and develop renewable energy sources. Likewise, greater energy efficiency was vital, as were cleaner energy technologies -- including advanced fossil fuel and renewable energy technologies.
Climate change, he noted, was another main concern, requiring sustained, concerted and high-level attention, as it had broad impacts, not just on the environment, but also on economic and social development. It should be a concern to all countries, rich or poor. At long last, the issue was rising on the international agenda. The recent report of the United Nations Intergovernmental Panel on Climate Change emphasized that the science on climate change was clear, that the warming of the climate system was unequivocal and that it was happening because of human activities. The report stated that average temperatures would rise around 3° C during the current century if greenhouse gas emissions continued to rise at the current pace.
He said the world urgently needed to step up action to mitigate greenhouse gas emissions. Industrialized countries needed to make deeper emission reductions. There needed to be further engagement of developing countries, as well as incentives for them to limit their emissions while safeguarding economic growth and poverty eradication. An enhanced carbon market with a longer-term horizon could help to ensure cost-effective implementation in meeting mitigation commitments and in mobilizing the resources needed to provide incentives to developing countries. Adaptation to impacts was a global necessity. Many countries -- especially the most vulnerable developing countries -- needed assistance in improving their capacity to adapt. For mitigation and adaptation alike, as well as for technological research and development, significant additional financial resources would be required.
“I have put climate change at the top of my own agenda,” he stated, recalling last week’s appointment of three Special Envoys to assist him in the effort and to explore prospects for advancing a multilateral solution in the context of the United Nations Framework Convention on Climate Change. “We need a global response to climate change that is in line with the latest scientific findings, and is compatible with the long-term investment planning needs of business.” There was also a need to step up action on all fronts in order to avert some of the most catastrophic forecasts of the Intergovernmental Panel.
He said that closely linked to climate change and energy was the issue of industrial development. Over the past decades, industrial development had been central to the growth and poverty reduction achieved in many Asian countries, and it remained a leading aspiration of other developing countries. To help people realize those hopes, an international policy environment must be | |