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Un consortium canadien pour atteindre les OMD
Paul Gérin Lajoie, Président-fondateur de la Fondation portant son nom, a plaidé mercredi en faveur d'une coopération plus active et plus fructueuse entre les Etats riches et pauvres en vue d'une vraie relance des économies des plus faibles. M. Lajoie intervenait dans le cadre d'une conférence organisée par le Programme de Coopération volontaire d'Appui à la Gouvernance en Haïti (PCV), un consortium qui réunit quatre organisations canadiennes et qui est appelé à oeuvrer à la réduction de la pauvreté en Haïti en regard des Objectifs du Millénaire pour le développement poursuivis par les Nations unies.
Il parlait en présence de François Paul Gérin Lajoie, directeur général de la Fondation, de Paul Van der Wel, président du SACO/CESO qui coopère dans le domaine de l'entrepreneuriat et de la gouvernance politique dans ce programme, et de Léonel Garnier, coordonnateur du PCV.
La coopération promue par cet éducateur de 87 ans doit plutôt être axée sur l'accès à l'éducation de base favorisant ainsi le développement de ces sociétés en difficulté. « L'éducation est le facteur le plus déterminant pour le développement des sociétés », fait-il remarquer tout en soulignant que les puissances économiques actuelles ont d'abord assuré, il y a 200 ou 300 ans, l'éducation primaire universelle et gratuite pour leurs enfants ; et plus tard l'enseignement secondaire.
Il soutient que c'est sur la base du relèvement continu de la compétence de leur population que ces nations ont pu bâtir leur structure industrielle. Paul Gérin Lajoie croit qu'il ne peut y avoir de santé pour tous sans une éducation pour tous.
Trois voies pour sortir Haïti de son marasme
Après avoir publié un manifeste en avril 2007 exprimant sa colère vis-à-vis des programmes de coopération de la communauté internationale et des programmes de développement préparés par les gouvernements des pays en développement eux-mêmes, M. Lajoie propose trois voies pour engager un véritable processus de développement d'Haïti.
Selon lui, l'implication des ministères économiques et sociaux, en plus de l'Education, dans la mise en priorité de la formation de base demeure la première voie à prendre par les autorités dans le cadre de leurs démarches en vue de jeter les bases pour une vraie relance éducative. Continuer >
« L'éducation de base, dit-il, ne deviendra un objectif national que dans la mesure où cette priorité sera partagée fonctionnellement par tous les ministères et que ces derniers pourront en profiter concrètement dans la gestion de leurs politiques respectives, que ce soit pour l'amélioration de l'agriculture, pour la promotion de la santé ou pour la protection de l'environnement. »
La deuxième voie, affirme Paul Gérin Lajoie, est celle de la participation de la société civile. Il plaide pour l'implication des parents et des communautés locales pour inscrire le travail éducatif dans la vie et les aspirations de la famille ainsi que du village ou du quartier sans oublier les réseaux associatifs et les ONG. Pour lui, ces derniers peuvent énormément contribuer à donner un autre essor au renforcement du système éducatif.
« La coopération interministérielle et la participation de la société civile ne pourront suffire dans le contexte actuel sans une troisième condition : une hausse significative de la coopération internationale en appui aux actions nationales de formation de base », avance Paul Gérin Lajoie.
« La productivité de la production agricole repose sur l'introduction de nouvelles technologies et donc de nouvelles pratiques, mais surtout une compétence accrue des milieux paysans », ajoute le président-fondateur de la Fondation Paul Gérin Lajoie, qui dit défendre une citoyenneté créatrice.
CECI Haïti, WUSC/EUMC et SACO/CESO sont les trois autres ONG participant à ce programme appelé à venir en aide à l'éducation, à la gouvernance des institutions-clés et aux actions entrepreneuriales dans le pays.
Avec un budget de 7.6 millions de dollars canadiens, ces organisations coopèrent depuis deux ans avec le ministère de la Planification et de la Coopération externe et celui du Commerce et de l'Industrie. Le Centre de Facilitation des Investissements (CFI) trouve sa part de contribution de ce consortium qui étend également ses interventions dans le secteur privé.
Selon Paul Van der Wel, peu de conseillers ont manifesté d'intérêt à l'égard de ce programme en raison des tensions sociopolitiques qui se dégageaient dans le pays. « Aujourd'hui, il y a eu beaucoup de progrès du côté sécurité et les projets connaissent un grand succès », reconnait-il.
La Fondation Paul Gérin Lajoie qui collabore avec Haïti depuis 1997 donne sa contribution dans le domaine de l'éducation à travers sa coopération avec le ministère de l'Education nationale et de la Formation professionnelle et ses actions menées directement sur le terrain.
Lima Soirélus
lsoirelus@lenouvelliste.com